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Mais où est passé le jet privé de Bernard Arnault ?

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Où l’avion mis ? Le patron de LVMH a annoncé avoir vendu son jet privé pour que ses déplacements cessent d’être affichés sur internet.

Depuis le 1er septembre, le jet de Bernard Arnault a disparu du registre français des immatriculations. « Avec toutes ces histoires, le groupe avait un avion et nous l’avons vendu, s’est désolée la première fortune de France sur les ondes de Radio classique. Le résultat, maintenant, est que personne ne peut voir où je vais, parce que je loue des avions quand j’utilise des avions privés. »

Un pied de nez aux créateurs de l’« avion de Bernard » et à leurs 90 000 abonné·es sur Instagram, qui suivaient les allées et venues du coucou du milliardaire depuis le printemps. Adepte de la pratique du flight tracking, ceux-ci avaient révélé que pendant le seul mois de mai, son jet privé avait émis environ 176 tonnes de CO2. Soit autant en un mois qu’un·e Français·e en 17 ans : d’après le cabinet d’ingénieurs Carbone 4, l’empreinte carbone des Français·es était de 9,9 tonnes par personne et par an en 2019.

« Ce n’est pas très bien que nos concurrents puissent savoir où nous en sommes à tout moment, a renchéri son fils, Antoine Arnault, sur RTL. Ça peut donner des idées, […] des pistes, des indices ». Quelques jours plus tôt, celui-ci avait essayé de justifier l’utilité du jet privé en expliquant qu’il s’agit d’un « outil de travail », tout en reconnaissant que cela pouvait paraître un peu « lunaire » pour le commun des mortels.

Tellement lunaire que cette nouvelle tendance, inspirée par le compte Twitter ElonJet de l’étudiant américain Jack Sweeney qui suit les trajets du milliardaire Elon Musk, a permis d’imposer dans le débat public la nécessité de réduire l’impact environnemental des jets privés des ultra-riches.

« À l’Assemblée, la possibilité d’une taxation du kérosène n’a jamais été aussi grande », se sont félicités les créateurs du compte, même si la proposition découlant des travaux de la Convention citoyenne pour le climat a été écartée par le camp de la majorité dans le cadre du projet de loi de Finances, après l’utilisation du 49.3. À la place, c’est un amendement visant à supprimer un avantage fiscal dont les jets bénéficient pour leur carburant qui a été retenu, le taux d’accise réduit. D’ici à 2024, les tarifs seront alignés sur ceux applicables à l’essence routière.

Loin de s’arrêter là, le collectif à l’origine de « L’avion de Bernard » indique à Vert vouloir continuer à « suivre les jets d’autres milliardaires et entreprises ». Il vient également de créer un nouveau compte, « Le Pipeline de Patrick » – hommage au PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné – afin de traquer l’avancée du mégaprojet d’oléoduc du groupe en Ouganda et en Tanzanie, grâce à des données satellites et d’autres témoignages collectés sur internet.