Si vous faites partie des 60% de Français·es qui partiront en vacances cet été, vous êtes peut-être en pleine planification de votre voyage. L’année dernière, selon un sondage Opinionway et Point S, près de six vacancier·es sur dix entendaient se déplacer en voiture individuelle, pour davantage d’autonomie mais, surtout, pour des raisons financières.
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17% pensaient privilégier l’avion, et seulement 12% le train. Pour ce dernier, le prix des billets représente un frein, et ce bien qu’une très grande majorité de Français·es reconnaissent le bénéfice écologique de ce mode de transport, et sa praticité (sondage Réseau action climat de 2023). Pourtant, contrairement aux idées reçues, le train n’est pas toujours le plus onéreux. D’autant qu’il existe des astuces pour réduire la facture.
Anticiper
Pour les voyages en train, la règle d’or est l’anticipation. La SNCF, comme la plupart des transporteurs européens, pratique le yield management (ou gestion dynamique des prix). Autrement dit, plus un train se remplit, plus les prix augmentent. Pour un TGV Inoui, on fait 35% d’économies en réservant deux mois avant le départ par rapport à un billet acheté une semaine en amont. Avec un mois d’avance, la réduction est de 25%.

Il est donc conseillé de réserver ses billets le plus tôt possible. Pour les TGV Inoui et les Intercités, SNCF Voyageurs met généralement ses billets en vente quatre mois à l’avance. La compagnie low cost Ouigo organise deux fois par an des ouvertures de ventes, pour l’été et l’hiver. Pour les trajets européens, les délais varient selon les compagnies : six mois pour la Suisse (CFF) et l’Allemagne (Deutsche Bahn), quatre mois pour l’Italie (TGV Lyria) et l’Espagne (TGV Inoui). Pour vos futurs voyages, certains sites spécialisés proposent de vous tenir informé·es des dates d’ouverture des ventes : Voyager en train, Mollow ou encore Hourrail.
Comparer
Si vous êtes flexible sur vos dates, un bon réflexe consiste à comparer les jours de départ. «Il vaut mieux éviter les trajets du vendredi au dimanche, et voyager en semaine, notamment du mardi au jeudi. Même chose pour les horaires, qui peuvent faire varier les prix du simple au triple», détaille Victor Gérard, co-créateur du site Voyager en train.
Autre astuce : comparer les différentes compagnies. Depuis 2021, plusieurs opérateurs ont fait leur entrée sur le réseau ferré français, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence : l’italien Trenitalia (trajets Paris-Marseille, Paris-Lyon et Paris-Milan) et l’espagnol Renfe (trajets Paris-Marseille et Paris-Madrid via Barcelone). En passant par ces opérateurs, les prix des billets sont jusqu’à 40% moins chers que ceux de la SNCF, notamment pour les voyageur·ses ne bénéficiant d’aucune réduction. Une différence liée en partie au yield management : par habitude des utilisateur·ices, les trains SNCF se remplissent plus vite, ce qui fait monter les prix rapidement. L’écart des tarifs entre les compagnies pourrait donc se réduire à mesure que les nouveaux opérateurs gagnent des client·es.

Certains sites comme Trainline, Kombo ou Liligo vous aident à comparer les prix. «Ils sont très pratiques ; toutefois, je conseille de réserver ses billets directement sur les sites des compagnies. Pour éviter d’éventuels frais supplémentaires, et pour avoir accès à toute la gamme tarifaire – qui n’apparaîtra pas forcément sur le comparateur», explique Victor Gérard.
Enfin, le spécialiste recommande de décomposer ses trajets longs en achetant ses billets individuellement plutôt qu’en une fois sur un comparateur d’offres. Cela permet d’évaluer les différents tarifs, qui peuvent varier sur la journée, et de gérer ses correspondances. «Le trajet peut prendre plus de temps, mais c’est aussi ça, voyager en train. En famille, avec mon épouse et mes deux enfants, on en profite pour faire des escales entre nos destinations.»
Profiter des cartes de réduction et des pass TER
Proposée par la SNCF, la carte Avantage (jeune, adulte ou senior) offre 30% de réduction pour une personne et son accompagnant·e sur les billets des TGV Inoui et Intercités, et de 25 à 50% pour certains TER. Par ailleurs, elle garantit un plafonnement des prix, même en dernière minute : 49 euros (trajets de moins d’1h30), 69 euros (1h30 à 3h) et 89 euros (plus de 3h). À 49 euros par an, elle peut se rentabiliser dès le premier voyage. Seul bémol : la version adulte n’est valable qu’en aller simple le samedi ou le dimanche, ou sur des voyages aller-retour qui incluent au moins la nuit du vendredi, samedi ou dimanche. Elle fonctionne en revanche tous les jours si vous voyagez avec un enfant de moins de 11 ans.
Il existe également de nombreuses cartes de réduction pour les TER, dont les tarifs sont gérés par les différentes régions. Elles coûtent généralement entre 20 et 30 euros par an et assurent des réductions allant jusqu’à 60% par trajet. Les offres sont à retrouver sur cette page du site SNCF Connect.

