Tous les bureaux de vote ont fermé, les bulletins ont été dépouillés et des tendances commencent à se dessiner dans les dix plus grandes villes de France, au terme du second tour des élections municipales. Les 1 542 communes qui n’avaient pas encore désigné leur maire au premier tour sont progressivement fixées sur leur sort, ce dimanche soir. Elles représentent 4% des municipalités mais 38% de la population.

Selon les données communiquées à Vert par le ministère de l’intérieur, ce second tour comptait pas moins de 548 duels, 807 triangulaires, 169 quadrangulaires et 18 quinquangulaires. Peu avant la fermeture de l’ensemble des bureaux de vote, la participation était estimée à 57%, selon Ipsos. Un taux particulièrement faible.
Paris, Marseille et Lyon restent à gauche
À Paris, Lyon et Marseille, les trois plus grandes métropoles françaises, la gauche est arrivée en tête. Dans la capitale, Emmanuel Grégoire (PS) remporte les élections avec 50,8% des voix. Rachida Dati (LR), qui avait fusionné sa liste avec celle de Pierre-Yves Bournazel (Horizons), compte plus de neuf points de retard (41,2%). Sophia Chikirou (LFI) arrive en dernière position, avec 8% des voix.
Dans la cité phocéenne, le maire sortant Benoît Payan (ex-PS) gagne largement face au RN Franck Allisio, avec 54,7% contre 40,1%. La candidate divers droite Martine Vassal obtient 5,2%, d’après l’Ifop.

Dans la capitale des Gaules, Grégory Doucet (Les Écologistes) est réélu avec 51,1% des voix, contre 48,9% pour Jean-Michel Aulas (divers droite), d’après les estimations Ipsos. Le candidat de la gauche avait fusionné sa liste avec celle de LFI entre les deux tours. Avec près de 1 500 voix de différence, Jean-Michel Aulas a déclaré déposer un recours, évoquant «des irrégularités». En revanche, la Métropole de Lyon bascule à droite, avec à sa tête Véronique Sarselli, a annoncé son président sortant, l’écologiste Bruno Bernard.
Une traditionnelle prime aux sortants…
Dans la majorité des dix plus grandes métropoles françaises, le second tour a confirmé les tendances du premier. Les maires sortant·es sont pour la plupart réélu·es. À Lille (Nord), l’édile socialiste sortant et héritier de Martine Aubry, Arnaud Deslandes, s’impose avec 49,3% des voix, selon les estimations de l’Ifop. L’écologiste Stéphane Baly avait fait le choix de s’allier avec le candidat PS. L’insoumise Lahouaria Addouche obtient 33,70% des voix, devant le RN Matthieu Valet (8,98%) et la macroniste Violette Spillebout (7,99%).
À Nantes (Loire-Atlantique), la socialiste Johanna Roland a été réélue avec 52,18% des voix, contre 47,82% pour son rival Les Républicains, Foulques Chombart de Lauwe, selon les premières estimations d’Ipsos BVA. La maire avait fait le choix de fusionner sa liste avec celle de La France insoumise (LFI).

À Montpellier (Hérault), le maire sortant d’union de la gauche Michaël Delafosse est donné en tête avec 50,13% des voix, selon des estimations données par Midi Libre. Il devance la LFI Nathalie Oziol et le divers centre Mohed Altrad, tous deux autour de 25%.
À Toulouse (Haute-Garonne), le maire sortant soutenu par la droite et le centre, Jean-Luc Moudenc, est arrivé devant avec 53,87% des voix, selon les premières estimations d’Ipsos BVA. L’insoumis François Piquemal, qui avait rassemblé la gauche à l’issue du premier tour, ne réunit que 46,13% des voix.
Ces résultats confirment la tradition historique de la prime aux maires sortant·es. En 2020, dans les villes de plus de 100 000 habitant·es, le taux de réélection était de 72%. D’après une enquête Ipsos pour l’Association des maires de France, publiée en juin 2025, 58% des électeur·ices souhaitaient que leur maire actuel se représente.
… à quelques exceptions près
Trois villes contredisent néanmoins les statistiques : Strasbourg (Bas-Rhin), Nice (Alpes-Maritimes) et Bordeaux (Gironde). Dans la capitale d’Alsace, la candidate divers gauche Catherine Trautmann a été élue, avec 37,07% des voix, contre la maire sortante écologiste, Jeanne Barseghian, alliée à LFI (31,54%), selon les premières estimations d’Ipsos BVA. Le candidat LR Jean-Philippe Vetter la talonne avec 31,39%. Catherine Trautmann, arrivée en tête au premier tour, avait annoncé une alliance avec le candidat investi par Horizons.
À Bordeaux, le macroniste Thomas Cazenave gagne ces élections avec 50,95% des voix. Il devance le maire écologiste sortant Pierre Hurmic (49,05%), soutenu par le PS, le PCF, Génération.s et Place publique. Il avait refusé de s’allier avec le candidat LFI, éliminé au premier tour.
À Nice, Éric Ciotti (Union des droites-RN) remporte la mairie avec 48,54% face à Christian Estrosi, candidat Horizons (37,2%). La prétendante de la gauche hors LFI, Juliette Chesnel-Le Roux, arrive troisième avec 14,26%.
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