L'étude

Carrefour, E.Leclerc, Intermarché… Sur l’écologie, les principaux distributeurs français «à la traîne» par rapport à leurs voisins européens

Tu nous fais supermarché. Le centre de réflexion néerlandais QuestionMark a analysé les feuilles de route climatiques de 27 distributeurs européens, ainsi que leurs efforts pour promouvoir une alimentation plus végétale. Les Français Carrefour, E.Leclerc et Intermarché font figure de mauvais élèves.
  • Par

Les principaux supermarchés français «sont à la traîne» sur la lutte contre le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale, comparés à leurs homologues européens, Néerlandais en tête. C’est ce que révèle un rapport publié ce mardi par le centre de réflexion néerlandais Questionmark, élaboré avec le Réseau action climat (RAC) pour le volet français.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes : les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l’Accord de Paris sur le climat de 2015 et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d’aliments d’origine végétale plutôt qu’animale.

Résultat : aucune des trois enseignes françaises étudiées n’intègre le Top 10 : Carrefour se classe 12ème, Intermarché 20ème et E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marché, arrive dernier (27ème).

Carrefour arrive en 12ème position des supermarchés étudiés. © Adobe Stock

À l’inverse, les Pays-Bas s’illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1re), puis les distributeurs Albert Heijn (3ème) et Jumbo (4ème), selon l’étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas. Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2ème), Allemagne (5ème) et Espagne (6ème), suivies des supermarchés allemands Rewe (7ème) et Aldi Süd (8ème). Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9ème et 10ème, devant le Britannique Tesco (11ème) et le Suédois ICA (14ème).

«Les progrès de E.Leclerc sont inconnus»

Du côté de la France, Carrefour est la seule «à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme», tandis que «les plans climat de E.Leclerc et d’Intermarché ne sont pas encore concrets», estiment les auteur·ices de l’étude. «Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu’ils les publient», et «les progrès de E.Leclerc sont inconnus», seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la «transition protéinique», Carrefour, plus qu’avant et que ses concurrents, «met le paquet» pour vendre «plus de légumineuses» ou de «produits céréaliers complets». Mais le groupe français «continue d’avoir des pratiques – promotions, publicités, etc. – qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande», a déclaré Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Une étude menée par le RAC en mai dernier faisait déjà ce constat. L’ONG, qui avait analysé les rayons des principales grandes surfaces françaises (dont Monoprix, Auchan, etc.), avait montré que les produits carnés et les produits carnés ultratransformés étaient encore surreprésentés dans les rayons (notre article). En moyenne, selon cette analyse, seuls 8% des plats cuisinés dans les magasins visités ne contenaient ni viande ni poisson – au même niveau qu’en 2023.

Dans ce contexte, le RAC «exhorte» de nouveau le gouvernement français «à renforcer l’encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat», la fameuse Snanc. Attendue depuis plus de deux ans, celle-ci pourrait notamment interdire la publicité et le marketing pour les produits mauvais pour la santé (trop gras ou trop sucrés) et fixer des objectifs chiffrés de réduction de la consommation de viande.

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

✊ Ne restez pas dans votre coin à désespérer : rejoignez les milliers de membres du Club de Vert pour construire la relève médiatique ENSEMBLE.

Vous avez le pouvoir de rallumer la lumière.