Licenciements en série : l’administration Trump vire Kate Calvin, scientifique en chef de la Nasa

Astro, c’est trop.
 Le bureau de la scientifique en chef de la Nasa a été fermé, lundi. Un coup de massue supplémentaire dans un secteur violemment attaqué par le gouvernement de Donald Trump au nom de la réorganisation des agences fédérales.

Kate Calvin, scientifique en chef et conseillère principale sur le climat de la Nasa (l’Administration nationale de l’aéronautique et de l’espace aux États-Unis), a été virée lundi dans le cadre de «l’optimisation des effectifs» réclamée par Donald Trump à son retour au pouvoir. La chercheuse avait été nommée à son poste en 2022. Son bureau, qui existait depuis les années 1980, est officiellement supprimé.

Kate Calvin, scientifique en chef de la Nasa, lors d’une prise de parole à Washington D.C. en 2023. © Joel Kowsky/Nasa via Flickr

Et il n’est pas le seul à disparaître. Sont aussi concernés le bureau «technologie, politique et stratégie» de la célèbre institution, ou encore le bureau coordonnant la diversité, l’équité, l’inclusion et l’accessibilité, a précisé Janet Petro, administratrice de l’agence, dans un mémo envoyé aux salarié·es lundi. «Ces ajustements sont difficiles, mais nous les voyons comme une opportunité pour réorganiser nos effectifs et nous assurer de fournir aux citoyens américains une agence efficace», détaille la directrice. Une vingtaine de personnes seront touchées par ces licenciements, dont Kate Calvin.

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Mondialement reconnue par ses pairs, cette chercheuse en sciences du climat a reçu plusieurs prix pour ses travaux et contribué à divers rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). En 2023, elle avait été élue co-présidente du troisième groupe du Giec, qui explore les solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et enrayer le dérèglement climatique. 

Censure et interdiction de voyage

Les 1er et 2 mars derniers, l’administration Trump avait empêché Kate Calvin de se rendre en Chine. Elle était censée représenter les États-Unis lors d’une session qui devait permettre de décider du calendrier de publication du prochain rapport du Giec, attendu avant 2029. De quoi laisser planer le doute sur le niveau d’implication des États-Unis dans la construction de ce document essentiel à l’échelle mondiale. Ses supérieurs lui avaient ensuite interdit à de parler à la presse pour évoquer la situation.

Cette suppression de poste intervient dans un contexte de coupes budgétaires pour de multiples agences fédérales liées au climat ou à la santé outre-Atlantique. Depuis plusieurs jours, des rumeurs courent au sujet d’une diminution de 50% des budgets de la Nasa liés à des programmes scientifiques en 2026. Pour la Planetary society, une ONG dédiée à la recherche en astronomie, de telles coupes budgétaires n’entraîneraient «rien de moins qu’une extinction de la science et de l’exploration spatiale aux États-Unis».

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

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