Enfin, la plupart des régions proposent des pass TER pour voyager en illimité sur les lignes régionales pendant une durée donnée. Idéal pour découvrir un territoire. On peut citer le pass TER BreizhGo. Valable pour une à cinq personnes, il permet de prendre autant de TER bretons que l’on souhaite pendant deux jours consécutifs, pour 55 euros ; ou pendant sept jours, pour 110 euros. «Les enfants de moins de 12 ans ne paient pas. Concrètement, on peut donc voyager à cinq adultes et autant d’enfants pendant une semaine, pour 110 euros. C’est imbattable», constate le co-fondateur de Voyager en train. Le site référence tous les pass TER disponibles.
Bénéficier du billet de congé annuel
Cette réduction reste peu connue, bien qu’elle existe depuis… 1936. Une fois par an, les salarié·es peuvent bénéficier du billet de congé annuel de la SNCF, qui offre une remise de 25% sur les allers-retours en TGV Inoui, Intercités ou TER d’au moins 200 kilomètres. La réduction s’applique aussi pour les proches vivant sous le même toit (conjoint·e, enfants de moins de 21 ans ou même parents). La démarche est toutefois un peu contraignante : il faut faire signer un formulaire par son employeur, puis le déposer en ligne ou en agence de voyage agréée. Plus d’informations ici.
Voyager avec les compagnies low cost et les trains de nuit
Depuis une dizaine d’années, les opérateurs low cost concurrencent les réseaux nationaux. En France, Ouigo dessert près de 70 destinations avec deux offres : Ouigo grande vitesse et Ouigo trains classique. Plus confidentielle, cette dernière est aussi moins chère (10 à 59 euros le trajet, même en dernière minute), car les trains – d’anciennes rames – mettent deux fois plus de temps à arriver à destination. Depuis Paris, les Ouigo trains classiques desservent Rennes (Ille-et-Vilaine), Nantes (Loire-Atlantique), Bordeaux (Gironde) et Bruxelles (Belgique).

En Europe, plusieurs acteurs proposent des tarifs très abordables : Regiojet, qui opère en Europe centrale ; FlixTrain en Allemagne, Snälltåget dans les pays scandinaves ; ou encore la nouvelle compagnie néerlandaise GoVolta, qui relie les Pays-Bas et l’Allemagne et devrait arriver en France en décembre.
Il est aussi possible de voyager en train de nuit. En France, dix destinations sont accessibles depuis Paris, comme Toulouse (Haute-Garonne), Montpellier (Hérault), Nice (Alpes-Maritimes), Lourdes (Hautes-Pyrénées) ou encore Aurillac (Cantal). Dans le reste de l’Europe, plusieurs compagnies proposent des trajets en trains de nuit, cartographiés sur cette carte du site Back on track. European Sleeper relie par exemple Paris à Berlin, mais aussi Bruxelles à Prague ou à Milan. «Certains de ces trajets sont plutôt bon marché, d’autres moins. Dans tous les cas, voyager de nuit permet d’économiser une nuit d’hôtel – ou du temps, quand les congés sont courts. Et puis, selon moi, c’est une expérience à vivre au moins une fois !», estime Victor Gérard.
Partir en Europe avec le pass Interrail et les pass illimités
Créé en 1972, le pass Interrail permet aux ressortissant·es européen·nes de voyager dans 33 pays pendant une durée limitée, soit sur l’ensemble du territoire, soit dans un seul pays. Certains frais de réservation peuvent toutefois s’ajouter sur les trains à grande vitesse ou de nuit. «Ce pass peut être intéressant pour voyager dans les pays scandinaves, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou la Suisse. Mais, dans d’autres endroits, comme l’Espagne ou l’Italie, les trains ne sont pas très chers : ce n’est donc pas toujours la formule la plus adaptée», résume l’expert.
De nombreux pays proposent des pass pour voyager en illimité sur leur réseau ferré : Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande et d’autres. Des offres à comparer soigneusement pour déterminer la plus avantageuse selon son itinéraire.
Voyager en dernière minute
Si vous êtes prêt·es à partir dans les jours ou semaines qui viennent, il y a certains sites à connaître. La compagnie de train de nuit European Sleepers propose des offres à 40 euros pour se rendre à Berlin ou à Prague dans une à trois semaines suivant l’achat du billet. De leur côté, les sites Ouigo Swap et Eurostar Snap permettent de trouver des billets jusqu’à 50% moins chers pour des voyages en dernière minute.
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