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Ces profs dénoncent un programme inadapté à l’urgence écologique, et à l’esprit critique.

D’un «enseignement citoyen» au «formatage» : au lycée, des profs dénoncent un programme de SES inadapté à l’urgence écologique
Cours où c’est ? À l’heure du changement climatique, nombre de professeur·es de sciences économiques et sociales ne se retrouvent plus dans les programmes de leur matière. Ces enseignant·es misent sur leur liberté pédagogique pour faire bouger les lignes. Vert est allé à leur rencontre.
«L’objectif du ministère est à la fois limpide et terrifiant». En novembre 2025, l’Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses) a partagé son indignation face au projet de référentiel de formation des futur·es enseignant·es. Le document du ministère de l’Éducation nationale stipule que l’objectif des cours de sciences économiques et sociales (SES) «n’est pas la présentation de débats». L’Apses dénonce un «formatage» des professeur·es et une atteinte à l’esprit critique des élèves de lycée.

Le document ravive une inquiétude plus large. «Notre discipline est de moins en moins un enseignement citoyen», affirme Amandine Oullion, co-secrétaire de l’Apses. L’association de professeur·es, qui réunit environ 40% des enseignant·es de SES, alerte régulièrement sur le contenu des programmes, qui font la part belle à la microéconomie libérale et tournent le dos aux approches critiques.
Les cours de SES sont pourtant les seuls qui abordent des questions majeures du débat public comme le chômage, le commerce international ou les classes sociales. Sur les enjeux écologiques, «le programme est très limité», constate Dominique Budin, enseignante à Lyon (Rhône) : seulement deux heures y sont consacrées en classe de seconde. Et pour les élèves qui choisissent la spécialité au bac, «on présente rapidement les causes du dérèglement climatique et quelques solutions mainstream surtout orientées vers le marché», regrette-t-elle.
👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce décryptage de Baptiste Thomasset et comprendre pourquoi cette matière est autant scrutée par les milieux économiques et politiques.

· Mardi, la commission mixte paritaire (CMP), chargée de trouver un compromis entre sénateur·ices et député·es sur le projet de loi «simplification», a annoncé maintenir la suppression des zones à faibles émissions (ZFE). Ce dispositif limite la circulation des véhicules les plus polluants dans une vingtaine d'agglomérations. L'accord trouvé en CMP doit maintenant être soumis à l'approbation définitive des deux chambres, fin janvier. - France info (AFP)
· Mardi encore, les deux chasseurs qui avaient tué un cerf en février dernier sur la propriété du réalisateur Luc Besson dans l’Orne ont été condamnés. Les deux hommes, qui s’étaient introduits dans le domaine privé sans autorisation et malgré les protestations de la mère du cinéaste, se sont vu retirer leur permis de chasse avec interdiction de le repasser avant un an. Ils ont écopé d’une amende de 1 200 euros pour le tireur et de 600 euros pour l’autre chasseur. Et devront aussi verser 3 000 euros à deux associations parties civiles. - Ici Normandie
· Mardi toujours, les autorités indonésiennes ont fait savoir qu’elles révoquaient les permis d’exploitation de 28 entreprises, principalement des sociétés forestières «coupables de violations». Écologistes, expert·es et membres du gouvernement ont souligné la responsabilité de la déforestation dans les inondations meurtrières de novembre dernier dans le pays. Les forêts aident à absorber les précipitations et à stabiliser les sols. - Mediapart (AFP)


Ferme à saumons
Le thon monte. En partie rassemblée mardi à l'Assemblée nationale pour une conférence de presse, une toute nouvelle coalition de 27 ONG environnementales et animalistes appelle à un moratoire (une suspension temporaire d’activité) de dix ans sur les fermes à saumons. Inédits en France, ces grands élevages terrestres de poissons inquiètent de plus en plus au sujet de la pollution des eaux, de la souffrance animale ou de l’impact sur l'économie locale. Deux premiers projets sont prévus dans le Pas-de-Calais et en Gironde, malgré la forte contestation locale (notre reportage). Pour obtenir un moratoire, les associations comptent sur une proposition de loi transpartisane, signée par une centaine de député·es (de La France insoumise aux Républicains) et qui a des chances d'être examinée dans les prochaines semaines.
👉 Cliquez ici pour en savoir plus sur la vague anti-fermes à saumons qui déferle sur la France.

70%
Eau secours. Pour boire, se laver et irriguer leurs cultures, les humain·es ont tellement pompé les eaux souterraines que 70% des aquifères – les réserves d’eau sous terre – présentent des niveaux à la baisse à l’échelle mondiale. C’est ce que documente un rapport sur l’état de la ressource en eau, dévoilé mardi par l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé de l’université des Nations unies. Le constat est plus large : baisse généralisée du volume d’eau des lacs, fonte accélérée des glaciers liée au réchauffement climatique, disparition des zones humides… Cette situation a poussé l’organisme de recherche onusien à proclamer l’état de «faillite mondiale de l’eau». Pour les aquifères, les conséquences de la surexploitation sont dramatiques : une fois vidés, ils s’effondrent sur eux-mêmes, clôturant définitivement la réserve. Lorsqu’ils ne s’effondrent pas, ils s’affaissent : la ville de Mexico s’enfonce de 250 millimètres par an. - Le Monde et Libération

Billie Eilish s’attaque à Trump lors de la remise de son prix de la justice environnementale
ICE crimes. Ce week-end, Billie Eilish a reçu le prix de la justice environnementale lors des Martin Luther King Jr. Beloved Community Awards. La chanteuse de 24 ans en a profité pour dénoncer les exactions de l’ICE, la police fédérale de l’immigration aux États-Unis : «Nous voyons nos voisins se faire kidnapper, des manifestants pacifiques se faire agresser et assassiner. […] C’est très étrange d’être célébrée pour son travail en faveur de la justice environnementale à un moment où cela semble moins réalisable que jamais.»

+Rémy Calland, Margot Desmons, Zoé Moreau, ont contribué à ce numéro.


