La croissance des renouvelables ne suffira pas à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans «un monde assoiffé d’énergie»

Pales figures.
Parce que les énergies renouvelables coûtent moins cher que les fossiles, leur croissance exponentielle est désormais inarrêtable. Mais cela reste insuffisant pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre, alors que la demande énergétique est hors de contrôle, prévient l’Agence internationale de l’énergie.

Publiée en plein 30ème sommet mondial (COP30) sur le climat, la mise à jour annuelle du World Energy Outlook par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) montre l’ampleur du chemin qu’il reste à parcourir pour transformer notre consommation d’énergie. Celle-ci est responsable de près de 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Les renouvelables permettront seulement de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’énergie. © Francois Roux/Adobe Stock

Les installations d’infrastructures d’énergies renouvelables se multiplient grâce à la chute vertigineuse de leurs coûts. Cela, en dépit de nombreux vents contraires liés à la baisse d’ambition climatique dans de nombreux pays. Même en cas de statu quo – si l’on s’en tient aux politiques actuellement en place –, la croissance des renouvelables restera «plus rapide que [celle de] toute autre source d’énergie», entrevoit l’AIE.

La demande de pétrole et de gaz naturel en hausse jusqu’en 2050

«Mais le monde reste assoiffé d’énergie», pointe l’Agence. Alors que l’installation d’énergies renouvelables a encore explosé en 2024 (notre article), «le pétrole, le gaz naturel et la consommation de charbon ont eux aussi battu des records», conduisant à une nouvelle hausse des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Cet article est en accès libre.

Je fais un don

Dans un scénario de statu quo, l’AIE prévoit que la demande de pétrole et de gaz naturel continuera de croître jusqu’en 2050, tandis que celle de charbon diminuera avant la fin de la décennie. Autrement dit, les énergies renouvelables permettront seulement de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre du secteur, alors qu’elles devraient baisser de moitié pour permettre de conserver un climat vivable, toujours selon le Giec.

Des datacenters très gourmands

La mise en œuvre des feuilles de route climatiques transmises par les États aux Nations unies en amont de la COP30 permettrait de stabiliser la consommation de pétrole autour de 2030, tandis que la demande de gaz continuerait de croître, principalement en raison des politiques anti-climat américaines.

L’Agence internationale de l’énergie alerte sur la «croissance explosive» à venir de certaines consommations d’énergie, essentiellement aux États-Unis, en Chine et dans l’Union européenne. Principaux responsables : les datacenters et l’intelligence artificielle. L’AIE explique aussi que la production d’énergies renouvelables s’expose déjà à des tensions sur l’approvisionnement en matières premières critiques telles que le cuivre ou les terres rares (des métaux utilisés dans un grand nombre de procédés de fabrication de haute technologie).

Enfin l’Agence pointe le «long chemin» qu’il reste à parcourir pour contenir la consommation d’énergie, qui a grimpé en moyenne de 1,3% par an depuis 2010. Un euphémisme pour désigner cet immense impensé dans l’ensemble des politiques de transition énergétique.

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

Les alertes des scientifiques sont à nouveau ignorées, en matière de pollution comme de climat, et notre gouvernement protège davantage les intérêts des industriels que notre santé et l’avenir de nos enfants.

Alors que le débat démocratique est pollué comme jamais, nos journalistes ont un rôle inédit à jouer. 

Pour répondre à cette urgence écologique et de santé publique, Vert monte une toute nouvelle équipe d’enquête et solutions spécialisée dans la santé et les pollutions, et va se renforcer sur le climat.

Objectif : + 5 000 membres du Club d’ici le 30 juin pour créer ensemble un journalisme qui nous protège.

C'est parti