On fait le point

De nouvelles analyses révèlent une pollution massive de l’eau potable au TFA, le plus petit des «polluants éternels»

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Ça PFAS pas. Ce jeudi, les associations UFC-Que choisir et Générations futures ont révélé une contamination massive de l’eau potable à l’acide trifluoroacétique, le plus petit des PFAS, à Paris comme à Rouen, Poitiers ou Lyon.

L’eau du robinet de nombreuses villes, dont Paris, présente une concentration élevée en PFAS, ces molécules toxiques persistantes dans l’environnement. C’est ce qu’ont révélé les associations Générations futures et UFC-Que choisir, ce jeudi, après avoir analysé l’eau de 30 communes pour y mesurer la concentration de 33 PFAS.

Des relevés effectués dans des villes comme Paris ou Poitiers (Vienne) ont mis au jour une forte pollution à l’acide trifluoroacétique (TFA), le plus petit des «polluants éternels», dans certains quartiers de ces agglomérations. Quasi indestructible, il est issu de la dégradation de certains pesticides et d’autres PFAS. Parmi les échantillons d’eau prélevés dans les 30 communes, 24 en contiennent.

Dans les eaux du 10ème arrondissement de la capitale, la concentration de la molécule s’élève à 6 200 nanogrammes par litre (ng/l), un niveau 62 fois supérieur au seuil de qualité fixé pour les résidus de pesticides potentiellement à risque (100ng/l). La réglementation française ne classe pas le TFA parmi ces derniers, alors qu’il s’agit bien d’un résidu de l’herbicide flufénacet, classé comme perturbateur endocrinien par l’Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa). La Commission européenne attribue à ce petit PFAS une «toxicité préoccupante».

L’eau de certains quartiers de Paris présente une concentration élevée en PFAS. © Jeanne Menjoulet/Flickr

Si les PFAS sont associés à une dizaine de maladies (ils perturbent le système reproducteur et hormonal, et certains sont classés cancérogènes), le TFA, lui, est moins bien connu. «Sa toxicité est avérée pour le foie, et de premières études réalisées sur des lapins évoquent des effets sur le système reproducteur, notamment des malformations», explique Pauline Cervan, toxicologue chez Générations futures. Selon elle, il faudrait lancer davantage d’études sur l’impact de cette molécule sur la santé.

Des normes françaises peu protectrices

En France, seules 20 substances PFAS sont contrôlées dans l’eau potable et les eaux de surface. Le TFA, lui, est très peu recherché par les Agences régionales de santé (ARS). Si les analyses de Générations futures et UFC-Que Choisir indiquent des taux de PFAS en règle avec les normes françaises, certains prélèvements montrent des quantités de polluants bien supérieures aux normes américaines ou danoises. Les associations soulignent à quel point la réglementation française est peu protectrice pour les consommateur·ices.

L’été dernier, le Haut conseil pour la santé publique recommandait déjà, en cas de pollution significative de l’eau par une molécule telle que le TFA, «une évaluation de risque et l’élaboration d’une valeur sanitaire» par l’Agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSES).

«Il ne faut pas arrêter de boire l’eau du robinet»

Outre les concentrations élevées de TFA, des prélèvements réalisés dans plusieurs villes ont révélé des cocktails de différents PFAS : respectivement dix et onze à Tours (Indre-et-Loire) et à Rouen (Seine-Maritime), par exemple.

Malgré cette pollution massive, «il ne faut pas arrêter de boire l’eau du robinet, affirme Pauline Cervan, l’eau en bouteille n’échappe pas à la contamination aux PFAS. Le TFA peut y être présent en grande quantité». Et l’eau en bouteille contient également des microplastiques (notre article).

«Il faut des mesures collectives et préventives : les actions individuelles ne permettent pas d’échapper à la pollution aux PFAS, précise l’experte. Les filtres au charbon actif ne sont pas efficaces contre le TFA.»

Parmi ces mesures collectives : mieux contrôler le TFA, qui n’est pas encore assez mesuré, ni dans les eaux naturelles, ni dans l’eau potable. Et réaliser davantage d’études sur les risques qu’il fait peser sur la santé. «Nous demandons une application du principe de précaution», rapporte Olivier Andrault, chargé de mission alimentaire chez UFC-Que choisir.

Le 20 février prochain, une proposition de loi du député écologiste Nicolas Thierry sur l’interdiction progressive de produits contenant des PFAS sera remise au vote à l’Assemblée nationale. Initialement présentée en avril 2024, elle prévoit l’interdiction de ces substances dans la fabrication, l’importation et la vente de plusieurs types de produits, comme les cosmétiques.

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