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Municipales 2026 : menace RN, alliances pour l’écologie… que retenir avant le second tour ?

Vue sur maires. Dimanche, le second tour des élections municipales achèvera de révéler le nouveau paysage politique des 35 000 communes françaises. Stratégies face à l’extrême droite, sort des candidat·es Les Écologistes et alliances (ou pas) pour verdir les conseils municipaux : voici les principales tendances dessinées à l’entre-deux-tours.
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Le saviez-vous : dans 96% des communes françaises, les élections municipales sont déjà pliées depuis dimanche dernier. Dans ces 33 326 localités (qui hébergent 62% de la population), l’édile a été élu·e au premier tour, souvent sans même devoir affronter d’adversaire.

Reste 1 542 (grandes) communes – elles représentent 4% des municipalités mais 38% de la population – dans lesquelles les jeux sont encore très ouverts. Selon les données communiquées à Vert par le ministère de l’intérieur, pas moins de 548 duels, 807 triangulaires, 169 quadrangulaires et 18 quinquangulaires se profilent.

À Paris, Marseille ou Lyon, et d’une manière générale dans les dix plus grandes villes du pays, les intenses tractations de l’entre-deux-tours n’ont pas permis d’y voir plus clair sur l’issue du scrutin. Ce qui n’empêche pas de tirer, déjà, quelques enseignements.

Contre l’extrême droite, les «barrages républicains» se sont levés (presque) partout

Après avoir déposé un nombre record de 569 listes, le Rassemblement national a vu une centaine de ses candidat·es franchir le second tour, dont 58 en tête, contre seulement 11 en 2020. Mais, en dehors de ses bastions, où il a été confortablement réélu, les réserves de voix risquent de lui manquer partout ailleurs. D’autant plus que ses adversaires, de gauche comme de droite, ont souvent fait en sorte de lui barrer la route au second tour.

C’est le cas à Marseille (Bouches-du-Rhône), où l’insoumis Sébastien Delogu (12%) s’est retiré de la course, alors que le maire socialiste sortant Benoît Payan (36,70%) est talonné par le candidat du Rassemblement national (RN), Franck Allisio (35,02%). Idem à Toulon (Var), où le challenger des Républicains, Michel Bonnus (15,71%), a renoncé en faveur de la maire sortante divers droite, Josée Massi (29,54%), pour faire barrage à la frontiste Laure Lavalette (42,05%). À Douai (Nord), Avignon (Vaucluse), Montargis (Loiret), ⁠Nîmes (Gard) ou à Carcassonne (Aude), des alliances à droite comme à gauche devraient permettre de battre les candidat·es d’extrême droite.

Exception à Nice (Alpes-Maritimes), où le candidat de l’Union des droites pour la République (UDR, allié au RN), Éric Ciotti, est en ballotage favorable (43,43%). Le chef des Républicains, Bruno Retailleau, a refusé de soutenir le maire sortant Christian Estrosi (Horizons, 30,92%). Celle qui mène la liste d’union de la gauche, l’écologiste Juliette Chesnel-Leroux (11,93%), a refusé de se retirer. Les chances de voir la cinquième ville de France basculer à l’extrême droite sont élevées.

«Vague verte» : Les Écologistes bien accrochés

Après la «vague verte» de 2020, le sort des maires Les Écologistes de grandes villes était scruté de près. La plupart ont fait mieux qu’attendu – sauf à Annecy (Haute-Savoie), où la liste soutenue par le maire sortant a été distancée – et ont même de bonnes chances de rempiler grâce aux alliances scellées avec La France insoumise (LFI). C’est le cas à Lyon (Rhône), où Grégory Doucet (37,36%), longtemps annoncé perdant face à Jean-Michel Aulas (divers droite, 36,78%), pourrait l’emporter grâce à son alliance avec l’insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi (10,41%). Même configuration à Grenoble (Isère), Strasbourg (Bas-Rhin), Tours (Indre-et-Loire) et Besançon (Doubs).

À Toulouse, le socialiste François Briançon (à droite) a rejoint la liste de l’insoumis François Piquemal (à gauche). © Frederic Scheiber/Hans Lucas via AFP

Les Écologistes ont aussi de bonnes chances de l’emporter à Villepinte (Seine-Saint-Denis), grâce à l’alliance entre Mélissa Youssouf (38,17%) et la candidate de gauche Nelly Roland (15,72%) pour contrer Farina Adlani (divers centre, 31,02%). Idem à Lorient (Morbihan), où l’écologiste Damien Girard (23,19%) et la candidate de gauche Gaëlle Le Stradic (19,03%) font liste commune contre le maire sortant UDI Fabrice Loher (35,44%).

À Mulhouse (Haut-Rhin) en revanche, l’écologiste Loïc Minery (15,96%) talonnait la maire sortante divers droite Michèle Lutz (17,60%) à l’issue du premier tour, mais il a échoué à trouver un accord avec son adversaire marqué à gauche, Anouar Sassi (14,1%), contrairement aux deux candidat·es centristes, Frédéric Marquet (14,3%) et Lara Million (13,2%).

Ces alliances pour plus d’écologie au pouvoir

Il n’y a pas que Les Écologistes qui portent les couleurs de l’écologie dans ces municipales. À gauche, les engagements de La France insoumise sont salués par les organisations environnementales. Or, le parti de Jean-Luc Mélenchon, qui a présenté 276 listes au premier tour (trois fois plus qu’en 2020), espère «une petite dizaine de victoires», a-t-il indiqué. LFI pourrait ravir plusieurs villes à la droite : en partant seul comme à Roubaix (Nord) ou en s’alliant avec le reste de la gauche comme à Toulouse (Haute-Garonne) et Limoges (Haute-Vienne).

Le Parti socialiste, très ancré localement, a accueilli des candidat·es Les Écologistes sur une grande partie des 2 000 listes qu’il a déposées. Il indique avoir gagné 704 communes dès le premier tour, mais son refus de s’allier avec LFI pourrait le faire perdre à Paris, Saint-Étienne (Loire) ou Amiens (Somme).

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