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Comment nourrir les oiseaux en hiver ? Notre guide pratique

Mésange gardien. Il neige ! Un vrai plaisir pour les yeux, mais un coup dur pour nos petites boules de plumes, qui peinent à trouver de quoi se sustenter. Heureusement, n'importe qui peut les aider en disposant une mangeoire ou un petit abreuvoir. Mais attention, quelques précautions s'imposent…
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Ce qu’il faut retenir :

☃️ La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) recommande de ne nourrir les oiseaux que pendant les périodes de grand froid, de mi-novembre à fin mars.

🥜 Les oiseaux raffolent des graines de tournesol noires, mais aussi du millet ou des cacahuètes (non salées). Par contre, il faut absolument éviter toute alimentation transformée : pain, pâtes, fromage…

🌧️ Les graines doivent être protégées des intempéries, sur une mangeoire en silo ou avec un toit. On peut aussi installer un petit abreuvoir d’eau tiède (pour éviter le gel).

🤒 Il faut régulièrement nettoyer les mangeoires pour éviter les transmissions de maladies par les fientes. Attention aussi aux chats et autres prédateurs.

👀 Le nourrissage permet aussi d’apprendre à observer et à identifier l’avifaune. Un comptage national des oiseaux des jardins est organisé le week-end des 25 et 26 janvier.

Chaque hiver, c’est le même ballet qui recommence. Mésanges, chardonnerets, pinsons, merles… Toute la petite faune à plumes virevolte dans les villes et les campagnes à la recherche de nourriture, plus rare et vitale avec le gel et le froid.

Dans cette quête, les mangeoires installées dans les jardins peuvent être d’une grande aide. Et si, vous aussi, vous leur donniez un petit coup de pouce ? Vert vous donne ses meilleurs conseils pour nourrir les oiseaux en hiver.

❄️ Limiter le nourrissage aux périodes de grand froid

«Ce qui est vraiment dangereux pour les oiseaux pendant l’hiver, ce sont les grands froids, détaille Nicolas Macaire, animateur du programme Refuges à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Ils doivent compenser les importantes pertes énergétiques [dépensées pour se réchauffer, NDLR] en trouvant davantage de nourriture.» En l’absence d’insectes, la plupart des oiseaux hivernaux consomment des graines et des baies, dont l’accès peut être compliqué avec le gel et la neige.

Les graines données aux oiseaux (ici, des mésanges charbonnières) doivent toujours être protégées des intempéries, par exemple par un petit toit. © Adobe Stock

Pour ces raisons, la LPO conseille de ne nourrir l’avifaune que sur les périodes de froid prolongé, de mi-novembre à fin mars au plus tard. Surtout, elle appelle à éviter à tout prix le nourrissage pendant la période de reproduction (printemps-été) : «Beaucoup d’oiseaux deviennent insectivores à cette saison et cela peut créer une relation de dépendance vis-à-vis des jeunes nés dans l’année qui doivent apprendre à se nourrir par eux-mêmes», explique l’association.

À noter que, dans certaines villes, le nourrissage est interdit par arrêté préfectoral dans l’espace public pour limiter les surpopulations de pigeons bisets domestiques. «C’est possible de faire du nourrissage si on a un balcon ou une cour privative, mais il faut vérifier que c’est autorisé dans le règlement de copropriété», précise Nicolas Macaire.

🥜 Au menu : graines, cacahuètes… et surtout pas de pain

Quand il fait froid, les oiseaux passent leur journée à picorer pour accumuler de l’énergie par leurs réserves de graisse. Leur mets favori : les graines de tournesol noires. «Ils vont se tourner vers les graines riches en lipides, pour avoir plus d’apport énergétique, complète Nicolas Macaire. Ils aiment aussi les graines de millet, le maïs concassé ou les cacahuètes fraiches… mais ni grillées, ni salées, pas celles des sachets apéritif !»

L’ornithologue alerte aussi sur les mélanges de graines proposés en grande surface, qui peuvent parfois contenir des lentilles, des pois ou du blé, souvent rejetés par les oiseaux. La LPO recommande généralement de préparer soi-même un mélange de graines (non salées) : tournesol, fruits à coque et maïs concassé.

Les pinsons du Nord ne sont présents en France que l’hiver, où ils arrivent souvent en groupe important sur les mangeoires. © Flickr

D’autres aliments sont envisageables, comme des flocons d’avoine, des fruits de saison, ou encore les traditionnelles boules de graisse – mais sans huile de palme ni filets (les oiseaux peuvent s’y prendre les pattes). En revanche, exit les aliments transformés et les restes de repas, souvent trop sucrés ou salés et dangereux pour la digestion des volatiles. Miettes de pain, pâtes, pommes de terre cuites, viandes ou encore fromages sont à garder pour les humains !

