La quotidienne

Entrepôt de chagrin

Chères toutes et chers tous,

🗞️ C'est l'article le plus lu de la semaine dernière sur vert.eco : «Un non-sens total» : en Loire-Atlantique, tensions autour d’un projet touristique sur un site menacé par l’érosion. (Re)lisez-le en cliquant juste ici.


Ce projet logistique menace une zone protégée. Les habitants veulent l’envoyer promener.


En Gironde, un projet d’entrepôts XXL menace des zones humides et des espèces protégées : «Nous avons une responsabilité collective»

Logis tique. À Belin-Béliet, un pôle logistique et industriel de l’entreprise PRD doit voir le jour dans le parc naturel des Landes de Gascogne. Début avril, des naturalistes ont organisé une promenade sur le site et aux alentours pour sensibiliser les habitant·es à la faune et à la flore menacées par le projet. La consultation publique est officiellement lancée ce lundi.

Au lieu-dit La Règue, près de l’A63 et du bassin d’Arcachon, 40 personnes surveillées par une voiture de gendarmerie se rassemblent en ce début d’après-midi du 12 avril. «Avant la balade, on voulait vous rappeler la teneur de ce projet d’entrepôt prévu ici même», débute Frédéric, l’un des initiateurs du rassemblement, devant une assemblée principalement composée de retraité·es.

40 personnes entament leur promenade naturaliste au lieu-dit La Règue, le 12 avril. © Marius Jouanny/Vert

L’ambitieux pôle logistique du promoteur PRD doit s’installer sur ce site avec 11 cellules de stockage, 49 quais de chargement pour un total de 53 000 mètres carrés de surface artificialisée. L’ensemble du site occuperait une superficie totale de 15 hectares, au terme d’un chantier évalué à environ 50 millions d'euros. Le calendrier n’a pas encore été dévoilé. Une fois en activité, l’entrepôt pourrait accueillir chaque jour jusqu’à 180 poids lourds et 210 voitures légères, occasionnant des rejets de particules fines et de 29 234 tonnes équivalent CO2 chaque année, selon un rapport de la Mission régionale de l’aménagement et de l’environnement (Mrae). La nature des marchandises qui pourraient y transiter reste pour l’instant inconnue.

Une première mouture du site industriel datant de 2018 a provoqué l’émergence d’une coordination d’opposant·es écologistes issus de la Sepanso Gironde, de la Confédération paysanne ou d’Extinction rebellion, qui organise la promenade dominicale. Abandonné en 2022, le projet est réapparu l’année suivante dans une version verdie : «L’État le considère désormais comme faisant partie des industries vertes, permettant une accélération de la procédure d’enquête publique», regrette Frédéric.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de ce reportage de Marius Jouanny dans les Landes de Gascogne.

· La deuxième édition du leasing social, l’offre gouvernementale de location de véhicules électriques à loyer modéré, «ouvrira à partir de juillet», a annoncé samedi Maud Bregeon, la ministre déléguée à l’énergie et porte-parole du gouvernement. Ce dispositif doit bénéficier aux Français·es les plus modestes. «Passer à l’électrique, c’est diviser par quatre le coût de son plein. Il y a, pour autant, un investissement de départ et c’est ce que nous devons rendre plus abordable», a souligné Maud Bregeon. - Ouest-France

· Le ministère de l’agriculture a supprimé ou réduit la durée d’une soixantaine de mesures agroenvironnementales et climatiques (Maec). Il s’agit d’aides qui peuvent être demandées par les agriculteur·ices chaque année, début avril, en contrepartie de l’adoption ou du maintien de pratiques bénéfiques à la biodiversité, aux sols ou encore à l’eau. Un message politique «alarmant», selon certain·es élu·es et associations environnementales. - Le Monde

· En Guadeloupe, les émissions de gaz à effet de serre (GES) causées par les sargasses – ces algues brunes qui s’échouent et se décomposent sur les plages – ont atteint des seuils records en 2025, selon l’observatoire de la qualité de l’air Gwad’Air. L’année a été marquée par un phénomène long (de mi-mars à mi-octobre) et un pic de concentration de GES à un niveau quatre fois supérieur au maximum observé en 2023. - Outre-mer la 1ère

Capesterre-de-Marie-Galante, décembre 2025. La commune fait face à des échouements massifs de sargasses. ©  Ludovic Clerima/Vert

199

Activistes, membres des communautés autochtones, journalistes ou avocat·es… Au moins 199 défenseur·es de l’environnement ont été assassiné·es au Mexique entre 2015 et 2025, selon un rapport publié jeudi par le Centre mexicain du droit de l’environnement (Cemda). Cela représente une personne tuée toutes les trois semaines en moyenne. Pour l’année 2025, le chiffre des agressions – du cyberharcèlement aux violences physiques – est en hausse, avec 135 cas. Les victimes sont ciblées pour leur travail de défense des ressources naturelles, principalement l’eau, mais aussi les forêts et les terres communales. Un engagement qui s’oppose à des intérêts politiques, économiques ou criminels, souligne le rapport. - Le Monde

Cadmium, PFAS, pesticides : «La santé environnementale n’est la priorité d’aucun ministère», déplore cette députée

PFAS sombre. Alors que les preuves scientifiques s’accumulent sur les effets des pollutions sur la santé, l’action publique peine à suivre. Dans un rapport du comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale, la députée Les Écologistes Catherine Hervieu en apporte la preuve. Vert l’a rencontrée.
 

Les pouvoirs publics protègent-ils suffisamment la santé des Français face aux menaces environnementales ?

Non, ce rapport met en évidence une inertie préoccupante de l’action publique. L’exemple des PFAS est parlant : la redevance visant à faire payer les pollueurs pour la dépollution n’a toujours pas été mise en place. Même constat pour l’eau : les fermetures de captages se multiplient à cause des pollutions (pesticides, nitrates, PFAS), tandis que les collectivités investissent massivement pour dépolluer. On se retrouve à gérer les conséquences plutôt qu’à prévenir les causes.

👉 Cliquez ici pour lire la suite de cet entretien mené par Zoé Moreau.

Catherine Hervieu, à Paris, jeudi 16 avril 2026. © Zoé Moreau/Vert

Moins de pesticides rime avec plus d’oiseaux, Zohran Mamdani taxe les logements de luxe : les bonnes nouvelles de la semaine

Data gueule. Aux États-Unis, le Maine est le premier État à voter un moratoire sur la construction des datacenters, l’Espagne ouvre ses guichets pour régulariser près d’un demi-million de sans-papiers… et trois autres bonnes nouvelles à découvrir dans cette vidéo de Gaëtan Gabriele.

© Vert

+ Rémy Calland, Gaëtan Gabriele, Marius Jouanny, Théo Mouraby et Antoine Poncet ont contribué à ce numéro.