Édition du 18 avril 2026

Hausser le tronc

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Face aux abattages d’arbres en forêt de Fontainebleau, ce militant a le dernier mot.


Il dessinait des ronds sur les arbres pour empêcher leur coupe : le «peintre de Fontainebleau» fait plier l’ONF au tribunal

Forêt parée. Serge Geoffre a été poursuivi par l’Office national des forêts pour avoir recouvert des marques de peinture apposées sur les arbres à abattre. Loin d’être isolée, son action s’inscrit dans la généalogie d’une lutte, vieille de deux siècles, contre l’exploitation de la forêt de Fontainebleau.

La tension finit par refluer. Au tribunal de Fontainebleau (Seine-et-Marne), ce jeudi, Serge Geoffre a été relaxé. L’homme, habituellement prolixe, n’a qu’un silence pour emplir sa bouche bée ; sa fille, venue assister au délibéré, le cueille à la sortie pour le féliciter. Le jury motive son arbitrage : ses actes étant «dénués d’intérêt personnel ou financier», et les poursuites constituant une «ingérence disproportionnée dans l’exercice de [s]a liberté d’expression», décision a été prise de débouter les parties civiles.

Serge Geoffre, devant le tribunal de Fontainebleau, le 16 avril 2026. © Étienne de Metz/Vert

Rembobinons. Depuis plusieurs années, l’Office national des forêts, gestionnaire des bois de Fontainebleau, est à la recherche d’un mystérieux maquilleur. À diverses reprises, les ronds de peinture rouge qui désignent les troncs à abattre ont été recouverts. Parfois de gris, embrouillant le parcours des tronçonneuses. Parfois de bleu, ce même bleu qu’une association locale, les Amis de la forêt de Fontainebleau, utilise pour marquer les arbres remarquables à protéger. Deux tags sont amendés au dossier de l’enquête : «ONF = fric» et «ONF = saccage», sur des barrières et des panneaux forestiers.