Énergies : les certificats d’économie d’énergie font grimper les factures
À partir de 2026, le dispositif des certificats d’économie d’énergie (CEE) entre dans une nouvelle période plus ambitieuse. Ce dispositif qui repose sur le principe du pollueur-payeur impose aux fournisseurs d’énergie de se procurer chaque année une certaine quantité de CEE, notamment en finançant des travaux de réduction de la consommation d’énergie. À compter du 1er janvier, la quantité de CEE à se procurer est rehaussée de 25 % et les obligés ont déjà indiqué qu’ils répercuterait le surcoût engendré sur les prix de l’énergie : de 4 à 6 centimes sur le litre d’essence ou jusqu’à 13 euros de plus sur l’abonnement annuel au gaz, par exemple.

Ce dispositif, vertueux en théorie, est vivement critiqué pour son opacité et son manque d’efficacité : selon l’association de consommateurs UFC-Que choisir, le système coûte en moyenne entre 124 et 244 euros par an et par ménage alors que «près de 40% des CEE délivrés ne correspondent pas à des économies d’énergie réelles directes et [que] les fraudes sont massives, jusqu’à 50% sur certaines opérations».
Logement : nouveaux coups de frein pour la rénovation thermique
L’indispensable rénovation thermique des logements continue d’avoir du plomb dans l’aile en 2026. En 2025, le principal dispositif de subventions, MaPrimeRénov’, a été suspendu trois mois avant de voir ses conditions d’octroi resserrées. Depuis fin septembre, seuls les logements «prioritaires» – c’est-à-dire classés E, F ou G au Diagnostic de performance énergétique (le DPE) – sont éligibles. Les aides sont également moins généreuses. Le projet de loi finances pour 2026 prévoit de poursuivre ce «recentrage sur les logements prioritaires pour des rénovations d’ampleur». D’ailleurs, faute d’avoir adopté le projet de loi dans les temps – le Parlement reprendra les travaux la semaine du 5 janvier – MaPrimeRénov’ est à nouveau suspendue à compter du 1er janvier et jusqu’à l’adoption du budget.
À lire aussi
Parallèlement, 2026 coïncide avec l’entrée en vigueur d’une importante réforme du DPE. Annoncée en juillet dernier, cette réforme d’apparence technique (le détail ici) a pour effet de revaloriser l’étiquette énergie des logements chauffés à l’électricité. Conséquence : 850 000 passoires énergétiques sortiront instantanément des classes F et G, selon le gouvernement. Un chiffre qui grimpe même à 1,2 million selon plusieurs associations de consommateurs. Ce faisant, ces logements ne seront plus interdits à la location ni jugés «prioritaires» dans le versement des aides à la rénovation.
Pollutions : plusieurs produits contenant des PFAS désormais interdits
Adoptée en février dernier, la loi contre la pollution aux PFAS (ou «polluants éternels») prévoit l’interdiction de plusieurs objets du quotidien fabriqués avec ces substances chimiques nocives pour la santé. Depuis le 1er janvier, sont ainsi prohibés tous les produits cosmétiques contenant des PFAS. Rouges à lèvres, crèmes hydratantes ou solaires… En octobre 2024, Vert avait révélé la présence de «polluants éternels» dans un centaine d’articles de maquillage vendus en France (notre enquête).

Les farts, ces produits appliqués sous les skis pour améliorer la glisse, ainsi que plusieurs types de vêtements et chaussures imperméables utilisant des PFAS sont également interdits depuis ce jeudi. La liste de ces marchandises interdites doit s’élargir à l’ensemble des textiles d’ici 2030, mais elle n’inclut pour l’instant pas certains objets comme les ustensiles de cuisine.
Plastique : une prime au recyclage pour les entreprises… mais la fin des gobelets en plastique repoussée
C’est un (tout) petit pas dans la lutte contre la pollution plastique : à partir de 2026, les producteurs de plusieurs filières (jouets, électronique, articles de bricolage, de sport…) bénéficieront d’une prime pour chaque tonne de plastique recyclé utilisée pour leurs produits. «Le montant de cette prime, qui sera financée par les autres entreprises utilisant du plastique vierge, permettra d’inciter l’usage du plastique recyclé», détaille le ministère de la transition écologique.
À lire aussi
Autre dispositif destiné à lutter contre la pollution plastique, cette fois avorté : l’interdiction des gobelets jetables contenant du plastique, qui était initialement prévue pour le 1er janvier 2026, a finalement été repoussée à 2030. Interrogé par Le Monde, le ministère de la transition écologique invoque un problème de «faisabilité technique d’une absence de plastique dans les gobelets», tandis que l’association Zero Waste France déplore un «énième recul dans la lutte contre la pollution plastique sous la pression des lobbys».
Climat : renforcement de la prise en compte de certaines catastrophes
Face au bouleversement climatique qui vient, les services de l’État tentent de renforcer la prévention des catastrophes naturelles. À partir de ce jeudi, le risque de vents cycloniques doit être pris en compte dans la construction de bâtiments en Guadeloupe et en Martinique. Récemment, l’État a aussi étendu son dispositif de surveillance des crues à plusieurs cours d’eau d’Ile-de-France, des Hauts-de-France ou encore d’Occitanie.
Biodiversité : il est maintenant plus facile de tirer sur les loups
Malgré la forte mobilisation des organisations de défense de la biodiversité, un nouvel arrêté visant à simplifier les «prélèvements» de loups gris entre en vigueur ce jeudi. Concrètement, l’animal peut désormais être abattu par les éleveur·ses sans demande d’autorisation préalable auprès des services de l’État, dans les zones où des troupeaux ont été attaqués.
Ces nouvelles mesures sont «dangereuses et inacceptables» alerte France Nature Environnement (FNE), qui déplore aussi (entre autres) l’absence d’une «obligation de mise en place de moyens de protection des troupeaux dans certains territoires». Le ministère de la transition écologique rappelle que «les prélèvements devront évidemment rester compatibles avec le maintien de l’espèce dans un état de conservation favorable». Chaque année, un maximum de 19% de la population française de loups gris peut être abattu.