Le Portugal en passe d’interdire l’exploitation minière de ses fonds marins, une première en Europe

Lisbonne nouvelle.
 Ce vendredi, le Parlement portugais a voté un moratoire qui vise à interdire l’extraction de minerais des grands fonds marins de ses eaux territoriales, jusqu'en 2050. Une telle interdiction serait inédite sur le vieux continent.

Le Portugal s’apprête à devenir le premier pays européen à inscrire dans la loi une interdiction de l’extraction minière de ses fonds marins, jusqu’en 2050. Plusieurs textes en ce sens – déposés par des députés du parti au pouvoir (centre-droit) et l’opposition socialiste – ont été adoptés en première lecture au Parlement local ce vendredi. Ils serviront de base à une loi qui devra être soumise à un vote final des parlementaires.

L’île de São Jorge, dans l’archipel des Açores (Portugal). Les ressources naturelles sont abondantes dans les fonds marins alentours. © Guillaume Baviere/Flickr

Le pays se refusera à de tels forages «tant qu’il n’y a pas davantage de données scientifiques» sur son impact sur l’environnement, rapporte Catarina Abril, militante d’une ONG écologiste locale. Elle se félicite de cette avancée, de concert avec l’antenne portugaise du Fonds mondial pour la nature (WWF) et la Sustainable ocean alliance (SOA).

Cobalt, nickel, manganèse

S’il exploitait ses fonds marins, le Portugal disposerait d’importantes ressources minières, qui dorment dans les profondeurs de sa zone économique exclusive (l’espace maritime sur lequel un État exerce des droits souverains et économiques en matière d’exploitation des ressources naturelles). Elles sont particulièrement abondantes à proximité d’archipel des Açores, au beau milieu de l’Atlantique nord.

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Entre 4 000 et 6 000 mètres de profondeur, les fonds marins contiennent des métaux sous plusieurs formes, dont des nodules polymétalliques : de petits cailloux riches en manganèse, cobalt ou nickel – des minerais utilisés dans les batteries de véhicules électriques. Ainsi, ils sont jugés par certain·es comme indispensables à la transition écologique. Mais leur exploitation, connue en anglais sous le terme deep sea mining, pourrait avoir des impacts désastreux sur les écosystèmes.

Malgré le vote vendredi au Parlement portugais, les inquiétudes demeurent à Lisbonne. La Pologne, la Russie et la France continuent de financer des projets d’exploration de gisements situés à la limite des eaux territoriales portugaises.

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

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