Après s’être divisé sur la position à adopter, «le gouvernement va émettre un avis négatif sur cette proposition de loi» visant à réautoriser l’exploitation d’hydrocarbures dans les outre-mer, a affirmé ce mercredi la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, lors d’un rendez-vous avec la presse auquel Vert a assisté. Si cela n’avait pas été le cas, «c’est sûr et certain que je ne pouvais pas rester» au gouvernement, a ajouté celle qui avait croisé le fer avec la ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, sur cette question.

Pour rappel, la proposition de loi initiée par plusieurs parlementaires ultramarin·es vise à «lever, dans les territoires d’outre-mer, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures», instaurée par la loi Hulot fin 2017. Selon ces élu·es, l’exploitation du potentiel pétrogazier (qui reste à déterminer) de la Guyane ou de Mayotte constituerait une opportunité de développement pour ces départements parmi les plus pauvres de France, tout en permettant d’accroître la souveraineté énergétique du pays.
«Je ne vois pas en quoi ça règlerait les questions de développement de la Guyane, je ne vois pas en quoi ça règlerait nos questions énergétiques. Nous n’en avons pas besoin», a cinglé la ministre de la transition écologique. «Dès que vous commencez l’exploration, vous savez très bien quels dégâts vous causez aux écosystèmes et à la pêche. En revanche, tout le reste, c’est de l’hypothèse», a-t-elle ajouté. Sans compter qu’au niveau international, la France a historiquement «pris des positions extrêmement fortes sur cette question» de la sortie des fossiles, et ne pourrait pas revenir en arrière sans voir sa position devenir «intenable», a conclu Monique Barbut.
Le groupe des sénateur·ices macronistes (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants, ou RDP) a décidé de mettre la proposition de loi au programme de sa niche parlementaire, jeudi. Celle-ci a d’ailleurs toutes les chances d’être adoptée, malgré l’avis négatif du gouvernement. Pour la suite, l’exécutif ne devrait logiquement pas lui faire de place dans le calendrier des travaux à l’Assemblée nationale. Reste à voir si un groupe politique décide de la mettre à l’agenda de sa niche parlementaire.
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