La Gueule ouverte, le journal qui annonçait (avant les autres) la fin du monde

L'exposition proposée jusqu'au 28 août à la Recyclerie autour du journal La Gueule ouverte permet de remonter le temps, jusqu’aux balbutiements des mobilisations écologistes. Ses couvertures sont d’une actualité plus brûlante que jamais.

La Gueule ouverte aurait eu 50 ans ! L’exposition proposée actuellement à la Recyclerie (Paris 18ème) sur l’histoire de ce journal pionnier permet de remonter le temps jusqu’aux balbutiements des mobilisations écologistes.

Les premières couvertures du journal La gueule ouverte ©  DR

Nous sommes en 1972 quand Pierre Fournier, dessinateur et journaliste de Charlie Hebdo, lance La Gueule ouverte. La France est encore imprégnée d’un esprit soixante-huitard. La mission Apollo a offert au monde la première image de la Terre vue de l’espace. Celle-ci est à l’origine d’une prise de conscience globale et la période voit naître de nombreux réseaux écologistes. Alors que le Club de Rome de Dennis Meadows publie son rapport sur les limites à la croissance et que l’on célèbre la première journée mondiale de la Terre, Pierre Fournier a l’intuition qu’« il faut l’ouvrir » pour dénoncer les ravages infligés à la nature et les dangers que notre mode de vie fait courir à la planète.

Les couvertures du journal La gueule ouverte (#17, 40 et 71 publiées en 1973 et 1975) ©  DR

Aidé par ses ami·es de Charlie Hebdo, il organise l’une des premières manifestations écolo en France, contre la construction de la centrale nucléaire dans le Bugey (Ain). La mobilisation est racontée dans le journal, qui devient tout autant un instrument de lutte qu’une caisse de résonance pour les combats (anti-militaristes, anti-nucléaire, anti-pollution) de l’époque. Si la publication s’arrête en 1980, elle reste, pour celles et ceux qui l’ont connu, une référence de la structuration politique de l’écologie.

La Gueule ouverte #84 (à gauche) en décembre 1975 critique déjà fortement la société du spectacle et la multiplication des outils de communication et d’information ©  DR

Au total, 35 Unes emblématiques sont affichées à la Recyclerie à Paris (18ème). Des QR codes permettent d’accéder à des archives audiovisuelles sourcées par l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) ; un cycle événementiel a été imaginé pour animer le tout : « Nous avons conçu la réflexion autour de trois questions – la médiatisation de l’écologie, sa politisation et la transmission des luttes. De nombreux ateliers et moments d’échanges sont organisés, des débats, un salon de la presse et du livre, ainsi que des rencontres regénérationnelles avec la plateforme de mobilisation Makesense entre activistes de plusieurs générations d’écologistes ou de féministes », explique Simon Rossard, co-organisateur de l’événement.

En 1978, le sous-titre et le graphisme du journal ont changé. Ici les #202 et 206, parus en 1978 © DR

Toutes les informations sur l’exposition de la Recyclerie, ainsi que des nombreuses conférences et autres ateliers organisés à cette occasion sont à retrouver ici.

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