Décryptage

Avec son nouveau plan, le gouvernement à la rescousse de la filière bovine française

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Bovin d’honneur. En visite au Salon européen de l’élevage à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) la semaine passée, les ministres Bruno le Maire et Marc Fesneau ont annoncé une série de mesures pour soutenir le secteur de l’élevage en France.

«Les magistrats de la Cour des comptes seraient plus inspirés de faire la chasse aux dépenses qu’aux vaches françaises. Ils ne vont pas nous interdire de faire des barbecues le dimanche, de manger de la viande française. Ça fait partie de notre culture». En visite au Salon de l’élevage, ce vendredi 6 octobre, le ministre de l’économie Bruno Le Maire, qui fut aussi ministre de l’agriculture de 2009 à 2012, a donné le ton. La priorité du gouvernement, c’est de relancer le secteur, avec un «plan de reconquête de la souveraineté de l’élevage».

Précédé de l’actuel locataire du ministère de l’agriculture, Marc Fesneau, également présent au Salon, le ministre de l’économie a présenté les mesures phares de ce nouveau plan : promouvoir les «apports de l’élevage» aux territoires, à l’économie et à la transition écologique ; «améliorer les revenus» des éleveurs ; rendre le métier «plus attractif». Parmi les initiatives les plus commentées : une mesure de défiscalisation à hauteur de 150 euros par vache pour faire face à l’inflation, accueillie fraîchement par les professionnels.

En mai 2023, la Cour des comptes avait étrillé le secteur de l’élevage bovin en France, qui représentait en 2020 plus de 60% des 145 000 exploitations spécialisées en France. «À raison de 4,3 milliards d’euros d’aides publiques par an, l’élevage bovin demeure, de loin, l’activité agricole la plus subventionnée en France», soulignait le rapport.

Infographie sur l’élevage en France (données 2020). @ Ministère de l’agriculture

Or, notait encore ce rapport, la filière bovine est une grande contributrice aux émissions de gaz à effet de serre (GES) du pays. «Le bilan de l’élevage bovin pour le climat est défavorable. Malgré certains effets de réduction […], globalement les émissions de GES restent toujours très importantes, principalement en raison du méthane produit lors de la digestion des animaux. L’élevage bovin est ainsi responsable en France de 11,8 % des émissions d’équivalents CO2, comparables à celles des bâtiments résidentiels du pays.»

La Cour des comptes concluait alors à la nécessité de réduire le cheptel pour atteindre les objectifs climatiques de la France. Une direction dans laquelle ne s’engage clairement pas le gouvernement.

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