La quotidienne

La lutte des glaces

Chères toutes et chers tous,

🗞️ Quel est votre jeu de mots préféré paru dans Vert ces derniers jours ? Lors de notre dernier vote, «Oh mairie, si tu savais» l’a emporté, avec 37% de vos suffrages.

À vos votes !

🔥 Le bruit des votes

🌾 D'enrgais ou de force

🗳️ Maire d'alors

⛽️ L'essence en émoi


Après le redoux printanier, reviennent les gelées : les viticulteurs sont mobilisés.  


«Nous entrons dans une zone très sensible» : face au retour du gel, les viticulteurs en état d'alerte maximal

Froid dure. La chute des températures menace de nombreuses cultures en France, dont le développement est en avance après les chaleurs anormales de ces dernières semaines. Particulièrement exposé·es, les viticulteur·ices de Bourgogne et de Champagne tentent de limiter les dégâts.

Cette nuit, dans les vignobles de champagne du Barrois (Aube), les températures sont passées dans le négatif dès minuit trente, laissant craindre de lourdes conséquences sur les cultures. «Cette nuit était la plus froide, nous sommes descendus à -5°C», raconte Pauline Langry, qui s’occupe de neuf hectares de vignes avec son frère à Celles-sur-Ource (Aube). Mais il faudra attendre plusieurs jours pour estimer les dégâts : «Une bonne partie des bourgeons sont sortis avec une avance d’une quinzaine de jours et sont susceptibles d’être abîmés par le gel», explique-t-elle.

Celles-sur-Ource (Aube), ce vendredi matin. Le domaine Didier Langry a mis en place des systèmes d'aspersion pour protéger les vignes du gel. © Champagne Didier Langry/Facebook

Le phénomène était craint depuis plusieurs jours dans de nombreuses régions. Après un «faux printemps» de plusieurs semaines, qui a conduit à un éveil précoce de la végétation, le retour du froid menace les cultures partout en France. Après une nette chute des températures depuis mercredi, «des gelées fréquentes sont attendues en plaine à l’aube de vendredi sur une large partie nord-est, jusque dans l’intérieur de la Normandie, au Val de Loire, au Poitou et au Massif central», a annoncé Météo-France.

«Le retour du gel intervient sur des végétaux dont l’avancée est parfois record, alertait dès dimanche dernier l’agroclimatologue Serge Zaka. Le risque de pertes de production est fort, voire total pour les variétés les plus avancées.» La vigne et l’arboriculture (cerises, abricots, poires…) sont particulièrement exposées dans plusieurs régions de l’Hexagone.

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· Jeudi, au quatrième jour du procès de Nestlé Waters à Nancy, le parquet a requis 750 000 euros d’amende – soit la peine maximale – contre l’industriel, jugé pour avoir maintenu des montagnes de déchets près de Vittel, dans les Vosges (notre article). Il a également demandé que la multinationale soit condamnée à remettre en état les sites concernés, susceptibles d’engendrer une pollution aux microplastiques. Le délibéré sera rendu le 27 mai. - Vert (AFP)

· Jeudi encore, le Parlement européen a validé un durcissement de sa politique migratoire et approuvé la création de «hubs de retour», des centres pour expulser en dehors de l’Union européenne des personnes dont la demande d’asile a été rejetée et qui sont obligées de quitter le territoire. Voté par la droite et l’extrême droite, le texte prévoit aussi des confiscations de documents d’identité ou encore des détentions. Pour être définitivement adopté, il doit encore passer en trilogue avec le Conseil européen, puis être voté une dernière fois au Parlement. - Le Monde (AFP)

· La population d’ours bruns dans les Pyrénées s’établit à au moins 108 individus, selon un bilan annuel publié jeudi par l’Office français de la biodiversité (OFB). Avec un ours décompté de plus qu’en 2024, la population progresse légèrement sur le plan démographique, mais «on observe une augmentation de la consanguinité au cours des dernières années et une faible diversité génétique», conclut l’OFB. - Libération (AFP)

Les ours bruns raffolent tellement des larves d'abeilles qu'il leur arrive d'attaquer les ruches. © Animalia

Benoît Biteau : «Ça fait 30 ans qu’on connaît les risques sur le cadmium, et pourtant les pouvoirs publics ne font rien», désespère le député

Le cadmium de leurs soucis. Après une nouvelle alerte de l’Anses, le député (Les Écologistes) de Charente-Maritime Benoît Biteau dénonce le retard français dans la réglementation des engrais phosphatés, responsables de l’essentiel de la contamination à ce métal toxique. 


En quoi le cadmium est-il une «bombe sanitaire», comme vous l’affirmez ?

Sa dangerosité est connue depuis longtemps et pourtant les pouvoirs publics ne font rien. Il a été classé cancérogène certain dès 1993 par le Centre international de recherche sur le cancer.  Cela fait plus de trente ans qu’on sait qu’il est extrêmement dangereux et surtout qu’il n’a aucun intérêt biologique. Contrairement à d’autres éléments utiles à faible dose, le cadmium est uniquement toxique.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet entretien mené par Zoé Moreau.

Benoît Biteau est rapporteur du texte «visant à protéger l’alimentation des Français et des Françaises des contaminations au cadmium». © Assemblée nationale

Guerre au Moyen-Orient : le prix des engrais de synthèse explose, mais des solutions existent pour réduire notre dépendance

Engrais malgré. Avec la guerre au Moyen-Orient, démarrée le 28 février par les bombardements israélo-étatsuniens en Iran, le monde paysan subit de plein fouet la hausse des prix des carburants et des engrais. «L’énergie nécessaire pour produire des engrais est apportée par le gaz, c’est pour cela que leur prix suit de très près le prix de l’énergie, éclaire Sylvain Pellerin, directeur de recherches en agronomie au sein de l'Inrae. Face à cette hausse soudaine des coûts, le gouvernement a annoncé mardi plusieurs «mesures exceptionnelles» pour aider les agriculteur·ices : report des cotisations sociales, prêts de court terme… Plusieurs leviers permettent aussi de diminuer la dépendance de l’agriculture française aux engrais de synthèse. L’agriculture biologique, par exemple, privilégie l’utilisation de fertilisants organiques.

👉 Cliquez ici pour lire ce décryptage d’Esteban Grépinet dans son intégralité.

Dans «Toxicité coloniale», Samia Henni dénonce la violence des essais nucléaires français dans le Sahara

Dans son essai traduit en français en mars, l’historienne revient sur les programmes d’essais nucléaires français menés entre 1960 et 1966 dans le Sahara algérien. En croisant images, archives et témoignages, elle exhume une histoire longtemps enfouie, celle d’une violence coloniale dont les effets persistent encore aujourd’hui dans les corps et les paysages.

👉 Cliquez ici pour lire cette chronique de Coline Vigot.

«Toxicité coloniale. Documenter le paysage radioactif dans le Sahara», Samia Henni, traduit par Marc Saint-Upéry, B42, mars 2026, 216 pages, 22 euros.

+ Rémy Calland, Lilou Hiver, Zoé Moreau, Antoine Poncet et Coline Vigot ont contribué à ce numéro.