Décryptage

Boycott des produits américains : quelles sont ces entreprises qui soutiennent Donald Trump ?

Boycotter obscur. En réponse à la politique d’extrême droite de Donald Trump, des Français·es emboîtent le pas à leurs voisins des pays du nord de l’Europe et appellent au boycott de produits américains. Quelles entreprises ont affiché leur soutien au milliardaire ? Vert fait le point.
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Alors que de nombreuses sociétés américaines avaient pris leurs distances avec Donald Trump lors de son premier mandat en 2017, les mêmes n’ont pas hésité à se rallier au chef d’État d’extrême droite lors de la dernière élection présidentielle. Elles ont mis la main à la poche pour s’afficher à ses côtés lors de son investiture, le 20 janvier dernier.

La cérémonie qui a intronisé le président a coûté plus de 200 millions de dollars (soit plus de 184 millions d’euros), selon les informations du New York Times. Une somme qui vient, pour partie, d’entreprises très présentes dans notre quotidien. Alors qu’un mouvement de boycott des produits américains se développe en France et en Europe, voici quelques exemples de celles qui ont affiché le plus clairement leur soutien à Donald Trump, et qui sont donc principalement visées.

Les entreprises de la tech

Les groupes Google, Microsoft, Meta (Facebook, Instagram…), Amazon, Apple et OpenAI (une entreprise d’intelligence artificielle) ont donné plus d’un million de dollars (923 000 euros) chacun pour l’investiture de Donald Trump. Et certains ne se sont pas contentés de verser de l’argent.

Donald Trump et Mark Zuckerberg, le patron de Meta, en septembre 2019 à la Maison-Blanche. © The White House/Wikimedia

Google a diffusé la cérémonie en direct sur YouTube. Le patron d’Amazon, Jeff Bezos, également propriétaire du Washington Post, a vivement salué la victoire du président. Il avait précédemment imposé à son journal de ne pas accepter de tribune appelant à voter pour l’un ou l’autre candidat durant l’élection.

Le PDG d’Apple, Tim Cook, est connu pour être proche du président. Il l’a rencontré plusieurs fois avant sa réélection pour créer des ponts entre son entreprise et l’administration du milliardaire. L’enjeu : négocier les tarifs douaniers sur les composants électroniques en provenance de Chine.

Les constructeurs automobiles

Tesla figure en tête des entreprises identifiées comme soutien majeur de Donald Trump, alors que son dirigeant Elon Musk a fait campagne auprès du milliardaire, avant d’être nommé chef du Département de l’efficacité gouvernementale (Doge). Le groupe a donné un million de dollars pour l’investiture et, selon l’hebdomadaire américain Newsweek, Elon Musk aurait versé au total 290 millions de dollars (soit 267 millions d’euros), campagne présidentielle et inauguration confondues.

Nous vous le racontions dans Vert : les ventes de ses célèbres voitures électriques sont en chute libre en Europe (notre article) et les actions contre les magasins de l’enseigne sont légion, y compris en France (notre article).

Les constructeurs automobiles Hyundai et Stellantis ont accordé un million de dollars chacun au président des États-Unis, tout comme Toyota, Ford et General Motors. Uber roule aussi pour Trump et a versé la même somme à l’occasion de l’investiture.

Les références américaines dans notre quotidien

Les soutiens de Donald Trump se cachent aussi dans certaines applications que les Français·es utilisent au quotidien. Le groupe suédois Spotify a ainsi versé 150 000 dollars (soit 138 000 euros) pour son investiture, a révélé le média Dagens Nyheter. Alors que le milliardaire prenait le pouvoir, l’entreprise a organisé un «brunch de la victoire» pour célébrer «le pouvoir des podcasts au cours de l’élection». Parmi les invité·es : Joe Rogan, animateur d’une émission ultraconservatrice aux dérives complotistes qui figure parmi les plus écoutées sur la plateforme, rappelle France info.

Autre application plébiscitée par les Français·es : le site de location de logements de vacances Airbnb. Son cofondateur, Joe Gebbia, a rejoint le département de l’Efficacité gouvernementale d’Elon Musk, à l’origine de coupes budgétaires massives dans les instances fédérales (notre article) et des vagues de licenciements aux États-Unis (notre article). L’entreprise a par ailleurs versé 100 000 dollars (soit 92 000 euros) à Donald Trump, selon l’hebdomadaire américain Newsweek. Un mouvement de boycott de la plateforme de location de logements en ligne a été lancé par des utilisateur·ices, rapporte Libération.

Coca-Cola qui, au-delà du célèbre soda, vend également du Fanta, du Sprite, du Tropico ou encore du Fuzetea, a versé 250 000 dollars (soit 230 550 euros) à Donald Trump. Son chiffre d’affaires en France s’élevait à 2,3 milliards d’euros (soit 2,1 milliards d’euros) en 2023, selon LSA. Le site de paiement en ligne Paypal a versé la même somme au chef d’État américain, indique Newsweek, qui a répertorié toutes les entreprises américaines qui ont financé la campagne et l’investiture du milliardaire.

Parmi celles-ci, on compte aussi Syngenta, qui commercialise des pesticides et a abondé le même montant. Le groupe Bayer, dont on retrouve les produits dans nos rayons de parapharmacie, a de son côté accordé un million de dollars au président.

Pourquoi ces entreprises soutiennent-elles Trump ?

Si ces groupes ont financé la campagne et/ou l’investiture de Donald Trump, cela peut être pour des raisons idéologiques, comme dans le cas d’Elon Musk ou de Mark Zuckerberg, mais aussi pour des motifs opportunistes. Léo Charles, économiste et maître de conférences à l’université Rennes 2, explique à Vert que «les entreprises automobiles, par exemple, si elles veulent continuer à fabriquer sans changer leur méthode, ont intérêt à soutenir Trump face à la volonté européenne d’imposer des normes écologiques ou de mettre fin aux ventes de voitures à moteur thermique».

Plusieurs milliardaires veillent à entretenir de bonnes relations avec Donald Trump pour négocier les taxes et tarifs douaniers sur leurs produits avec lui, car l’administration du chef de l’État tend à mettre en place des droits de douane très élevés. «Même des entreprises qui auraient à perdre du côté des droits de douane ont aussi intérêt à soutenir la stratégie de Trump de réaffirmer les États-Unis comme le pays qui dicte les normes de la mondialisation». Un moyen pour elles de gagner de nouvelles parts de marché et de tirer des bénéfices des «guerres commerciales» menées par Donald Trump.

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

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