🏠 Pour les mangeoires, privilégier les silos et les abris

Il existe une grande variété de mangeoires à acheter ou à fabriquer pour les installer chez soi. Les distributeurs de type silo – où les graines s’écoulent au fur et à mesure que les oiseaux en consomment – sont à privilégier. Une petite table surmontée d’une toiture fait aussi très bien l’affaire. Pour éviter les concurrences entre espèces, mieux vaut, si possible, installer plusieurs postes de nourrissage dans le jardin.

Dans tous les cas, le plus important est de protéger les graines de la pluie et de la neige, qui peuvent les faire pourrir. Si certains oiseaux comme les pinsons ou les verdiers préfèrent se nourrir des graines tombées au sol, il faut éviter d’en répandre volontairement par terre, note Nicolas Macaine : «La nourriture va se dégrader très vite au contact du sol, et c’est un vecteur de maladie, qui facilite la concentration des oiseaux au même endroit.»

Le salarié de la LPO recommande également de mettre à disposition de petits abreuvoirs pour les oiseaux toute l’année, y compris l’hiver : «Avec un régime alimentaire constitué de graines, ils vont beaucoup plus avoir besoin de s’hydrater.» Un simple récipient d’eau tiède à remplir chaque matin (pour éviter le gel) fait l’affaire. En revanche, il faut bannir le lait, qui peut conduire à des troubles digestifs mortels chez les oiseaux.

🐈 Attention aux maladies… et aux chats

Si les mangeoires sont un vrai bonheur pour les oiseaux d’hiver, il faut veiller à ne pas les transformer en piège mortel. Le plus grand danger reste les maladies animales, qui se transmettent souvent par contact ou par les fientes. À l’image de la salmonellose, qui fait des ravages chez les espèces vivant en groupe (pinsons, verdiers, chardonnerets…), de la variole aviaire ou encore de la gale des pattes.

«Des agents pathogènes se multiplient dans la mangeoire et infectent les oiseaux, avertit l’ornithologue Grégoire Loïs sur le site du Muséum national d’histoire naturelle, dont il est chercheur. Pour les éliminer, il faut la nettoyer avec de l’eau savonneuse, voire utiliser un peu d’eau de Javel pour la désinfecter.» La LPO conseille de laver les postes de nourrissage régulièrement (si possible toutes les deux semaines), en extérieur, avec du savon et en grattant les fientes.

Autre menace à ne pas sous-estimer : les chats, qui tuent chaque année plusieurs millions d’oiseaux. Des mangeoires placées en hauteur et dans des espaces dégagés devraient permettre aux volatiles de veiller au grain. Attention également à une trop grande proximité des bosquets, d’où pourraient surgir des éperviers et d’autres prédateurs.

👀 Ne pas oublier de s’émerveiller !

Enfin, on ne peut que conseiller d’installer les mangeoires de sorte à pouvoir admirer depuis chez soi ce ballet ailé (en veillant cependant aux risques de collision sur les vitres). Le spécialiste des oiseaux Grégoire Loïs relève d’ailleurs que cette contemplation est la raison principale du nourrissage hivernal par les humains : «La nourriture apportée ne concerne qu’un petit cortège d’espèces et ne change que peu leur probabilité de survivre à l’hiver, à moins qu’il ne soit exceptionnellement rigoureux.»

Autrefois commun aux mangeoires, le bouvreuil pivoine (dont le mâle se reconnaît à son ventre rougeoyant) se fait de plus en plus rare en France. © Flickr

Parmi les stars des mangeoires, on peut noter les très agiles mésanges (bleues, charbonnières ou encore nonnettes), les chardonnerets élégants et leurs couleurs exotiques, l’acrobatique sitelle torchepot – le seul oiseau européen capable de descendre un tronc la tête en bas ! –, les plus rares (mais non moins jolis) pics épeiches, bouvreuils pivoines ou encore grosbecs casse-noyaux.

Ces espèces sont relativement simples à identifier, avec un peu d’aide et d’entraînement. Toute personne intéressée peut participer au comptage national des oiseaux des jardins, dont la prochaine édition aura lieu le week-end des 25 et 26 janvier. Il suffit de prendre une heure de son temps pour identifier et compter les oiseaux depuis sa fenêtre, puis d’envoyer ses observations sur le site dédié. L’ensemble de ces données permet d’alimenter les recherches sur l’état des populations d’oiseaux en France.

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