Une carte interactive pour savoir si votre département achète beaucoup de pesticides dangereux

C’est pas de la carte !
 Jeudi 9 janvier, l’association Générations futures a publié une carte interactive qui montre l’achat de pesticides, substance par substance, selon les départements. Découvrez où se situe le vôtre.

Cet outil permet de savoir à quel point les agriculteur·rices de votre territoire se sont approvisionné·es en substances jugées «préoccupantes» par Générations futures, c’est-à-dire : toxiques pour les milieux aquatiques ; contenant des «polluants éternels» (PFAS) ; ou perturbateurs endocriniens – qui dérèglent le système hormonal des humains.

Grâce à un menu déroulant, la carte interactive publiée ce jeudi permet de faire apparaître les différents types de molécules achetées par les agriculteur·ices entre 2015 et 2022, selon leur statut légal et leurs risques associés. Pour y parvenir, l’association a utilisé plusieurs bases de données, dont celles de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

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L’Eure-et-Loir, la Marne et la Somme en tête

L’Eure-et-Loir, la Marne et la Somme sont les départements les plus gourmands en pesticides toxiques pour les milieux aquatiques et perturbateurs endocriniens. L’Eure-et-Loir et la Marne, en particulier, achètent le plus de substances appelées CMR 1&2 (pour cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques). Celles-ci comportent des risques de perturbation du système reproducteur et sont potentiellement cancérogènes. La Charente-Maritime est le troisième plus gros acheteur en tonnes de ce type de produits.

Cliquez sur l’image pour accéder à la carte interactive de Générations futures.

Grâce aux différentes options de la carte interactive, vous pouvez sélectionner la substance de votre choix, le risque associé ou encore le statut d’un produit (autorisé ou non en agriculture biologique par exemple) dans le menu déroulant. On peut aussi constater quel territoire en achète le plus, soit en termes de tonnages, soit par rapport à la surface agricole cultivée.

Rendre les données sur les pesticides plus accessibles

On se rend ainsi compte de la grande consommation de fongicides (des produits chimiques qui éliminent les champignons) dans les départements connus pour cultiver la vigne. La Gironde et les départements méditerranéens sont les plus grands acheteurs de soufre, un intrant autorisé en agriculture biologique.

La Charente-Maritime, elle, est le département où l’achat de glyphosate est le plus conséquent, avec près de 200 tonnes en 2022 (notre article sur cet herbicide très controversé). Les grandes cultures de céréales et de protéagineux y sont majoritaires (pois, féveroles, lupins pour nourrir le bétail).

«L’idée est de rendre plus accessibles au grand public les données sur les pesticides par département», explique Pauline Cervan, toxicologue chez Générations futures. Le porte-parole de l’association, François Veillerette, note qu’«en l’absence d’accès public aux registres d’épandages des agriculteurs, les achats constituent un bon indicateur» pour savoir quelle catégorie de pesticides est utilisée et en quelle concentration sur son territoire.

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

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