Chronique

La non-violence, un chemin de lutte révolutionnaire

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Œil pour œil. Dans Manifeste pour la non-violence, la militante d’Alternatiba et d’ANV-COP21 Pauline Boyer et le coordinateur de l’association Non-violence XXI Johann Naessens plaident pour des luttes radicales, efficaces et profondément justes.

Faut-il répondre à la violence d’un « capitalisme triomphant » par celle de l’action ? Les auteur·ices de cet essai proposent l’exact opposé. Entre une agressivité qui prolongerait le système « oppressif » en place et un pacifisme qui nierait tout conflit, tous deux défendent une troisième voie pour combattre l’injustice : celle de la non-violence. Expérimentée par les peuples amérindiens, mais aussi Gandhi, Henry David Thoreau, Hubertine Auclert, Martin Luther King et bien d’autres, son but est d’instaurer un rapport de force avec des adversaires sans leur nuire.

Couverture de l’ouvrage de Pauline Boyer et Johann Naessens © Charles Leopold Meyer

Guidée par une morale exigeante, la non-violence consiste aussi à sortir des logiques de domination au sein même de l’organisation et du fonctionnement des groupes militants pour faire exister, d’ores et déjà, « le monde qu’on veut ». « Plus qu’un mode d’action efficace, la non-violence est un projet de société, souhaitant remettre au centre de nos vies le respect des droits humains tout en repensant notre façon d’habiter le monde et d’interagir avec le vivant », écrivent les activistes.

Du Mali à la Serbie et du Pays Basque aux États-Unis, en passant par l’Inde, cet ouvrage limpide, accessible et très fourni nous plonge au cœur des réflexions stratégiques des mouvements pour l’accès à la terre, les droits des femmes ou encore la lutte contre la pauvreté. Il donnera peut-être aux lecteur·ices l’envie et la force de combattre de manière « révolutionnaire » et « pragmatique » et contribuer à faire advenir un monde plus respectueux des humains et du vivant.

Manifeste pour la non-violence, Pauline Boyer, Johann Naessens, Éditions Charles Léopold Meyer, avril 2022, 256p, 11€

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

✊ Ne restez pas dans votre coin à désespérer : rejoignez les milliers de membres du Club de Vert pour construire la relève médiatique ENSEMBLE.

Vous avez le pouvoir de rallumer la lumière.