On fait le point

Une «folie absolue» : 50,5°C et de violents incendies en Turquie, la Grèce également frappée par les feux et la canicule

Depuis une semaine, une canicule terrasse la Turquie et la Grèce, et favorise des incendies destructeurs, qui ont déjà ravagé des milliers d’hectares.
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50,5 degrés (°C) : c’est la température inédite qui a été enregistrée dans le sud-est de la Turquie vendredi, d’après le ministère de l’environnement turc. Ce record a été mesuré à Silopi – une ville située à proximité des frontières avec l’Irak et la Syrie –, et dépasse le précédent maximum national : 49,5°C en août 2023 dans le centre-ouest du pays.

Ce mercure à un tel niveau est une conséquence directe de la canicule qui frappe l’est de la mer Méditerranée depuis une semaine. En Grèce, pendant quatre nuits d’affilée, des dizaines de stations météorologiques ont enregistré des températures minimum comprises entre 30 et 35°C. «Folie absolue. Nous assistons à quelque chose d’incroyable», a commenté le climatologue Maximiliano Errera, qui gère le compte Extreme temperatures around the world sur les réseaux sociaux.

Un incendie près de la ville de Bursa (Turquie), dimanche 27 juillet. © Onur Yurtsever/AFP

En plus de cette canicule généralisée et de la sécheresse qui frappe le pourtour méditerranéen, un vent important souffle sur la région depuis plusieurs jours. Un cocktail qui favorise les départs de feux, lesquels qui deviennent vite hors de contrôle. Des dizaines d’incendies se sont déclarés en Turquie, en Grèce, et même en Albanie, au cours des derniers jours – avec des conséquences meurtrières.

Dix ouvriers forestiers et secouristes bénévoles décédés

Dans la province d’Eskisehir, dans le centre-ouest de la Turquie, dix ouvriers forestiers et secouristes bénévoles sont morts dans un violent incendie mercredi dernier. Ces 26 et 27 juillet, un pompier est décédé et trois personnes ont perdu la vie dans l’accident d’un camion citerne dans la province de Bursa, grande ville industrielle du nord-ouest du pays. 3 500 habitant·es ont été évacué·es en périphérie de cette localité au cours du week-end, tandis que les pompiers essayaient de maîtriser deux incendies.

Au nord du pays, dans la province rurale et boisée de Karabuk, plus de 1 800 habitant·es ont dû fuir leur domicile, alors que les secours tentent toujours de bloquer l’avancée des flammes. Depuis le début de l’été, plus de 3 000 feux ont été recensés en Turquie.

De l’autre côté de la mer Égée, en Grèce, de nombreux incendies font également rage. 55 nouveaux brasiers se sont déclarés au cours du week-end – dont 50 ont été rapidement maîtrisés. Des foyers importants demeurent dans le Péloponnèse, à l’ouest d’Athènes, ainsi que sur les îles de Cythère et d’Eubée. Cette dernière a été particulièrement touchée dimanche. Les flammes y ont ravagé des milliers d’hectares et tué des milliers de têtes de bétail.

Ce lundi, le risque d’incendies demeure «très élevé» dans de nombreuses régions du pays, d’après la protection civile, qui appelle la population à la plus grande prudence. La canicule devrait s’estomper à partir de ce début de semaine dans la région, laissant espérer un léger répit sur le front des incendies.

Avec le changement climatique, les épisodes caniculaires sont amenés à se répéter dans le bassin méditerranéen, accompagnés de risques de feux de plus en plus fréquents et importants.

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