«Comment Nicole a tout pété» : le projet de mine de lithium dans l’Allier mis en pièce

Lithium de paille.
Le spectacle de Frédéric Ferrer met en scène une réunion publique d'information autour d'un projet de mine de lithium qui pourrait «sauver le monde» face au réchauffement climatique. Deux heures de débats drôles et absurdes, mais aussi particulièrement édifiants. Toute ressemblance avec des faits réels ou ayant existé…

Pour qui a déjà assisté à une réunion publique d’information, reconnaître sur scène certains des attributs les plus typiques (mange-debout, vidéoprojecteurs et porteurs de projet en doudounes sans manches) n’est pas forcément pour rassurer. Et pourtant ! Le débat public de près de deux heures auquel Frédéric Ferrer et ses comédien·nes nous convient dans la pièce de théâtre Comment Nicole a tout pété est rythmé, drôle et surprenant.

Frédéric Ferrer et Karina Beuthe Orr dans la pièce «Comment Nicole a tout pété». © Vincent Beaume

En poussant à l’absurde ce que ces exercices stéréotypés peuvent produire de plus pénible, il les transforme en autant de ressorts drôlatiques : prises de paroles soporifiques, présentations Powerpoint surchargées de bulles et de flèches, novlangue arnaqueuse des porteurs de projets ou vidéos de présentation à la voix artificielle et joyeuse.

Bienvenue à Echapières, quelque part entre Monfulon et Clermont-Ferlant

Enrobée dans une bonne dose de foutraque et de déjanté, la pièce n’en est pas moins documentaire. Le projet à débattre est une mine de lithium (baptisée Nicole), qui pourrait ouvrir dès 2028 à «Echapières», dans l’Allier (quelque part entre «Monfulon» et «Clerfont-Merrand»). Toute ressemblance avec le projet minier Emili en cours de développement à Echassières (Allier), dont le débat public a eu lieu à l’été 2024, n’est pas que fortuite.

Cet article est en accès libre.

Je fais un don

L’exploitation du précieux minerai permet de fabriquer des batteries à destination de la «mobilité douce» – douce comme des SUV électriques de plusieurs tonnes – et ainsi de «sauver le monde» en baissant les émissions de CO2, promettent les porteurs de projets. Certes, mais la forêt (classée Natura 2000) ? Mais les besoins en eau ? Mais les pollutions ? Mais la santé ? Les riverain·es s’entêtent à poser des questions.

La pièce questionne la «transition énergétique» dans son ensemble, rappelle que l’exploitation minière bouleverse toujours l’environnement, insiste sur l’indispensable sobriété des usages pour ne pas reproduire les ravages de l’extractivisme fossile. Mais il reste une question qui n’est jamais posée : si l’on refuse d’exploiter le lithium en France, alors où ?

21 janvier-7 février (sauf les lundis) au Théâtre du Rond-Point, Paris ; 10-12 février : CCAM, Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) ; 4-6 mars : La Rose des Vents, Villeneuve d’Ascq (Nord) ; 10 mars : Le Manège, Maubeuge (Nord) ; 28-30 avril : Quartz, Brest (Finistère) ; 30 mai : Le Tangram, Évreux (Eure).

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

Alors que les alertes des scientifiques sont à nouveau ignorées, que les intérêts des industriels sont toujours mieux protégés que notre santé, et que les citoyen·nes, mal informé·es, risquent de faire des choix nocifs pour leur santé et celle de l’environnement, le journalisme a un rôle inédit à jouer. Vous avez le droit d’être bien informé·es pour rester en bonne santé.

Pour répondre à cette urgence écologique et de santé publique, Vert monte une toute nouvelle équipe de journalistes, scientifiques et citoyen·nes, capable de révéler les pollutions, d’exposer les responsables, et de faire émerger les solutions pour rester en bonne santé.

Objectif : 5 000 soutiens mensuels pour créer ensemble un journalisme qui nous protège.

C'est parti