Avec ses gros tuyaux, Orca (de l’islandais orka pour « énergie ») aspire le carbone présent dans l’air, le mélange à de l’eau pour en faire de la pierre, et l’enfouit sous terre. Le 8 septembre, cette usine originale a été inaugurée en grandes pompes par les deux sociétés qui l’ont mise sur pied (la suissesse Climeworks et l’islandaise Carbfix), en compagnie de l’ancien premier ministre du pays Ólafur Ragnar Grímsson.

Quand elle atteindra sa vitesse de croisière, Orca devrait permettre de retirer quelque 4 000 tonnes de CO2 par an de l’atmosphère. Soit l’équivalent des émissions de quelques maigres centaines de voitures pour un coût de construction qui atteint… 10 à 15 millions d’euros, selon Bloomberg.
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Hélas pour les « technoptimistes », pour que de tels aspirateurs à CO2 aient un réel impact sur le climat, il faudrait changer son efficacité et son coût de plusieurs ordres de grandeur : aux entreprises et particuliers qui voudraient compenser leurs activités, Orca vend la tonne de CO2 capturée à 1 200€, quand celle-ci se monnaie actuellement autour de 60€ en Europe. En outre, cette technique balbutiante devrait se déployer massivement, et le tout dans un temps record que ne nous laisse plus le climat. Comme Vert l’avait raconté, les solutions de capture et de séquestration sont avant tout portées et financées par les plus grandes entreprises (compagnies aériennes, producteurs de pétrole, sites de e-commerce ou cimentiers), qui les utilisent comme arguments pour ne rien changer à leurs activités.









