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«QuitGPT» : un mouvement de boycott du géant de l’intelligence artificielle ChatGPT, dont le cofondateur soutient Donald Trump

Boycotter obscur. Des citoyen·nes étasunien·nes ont lancé «QuitGPT», une campagne de boycott contre le chatbot de l’entreprise d’intelligence artificielle (IA) OpenAI. La raison ? Son président, Greg Brockman, a donné 25 millions de dollars à Donald Trump en septembre.
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Ce n’est pas une nouveauté : les dirigeants de nombreuses entreprises de la tech soutiennent Donald Trump. En janvier 2025, les groupes Google, Microsoft, Meta (Facebook, Instagram…), Amazon, Apple et OpenAI (qui se cache derrière ChatGPT) avaient même donné plus d’un million de dollars (923 000 euros) chacun pour la cérémonie d’investiture du président d’extrême droite.

En septembre dernier, le président et co-fondateur de l’entreprise d’intelligence artificielle OpenAI, Greg Brockman, a versé 25 millions de dollars (presque 21 millions d’euros) à Donald Trump. C’est cinq fois plus qu’Elon Musk, le patron de Tesla, qui a offert cinq millions à son allié en 2025.

Le président d’OpenAI a versé 25 millions de dollars (presque 21 millions d’euros) à Donald Trump en septembre 2025. © Joyce N. Boghosian/Flickr/Montage Vert

En réaction, des citoyen·nes étasunien·nes ont lancé une campagne de boycott de l’outil d’IA générative ChatGPT, en janvier. Intitulée «QuitGPT», elle a été relayée par l’acteur Mark Ruffalo sur Instagram, dimanche. Il avait déjà pris la parole le 11 janvier, avant la cérémonie des Golden Globes, pour dénoncer la politique trumpienne et les exactions de sa police de l’immigration, l’ICE.

La campagne «QuitGPT» appelle les utilisateur·ices à arrêter d’utiliser ChatGPT et à se diriger vers d’autres chatbots. «L’outil de tri de dossier et de CV d’ICE tourne sur GPT-4, le modèle d’OpenAI, écrit le collectif. ChatGPT est le chatbot le plus utilisé au monde, mais cette domination est fragile. ChatGPT perd des parts de marché. OpenAI, son créateur, dépense trois fois plus qu’il ne gagne. Nous pouvons faire vaciller OpenAI.»

Boycotter : «Ça peut avoir un effet»

Théo Alves Da Costa, ingénieur spécialiste de l’IA et co-président de l’association Data for Good, confirme qu’OpenAI «est financièrement très instable et a les plus grosses dettes de toute l’histoire de la tech, donc ça peut avoir un effet». Selon lui, pour que le boycott fonctionne, il faut que l’initiative soit reprise politiquement et que les utilisateur·ices résilient leur abonnement, «pas juste qu’ils arrêtent de s’en servir».

QuitGPT recommande de se diriger vers des alternatives «respectueuses de la vie privée», comme Confer, Alpine, Lumo ; ou plus traditionnelles, comme Gemini (Google) et Claude (Anthropic). «Trop de gens croient que ChatGPT est le seul chatbot qui existe, et ignorent que les dirigeants d’OpenAI sont les plus gros donateurs de Trump. Il est temps que ça change», soulève QuitGPT.

Greg Brockman est le deuxième plus gros contributeur à Maga Inc. (pour Make america great again, le slogan trumpiste), le comité d’action politique créé en 2022 par Donald Trump. Le plus important donateur est l’opérateur de la plateforme d’échange de cryptomonnaies crypto.com, Foris Dax, qui a donné 30 millions de dollars (plus de 25 millions d’euros). Ces fonds récoltés permettront à Trump d’appuyer les candidat·es républicain·es qui lui sont le plus fidèles lors des élections de mi-mandat, en novembre.

À titre de comparaison, Elon Musk avait donné 270 millions de dollars (255 millions d’euros) pour la campagne présidentielle du républicain, en 2024, selon les chiffres de la Commission électorale américaine (FEC). Côté IA, soulignons que son intelligence artificielle Grok est, de l’avis des spécialistes, la pire de toutes.

«La plupart des grandes entreprises technologiques ont prêté allégeance à Trump»

Pour la docteure spécialiste de l’intelligence artificielle, Amélie Cordier, de nombreuses raisons peuvent justifier de boycotter ChatGPT, au-delà du soutien de son président à Donald Trump. Et de citer le non-respect de l’environnement ou encore des droits d’auteur. «Si on voulait être cohérent, il faudrait aussi boycotter Copilot, Gemini, Claude, Perplexity… Selon le motif, la liste des outils à boycotter peut changer», souligne-t-elle.

Arthur Grimonpont, responsable du plaidoyer au Centre pour la sécurité de l’IA, rappelle que «la plupart des grandes entreprises technologiques, et notamment les fournisseurs d’IA, ont prêté allégeance à Donald Trump lors de son élection et ont des liens avec la Maison Blanche, le Pentagone, ou l’ICE».

Quelle est la meilleure alternative à ChatGPT ? Si la réponse varie en fonction des critères retenus, «l’entreprise qui accorde le plus d’attention aux questions de sécurité et d’éthique est Anthropic» et son chatbot Claude, selon Arthur Grimonpont. «C’est l’entreprise qui a alloué une partie non négligeable de son budget à la démonstration des risques de l’IA, poursuit-il. Néanmoins, on ne peut pas totalement blanchir l’image d’Anthropic car ils participent pleinement à la compétition mondiale qui contribue à accélérer le développement de l’intelligence artificielle.»

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