Dans l'actu

A69, fin de vie, assurance-chômage, audiovisuel public… Tous ces travaux législatifs suspendus à cause de la dissolution

  • Par et

Jeu de loi. Au-delà du coup de tonnerre politique que représente le renouvellement anticipé des 577 député·es, cette dissolution a automatiquement suspendu une foule de projets et propositions de loi, ainsi que des commissions d’enquête.

«Tout ce qui n’a pas été achevé passe à la poubelle», a résumé sur X le Projet Arcadie, un média qui suit l’actualité parlementaire. Leur éventuelle reprise future dépendra des résultats des élections du 30 juin et 7 juillet et des équilibres politiques à venir dans l’hémicycle.

Les textes qui sont déjà passés en première lecture à l’Assemblée nationale et se trouvent désormais au Sénat sont maintenus ; mais leur examen est mis en pause le temps d’élire les prochain·es député·es. C’est notamment le cas de la loi d’orientation agricole (notre article), adoptée le 28 mai à l’Assemblée nationale, et des projets de loi sur le logement et la simplification de la vie économique.

«Ils passeront en seconde lecture avec la nouvelle Assemblée», a précisé le constitutionnaliste Jean-Philippe Derosier à France info. Lundi, le Sénat a décidé d’ajourner ses travaux en séance publique jusqu’à l’installation de la nouvelle Assemblée nationale.

Le projet de loi sur la fin de vie désormais caduc

La plus grosse victime de cette dissolution surprise est sûrement le projet de loi sur la fin de vie, qui avait déjà été débattu pendant deux semaines. Le texte, qui prévoyait notamment la légalisation de l’aide à mourir ainsi que la création de «maisons d’accompagnement» pour les malades, avait de bonnes chances d’aboutir. Il est désormais caduc. «C’est un immense gâchis», a regretté sur France info Jonathan Denis, président de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD)

La proposition de loi du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (Liot) pour annuler la réforme de l’assurance-chômage voulue par le gouvernement, qui devait être présentée cette semaine, tombe également à l’eau. Le décret d’application de la réforme pourrait être publié comme prévu d’ici début juillet.

Idem pour la loi sur la réforme de l’audiovisuel public, dont l’examen devait débuter le 24 juin au Palais Bourbon. Le projet de fusion passe à la trappe pour la seconde fois. En 2019, la proposition de Franck Riester n’avait pas survécu à la pandémie de Covid. L’examen du futur financement de France Télévisions, Radio France, l’INA et France Médias Monde est également remisé.

Autre loi concernée, celle sur l’évolution du corps électoral en Nouvelle-Calédonie, à l’origine d’une insurrection sur le Caillou ces dernières semaines.

A69, souveraineté alimentaire, violences dans le monde du cinéma : les commissions d’enquête aux oubliettes

Plusieurs commissions d’enquête font aussi les frais de la dissolution. C’est notamment le cas de la commission sur le montage juridique et financier du projet d’autoroute A69 entre Toulouse (Haute-Garonne) et Castres (Tarn), lancée en février dernier. Ses travaux devaient courir jusqu’au mois d’août.

Egalement balayées, la commission d’enquête sur la perte de la souveraineté alimentaire en France (lancée en mars), celle sur les manquements des politiques de protection de l’enfance (inaugurée en avril) ou encore les récents travaux sur les violences dans le monde du cinéma.

La commission d’enquête sur TotalEnergies, qui doit présenter son projet de rapport dans les tout prochains jours, échappe, elle, à la suspension puisqu’elle a été menée au Sénat.

Photo d’illustration : L’hémicycle du Palais Bourbon. © Assemblée nationale

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

✊ Ne restez pas dans votre coin à désespérer : rejoignez les milliers de membres du Club de Vert pour construire la relève médiatique ENSEMBLE.

Vous avez le pouvoir de rallumer la lumière.