Pesticides, soutien aux éleveurs, souveraineté alimentaire : qu’a promis Gabriel Attal pour calmer les agriculteurs ?

Grain de cause.
Jeudi, le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé de nombreuses mesures censées répondre aux revendications des agriculteurs, parmi lesquelles, l’assouplissement de plusieurs règles environnementales.

Voici l’essentiel des annonces du Premier ministre :

Le plan Ecophyto 2030, qui vise à réduire fortement l’usage des pesticides (sans succès depuis sa première mouture en 2008), est suspendu jusqu’au prochain salon de l’agriculture.

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Une enveloppe de 150 millions d’euros d’aides fiscales et sociales, dont les modalités seront précisées ultérieurement, sera allouée aux éleveur·ses.

L’importation de fruits et légumes traités avec du thiaclopride, un pesticide interdit en Europe, sera interdite pour éviter la concurrence déloyale.

L’objectif de «souveraineté alimentaire» sera défini avec les agriculteur·rices et inscrit dans la loi (il y est déjà en réalité).

La loi EGalim 3, censée améliorer la rémunération des agriculteur·rices en rééquilibrant leurs relations avec l’agroalimentaire, sera renforcée.

L’ensemble des grandes chaînes de supermarchés seront inspectées dans les prochains jours, avec plus de 10 000 contrôles sur l’origine française de produits, qui pourront donner lieu à des sanctions allant jusqu’à 10% du chiffre d’affaires des industriels ou distributeurs en faute.

Les règles qui imposent aux agriculteur·rices de maintenir des surfaces en prairies seront assouplies.

Les seuils d’exonération de plus-values sur les successions agricoles seront relevés pour encourager la reprise d’exploitations et le renouvellement des générations.

Ces annonces ont semblé apaiser la colère de certains syndicats, puisque la FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont appelé à la levée générale des blocages pour «rentrer dans une nouvelle forme de mobilisation» et travailler avec les préfectures et ministères à mettre en œuvre les mesures proposées. La Confédération paysanne, qui compte poursuivre la mobilisation, s’est dite «déçu[e] par la teneur des annonces qui ne sont pas structurelles» et a fustigé «beaucoup de reculs environnementaux». «L’annonce d’une mise à l’arrêt du plan Ecophyto est un signal désastreux pour la protection de l’environnement et la santé publique», déplore pour sa part l’association WWF.

Photo d’illustration : Gabriel Attal présente ses mesures pour calmer la colère des agriculteur·rices à Matignon, le 1er février. © Julien de Rosa / AFP

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

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