Chères toutes et chers tous,
À Dunkerque, les fumées d’ArcelorMittal empoisonnent le quotidien des riverains.

«Il a plu de grosses paillettes, une pluie noire» : à Dunkerque, ces habitants s’inquiètent des rejets suspects de l’usine ArcelorMittal
À cran de fumée. Des fumées noires ou orangées, des paillettes recouvrant façades et jardins. Cet été, en plus des poussières quotidiennes, les habitant·es du Dunkerquois ont subi d’anormales retombées venant de l’usine ArcelorMittal. Un «retour en arrière de trente ans», selon les élu·es d’une commission locale sur l’air, organisée début septembre. Vert est allé à la rencontre de riverain·es.
«C’est une usine polluante qui intoxique la population. L’industriel affirme qu’il met des filtres, mais c’est faux. Et tout le monde ferme les yeux, parce que c’est de l’emploi.» Voilà le pitch des Enfants de plomb, une mini-série qui cartonne sur Netflix. L’histoire vraie d’une pédiatre qui a révélé, en Pologne, les effets délétères d’une fonderie sur la santé de ses riverain·es.
Daniel (le prénom a été modifié), un habitant de Grande-Synthe (Nord), y a reconnu son quotidien. À deux kilomètres de ses fenêtres s’étirent les cheminées d’ArcelorMittal Dunkerque, l’une des usines les plus polluantes de France, qui brûle du charbon pour produire de l’acier. Il observe les panaches de fumée, la survenue de cancers dans son entourage, et pense qu’un lien existe entre les deux. «Personne n’en parle, les élus sont silencieux», enrage-t-il. Et cet été, il a «failli déménager».

Nuages de poussière oranges, fumées noires, confettis de carbone dans l’air… Des retombées «épouvantables» ont touché les résident·es proches du site sidérurgique et d’autres usines, entre avril et septembre. L’industriel a reconnu des «aléas techniques», promis une «meilleure communication» à l’avenir et «engagé des actions» pour améliorer son fonctionnement. Mais l’inquiétude a conduit à un événement rare dans le Dunkerquois : une critique de la pollution industrielle locale par un élu.
👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet article d’Arnaud Stoerkler et découvrir les témoignages des riverain·es.

· Lundi, l’association Les Amis de la Terre a annoncé avoir saisi le Défenseur des droits pour enquêter sur les «agressions graves» subies par les parties civiles lors du procès du président du syndicat agricole Coordination rurale, Bertrand Venteau, jugé début septembre à Auch (Gers) pour avoir déclaré vouloir «faire la peau aux écolos» (notre reportage). Des plaintes ont également été déposées par plusieurs ONG dont les membres avaient reçu des jets d’œufs à l’entrée du tribunal.

· La pétition pour interdire «les armes mutilantes et des techniques d’immobilisation létales dans les manifestations lycéennes» a dépassé les 120 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale. Étranglements, tirs de LBD, grenades lacrymogènes à bout portant… Le texte dénonce des pratiques de maintien de l’ordre jugées disproportionnées. Au-delà de 100 000 signatures, la pétition est mise en avant sur le site de l’Assemblée nationale et attribuée à une commission parlementaire, qui peut décider de l’examiner ou de la classer.
· Depuis plusieurs jours, des opposant·es à la future ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse bloquent les travaux de déboisement préalables au chantier. Alors que des recours juridiques sont engagés, le collectif LGV Non Merci dénonce : «La justice ne s’est pas encore prononcée sur la légalité des coupes mais le carnage s’accélère depuis le 1er octobre.» Trois député·es, Loïc Prud’homme (LFI), Mathilde Feld (LFI) et Nicolas Thierry (Les Écologistes), déplorent aussi un «passage en force».


«Montrer que l’argent est inégalement réparti» : Centrale Supélec bloquée pour la première fois en soutien au mouvement lycéen
Grondes écoles. Ce mardi, les étudiant·es de nombreuses écoles d’ingénieur·es de Paris-Saclay (Essonne) ont bloqué leurs établissements en soutien aux mobilisations lycéennes. Parmi eux : Centrale Supélec, bloqué pour la première fois, l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae), l’École nationale supérieure des techniques avancées (Ensta), Telecom Paris ou encore SupOptique. Les étudiant·es d’AgrosParisTech ou de l’École normale supérieure (ENS) étaient déjà mobilisé·es la semaine dernière. «Nous voulons utiliser notre position d’étudiants privilégiés pour faire valoir les revendications lycéennes, montrer que l’argent est inégalement réparti entre établissements et dénoncer leur répression», explique Édouard, en première année à Centrale. «Ce n’est pas parce qu’on nous appelle “les élites” que nous voulons être associés à la politique actuelle du gouvernement», abonde Nina, doctorante en économie.
👉 Retrouvez le reportage complet de Mathilde Picard cet après-midi sur vert.eco.


2,8%
Carbone nouvelle. Selon les estimations provisoires du Citepa, en charge d’établir le bilan officiel des émissions de gaz à effet de serre françaises, leur baisse pourrait atteindre 2,8% en 2026. Elle serait ainsi plus prononcée qu’en 2025, où elle s’était limitée à 2,1%. Pour rappel, la nouvelle Stratégie nationale bas carbone adoptée en juillet 2026 prévoit un rythme de baisse annuel de 5% par an entre 2024 et 2028. La tendance est notamment portée par les secteurs des transports (-4,8%) et du bâtiment (-5,9%). En cause, la baisse drastique des consommations de gazole et de gaz par les ménages en raison de l’envolée des prix de l’énergie causée par les attaques étasuniennes en Iran.

Théâtre : «Les gens qui sèment», quand l’amour et l’activisme ne font plus bon ménage
Bouillir sur scène. Après un passage remarqué au festival d’Avignon l’an dernier, la compagnie Hors du temps présente «Les gens qui sèment» au théâtre Lepic (Paris 18ème) jusqu’au 13 décembre. Une fable écologique haletante sur fond de mobilisation contre les «mégabassines» et d’une histoire d’amour devenue impossible entre une activiste et un préfet.
Du mercredi au samedi à 19 heures et le dimanche à 15 heures. Tarif : 38 euros, moins de 26 ans, 12 euros. Tarif réduit à 28 euros avec le code LESGENSQUISEMENT.


+ Rémy Calland, Esteban Grépinet, Anne-Claire Poirier, Antoine Poncet et Arnaud Stoerkler ont contribué à ce numéro.






