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La loi Duplomb, une histoire ancienne ? La voilà qui revient par la fenêtre.

La «loi Duplomb» est de retour : le sénateur va déposer un nouveau texte pour réautoriser l’acétamipride dans certaines cultures
Duplomb B. Jeudi, l'élu Les Républicains a annoncé qu’il allait déposer au Sénat une nouvelle proposition de loi pour relancer l'usage en France de cet insecticide nocif pour la santé et la biodiversité. Après la censure de sa première tentative par le Conseil constitutionnel en août 2025, il propose de circonscrire son utilisation aux champs de betteraves, noisettes, pommes et cerises.
Près de six mois après son échec devant le Conseil constitutionnel, Laurent Duplomb repart à la charge. Le sénateur (Les Républicains) de Haute-Loire, co-auteur de la désormais célèbre loi agricole portant son nom, qui avait été partiellement censurée en août 2025, a annoncé qu’il allait déposer ce vendredi, au Sénat, une nouvelle proposition de loi visant à réautoriser en France l’acétamipride, mais aussi le flupyradifurone.

Connus pour leurs effets nocifs sur la santé et la biodiversité (notre article), ces deux pesticides de la famille des néonicotinoïdes (souvent surnommés «tueurs d’abeilles») sont officiellement interdits en France depuis 2018 – avec quelques dérogations d’utilisation jusqu’en 2023. Mais ils restent pour l’instant autorisés dans le reste de l’Union européenne, conduisant une partie du monde agricole à dénoncer une «surtransposition» des normes et une «concurrence déloyale» avec les productions voisines (notre article).
Ce nouveau texte de Laurent Duplomb se veut une réponse directe à la censure du Conseil constitutionnel, qui avait estimé le 7 août dernier que l’article 2 de la loi Duplomb sur la réintroduction de l’acétamipride était contraire à la Charte de l’environnement, «faute d’encadrement suffisant». Le nouveau texte du sénateur doit prendre en compte les remarques des «Sages» : Laurent Duplomb explique au média agricole Le Betteravier français avoir «intégré des dates précises, des données butoirs, cité explicitement les filières concernées et détaillé les méthodes d’utilisation».
👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet article d’Esteban Grépinet et voir les réactions à cette annonce.

· Jeudi, le Sénat a adopté, par 227 voix contre 105, la proposition de loi pour relancer l'extraction d’hydrocarbures en outre-mer, portée par le groupe macroniste mais à laquelle le gouvernement est opposé. Le texte est désormais transmis à l’Assemblée nationale, sans certitude qu’il puisse y être examiné dans les prochaines semaines. Le vote de cette proposition de loi «anachronique et dangereuse» est «un non-sens», a réagi Lorelei Limousin, chargée de campagne Climat chez Greenpeace France. - Libération (AFP)
· Aux États-Unis, l’administration Trump retarde la finalisation de l’un de ses projets les plus rétrogrades pour le climat, nous apprend le Washington Post ce vendredi. Celui-ci vise à supprimer une décision de 2009, appelée «constat de mise en danger» («Endangerment finding»), qui sert de fondement juridique à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis. L’administration craint que la solidité des analyses scientifiques et économiques qui motivent cette abrogation ne soit trop faible pour résister à une contestation devant les tribunaux.
· Au Mozambique, les inondations qui touchent le centre et le sud du pays depuis la fin du mois de décembre hissent l’événement au rang des plus graves jamais enregistrés depuis vingt-cinq ans localement. 140 personnes sont mortes et au moins 700 000 sinistrées, selon le dernier décompte des autorités jeudi. Les pluies, qui ont atteint des records ces derniers jours, continuent de s’abattre. La responsabilité du réchauffement climatique dans leur intensité a été démontrée dans une étude du réseau World weather attribution. - Le Monde


Pesticides, PFAS : les pommes européennes largement contaminées
Pomme Golden hour. Les pommes européennes sont massivement contaminées aux pesticides. C’est le constat sans appel dressé par le réseau d’ONG PAN Europe, qui publie ce vendredi les résultats d’analyses réalisées sur une soixantaine d’échantillons de pommes conventionnelles issues de 13 pays européens, dont la France. Les chiffres sont édifiants : 93% des échantillons contiennent au moins un résidu de pesticide, et 85% en renferment plusieurs – jusqu’à sept substances différentes pour certains fruits. Plus préoccupant encore, 71% des pommes analysées renferment des pesticides classés parmi les plus toxiques par l’Union européenne, dits «candidats à la substitution». Par ailleurs, 64% des échantillons contiennent au moins un pesticide de la famille des PFAS, ces «polluants éternels» toxiques et particulièrement persistants dans l’environnement. - PAN Europe

Qui est Maxime Amblard, «Monsieur Nucléaire» du Rassemblement national et candidat près de Bure
Écœure du réacteur. Le député d’extrême droite, ingénieur nucléaire à Framatome, s’est déclaré le 15 janvier candidat aux municipales dans la Meuse, où est implanté le projet Cigéo d’enfouissement des déchets radioactifs. Celui qui brigue la mairie de Bar-le-Duc a même été chargé d’un rapport parlementaire sur ce mégaprojet, mi-janvier. Depuis son entrée à l’Assemblée nationale en juin 2024, Maxime Amblard s’est imposé comme le «Monsieur Nucléaire» du Rassemblement national. Il est particulièrement actif pendant les débats sur l’énergie, où il défend l’atome avec acharnement et pousse des amendements favorables au secteur. Cela lui vaut d’être désigné comme un relais du lobby nucléaire par les opposant·es à la filière, qui l’accusent de conflits d’intérêt.
👉 Cliquez ici pour lire le portrait de Maxime Amblard, brossé par Théo Mouraby.


Les espèces exotiques envahissantes sont un danger pour la biodiversité : Ta mère nature nous explique pourquoi
Faux plant. En Martinique, une plante (que vous avez sûrement dans votre salon), la «langue de belle-mère», empêche les tortues de pondre sur les plages ! Perruches, bambou, mangouste… Dans sa nouvelle chronique pour Vert, Ophélie Damblé, alias Ta Mère nature sur Instagram, nous raconte comment des espèces déplacées par l’humain (par accident ou non) mettent en péril la biodiversité locale.

+Rémy Calland, Ophélie Damblé, Zoé Moreau, Théo Mouraby, Antont contribué à ce numéro.
