Édition du 8 octobre 2026

Lycées pour compte

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La jeunesse lycéenne se rebelle au prix d’interpellations à la pelle.


 

Mobilisation lycéenne : «On décrète les lycéens ennemis de la nation comme on avait désigné les écologistes écoterroristes»

Lycée grave docteur ?  Les mobilisations lycéennes se poursuivent ce jeudi, avec plus de 375 établissements fermés ou bloqués. Depuis ses débuts, le mouvement connaît une forte répression policière, avec plus de 6 000 interpellations. Pour mieux comprendre ce qu’il se passe, Vert a interviewé Sebastian Roché, sociologue spécialiste de la gestion des foules par la police.
 

La réponse policière à la mobilisation lycéenne est-elle inédite ?

Les usages d’armes à feu sublétales [qui immobilisent et visent à minimiser le risque mortel, NDLR] et les processus d’interpellations de masse que l’on constate dans la gestion de ce mouvement sont deux éléments qui caractérisent la gestion des foules en France depuis plus de dix ans. Il y a une très grande continuité pendant les deux mandats d’Emmanuel Macron en la matière.


On a vu le développement de l’utilisation de ces armes dès 2016, quand François Hollande était président et Bernard Cazeneuve ministre de l’intérieur. À l’époque, ce dernier avait rappelé aux forces de l’ordre les exigences de la déontologie des policiers dans le cadre de la manifestation Nuit debout [en opposition à la loi travail El Khomri, NDLR].

Il y avait malgré tout déjà eu des tirs généreux de LBD [les lanceurs de balles de défense, NDLR]. Cette doctrine s’est accentuée pendant le mouvement des Gilets jaunes en 2018, y compris contre des étudiants qui avaient rejoint la mobilisation. Celle-ci était protéiforme, avec des manifestations urbaines et d’autres rassemblements sur des ronds-points. À cette époque, deux adolescents avaient été mutilés en une semaine. Donc il existe des précédents.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet interview de Sebastian Roché, menée par Mathilde Picard.
 


· En France, les industriels de l’emballage plastique ont dépensé au moins 2,5 millions d’euros en lobbying en 2025 pour freiner la législation de fin des emballages à usage unique, révèle Zero waste France ce jeudi. Selon l’ONG, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire adoptée en 2020 a été entravée sous la pression des fabricants de polymère, grandes enseignes de distribution ou encore multinationales de l’agroalimentaire.

· Mercredi, le ministère de la transition écologique a annoncé que près de 94 000 personnes sur le territoire hexagonal étaient privé·es d’eau du robinet en raison de la sécheresse inédite. Les habitant·es concerné·es sont ravitaillé·es par des camions-citernes ou des livraisons de palettes de bouteilles. Elles et ils sont 30 000 de plus qu’au début du mois de septembre, à cause des fortes chaleurs et des faibles précipitations.

· Mardi, une centaine d’opposant·es au projet d’incinérateur «Thermo-sur-Seine», à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), se sont rassemblé·es devant l’hôtel de ville de Paris. Associations, élu·es et citoyen·nes fustigent les risques sanitaires encourus. Voté par la Ville de Paris en fin d’année dernière, il est présenté comme une solution verte de traitement des déchets. Pourtant, les incinérateurs sont régulièrement pointés du doigt pour leurs émissions de substances toxiques, accusées d’entraîner des cancers et des troubles endocriniens. – Notre article

Myriam Goujjane, coprésidente d’Acid-Vitry, demande à la Ville de Paris l’abandon complet du projet d’incinérateur à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). ©  Cécile Massin/Vert  
 


«Une forêt sous-marine» : en Loire-Atlantique, il fait pousser des algues pour retrouver de la biodiversité… et ça marche !

Propos laminaire. Au large de la commune du Pouliguen (Loire-Atlantique), l’association Estuaires Loire Vilaine (ELV) tente de faire renaître une forêt de laminaires, ces algues en forme de longs rubans bruns, essentielles à la biodiversité marine. Lancée en 2023, l’expérimentation montre de premiers résultats encourageants, alors que ces écosystèmes sont vulnérables face au réchauffement climatique. «Les laminaires sont juste là, à quelques mètres», s’enthousiasme Jean-Claude Ménard, le cofondateur de l’association. Il s’apprête à plonger pour contrôler le bon développement de la forêt sous-marine, en cette fin septembre. À l’échelle mondiale, ces écosystèmes ont «un rôle essentiel dans les zones côtières, puisqu’elle servent d’habitat pour plus de mille espèces animales : poissons, mollusques ou crustacés», décrit Philippe Potin, directeur de recherche au CNRS.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage de Marie Roy au large du Pouliguen.

Jean-Claude Ménard, cofondateur de l’association Estuaires Loire Vilaine, a créé un outil pour mesurer la croissance des laminaires. ©  Marie Roy/Vert  


«Le gouvernement a enfin décidé d’écouter les alertes sur le cadmium» : la chronique de Zoé Moreau sur France Inter

Des terres minées. Mercredi, notre journaliste santé/pollutions est revenue sur la réduction des niveaux de cadmium autorisés dans les engrais, dans l’émission La Terre au carré. Une victoire d’autant plus savoureuse qu’on l’attendait depuis sept ans !

© La Terre au carré/France Inter

+ Margot Desmons, Lilou Hiver, Cécile Massin, Zoé Moreau, Mathilde Picard, Antoine Poncet, Marie Roy et Sanaga ont contribué à ce numéro.