Côté pile, les chiffres tout juste réactualisés par le Citepa sont meilleurs que ceux dévoilés en juillet 2025. L’organisme chargé de faire l’inventaire des émissions françaises de gaz à effet de serre s’inquiétait alors d’une hausse des émissions au premier trimestre 2025 (+0,2%) et entrevoyait une baisse dérisoire de seulement 0,8% sur l’ensemble de l’année 2025.

Côté face, sa nouvelle estimation quasi définitive (l’évaluation finale aura lieu en avril) redresse trop peu la barre, à seulement -1,6% de baisse sur l’année. Un chiffre qui confirme l’essoufflement généralisé de la transition écologique en France, après une baisse déjà modérée de -1,8% en 2024, qui contrastait avec les fortes contractions observées en 2022 (-3,9%) et 2023 (-6,8%).
Surtout, «cette baisse reste très en deçà du rythme nécessaire» pour atteindre les objectifs que la France s’est elle-même fixés dans son projet de Stratégie nationale bas carbone présenté en décembre (notre article). Cette SNBC, troisième du nom, décline les baisses d’émissions visées, secteur par secteur, pour atteindre -55% dès 2030, -90% en 2040 (par rapport à 1990) et enfin la neutralité carbone à 2050 (soit l’équilibre entre le CO2 émis et celui absorbé par les puits de carbone). Au global, «l’effort induit s’élève à une baisse 4,6% par an», rappelle le Citepa.

Le Citepa souligne que certains secteurs affichent un retard plus important en termes de trajectoire, en particulier ceux des transports et du bâtiment. Par exemple, la réduction enregistrée dans ce dernier secteur s’établit à -1%, alors qu’ «une baisse moyenne de 7% par an entre 2025 et 2030 serait nécessaire», selon le Citepa. Les multiples va-et-vient sur le principal dispositif d’aide à la rénovation, Ma prime renov’, n’y sont sans doute pas étrangers.
Dans le secteur des transports, premier émetteur avec un tiers des émissions nationales, une réduction moyenne de 5% par an serait nécessaire, contre seulement -1,4% prévus en 2025, pointe le Citepa.
Enfin, l’organisme remarque que le secteur de la production d’énergie souffre de «la stabilisation de la contribution des énergies renouvelables» et enregistre une baisse de seulement -0,2% de ses émissions en 2025. En se substituant aux énergies fossiles très polluantes, les énergies renouvelables avaient permis des baisses massives d’émissions en 2023 (-16%) et 2024 (-10%).
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