Mcdo au mur. Cette semaine, le rédacteur en chef de Vert a tenté de lister les entreprises qui soutiennent Donald Trump et sa politique d’extrême droite. Objectif : boycotter leurs produits en signe de contestation. Mais ça n’est pas si simple. Cliquez ici pour (ré)écouter cette chronique diffusée sur France inter, mercredi 26 mars 2025.
Mathieu Vidard : Loup, un vent de boycott souffle sur l’Europe, ces jours-ci…
Alors que Donald Trump et Elon Musk s’appliquent à ravager le monde de la connaissance et des faits, à mettre à sac des décennies de diplomatie internationale et à plonger la planète dans le chaos, des voix s’élèvent partout en Europe pour appeler à boycotter les produits américains. D’après un sondage Ifop paru mardi, près d’un Français sur trois dit boycotter un ou plusieurs produits d’une marque étasunienne. Alors, pour aider nos lectrices et lecteurs à y voir plus clair, à Vert, nous avons tenté de faire la liste des entreprises qui ont prêté allégeance à Donald Trump et qui ont des activités en France.
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Évidemment, on pense tout de suite aux boîtes détenues par Elon Musk, en tête desquelles le constructeur automobile Tesla, qui a offert un million à Trump pour financer sa cérémonie d’investiture, le 20 janvier dernier.
Certains y sont allés un peu fort du boycott ces derniers jours, en mettant le feu à ses voitures un peu partout à travers la planète. Peut-être que ce n’est pas la manière la plus eco-friendly de protester. Mais Musk c’est aussi le réseau social X, qui a déjà été déserté par de nombreuses organisations ; ou XAI, compagnie d’intelligence artificielle, qui permet notamment de faire, sur X, des visuels ultra-problématiques, voire illégaux, avec des célébrités.
Enfin, personnellement, ça fait longtemps déjà que je n’utilise plus les fusées SpaceX pour me rendre dans l’espace, j’espère que Cyril Dion en fera bientôt de même.
On trouve beaucoup d’entreprises de la tech, parmi les soutiens de Trump ?
Leur retournement de veste a fait un sacré boucan : un paquet de big techs ont mis un genou à terre et un petit billet sur la cérémonie d’investiture du kingos des affaires.
📻 Vert est sur France inter ! Tous les mercredis à 14h50, retrouvez une nouvelle chronique d’actualité de nos journalistes Loup Espargilière et Juliette Quef en direct dans la Terre au carré.
Alors, spoiler : si vous espérez toutes les boycotter, j’ai envie de vous dire : bonne chance ! Parmi ces entreprises, on trouve Google, Paypal, Amazon, Apple, Open AI (donc ChatGPT) ou Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp…).
Si jamais vous n’aviez pas encore décidé de les boycotter, c’est peut-être l’occasion : Uber, qui a rendu cool le fait de revenir aux droits du travail du 19ème siècle, et Airbnb, qui a grand-remplacé les classes moyennes des centres-villes par des touristes, ont aussi apporté leur écot à la fête.
Côté voiture, la plupart des géants de l’auto s’y sont mis : Hyundai, Toyota, General Motors, Stellantis… le dernier fermera la portière. À ce stade, vous ressentez peut-être le besoin, comme moi, de vous aérer l’esprit avec une compilation de chants de mésanges sur Spotify : eh bien c’est cuit, cuit ! La plateforme, qui détient les droits du podcast du masculiniste d’extrême droite pro-Trump Joe Rogan, a lâché 150 000 euros au président.
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Envie d’une boisson fraîche pour faire passer tout ça ? Oubliez Coca-cola et ses dizaines de marques – dont Fanta, Sprite, Tropico et j’en passe. Ça vous évitera probablement d’avaler les pesticides des groupes Syngenta et Bayer, qui ont aussi arrosé Donald Trump.
Enfin, parmi des dizaines d’autres, on trouve le cigarettier British American Tobacco, l’avionneur Boeing, les pétroliers ExxonMobil et Chevron, la banque Goldman Sachs : apparemment, le seul qui n’était pas dispo pour cette énorme teuf, c’est Satan.
Alors, est-ce vraiment possible de boycotter tous ces produits ?
En théorie, il existe des alternatives pour chacun de ces produits. Mais, en pratique, les bannir de notre existence ressemble à un vrai parcours du combattant. S’il est difficile de dire si un tel boycott serait efficace, il permettrait peut-être de mettre la pression sur nos propres gouvernements : car la France et l’Europe pourraient aussi «boycotter» certains produits. Par exemple, en taxant davantage le gaz naturel liquéfié (GNL) ou le pétrole en provenance des États-Unis, deux des trois biens les plus importés sur notre continent.
L’Europe pourrait aussi décider d’infliger des amendes dissuasives aux réseaux sociaux qui violent délibérément nos règles en matière de désinformation, comme X. Voire les menacer de fermeture. Enfin, vous avez remarqué que bon nombre des entreprises qui ont soutenu Trump sont parmi celles dont les produits sont les plus nocifs pour notre santé, l’environnement ou la démocratie. Dans bien des cas, l’autre nom du boycott, c’est simplement le bon sens.
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