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Budgète un froid

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Le budget est enfin arrivé. Sans surprise, il fait des économies sur le dos de l’écologie.


Plan vélo à zéro, taxe plastique supprimée, ultrariches épargnés : que retenir du budget 2026 pour l’écologie ?

L’heure décompte. Après des mois d’impasses parlementaires et l’activation de deux 49.3, l’Assemblée nationale a adopté mardi le projet de loi de finances pour 2026. Sur le front de l’écologie, le texte conjugue «immobilisme», «manque de vision» et «économies de bouts de chandelles».

Dans la douleur, l’Assemblée nationale a adopté mardi le projet de loi de finances pour 2026, après l’activation d’un deuxième 49.3 en une semaine (l’un portant sur la partie recettes, l’autre sur la partie dépenses du texte) et l’échec de quatre motions de censure déposées par le Rassemblement national et La France insoumise. Le budget est désormais dans sa forme définitive, même s’il doit encore passer entre les mains du Sénat (qui devrait le rejeter sans y toucher) et revenir à l’Assemblée le 30 janvier pour son adoption définitive via un ultime 49.3.

Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a engagé la responsabilité de son gouvernement sur le projet de budget 2026. © Thomas Samson/AFP

Pour assurer sa survie et faire passer le texte, le gouvernement a fait des concessions à droite comme à gauche. Sur les dossiers liés à l’écologie, le résultat est particulièrement brouillon et illisible.

Le Fonds vert à moitié vide. Mis sur pied en 2023, le Fonds vert cofinance les projets de transition écologique dans les territoires (rénovation d’écoles, aménagements cyclables, végétalisation, etc.). Il a déjà soutenu plus de 19  000 projets avec 3,6 milliards d’euros de subventions, qui ont généré quelque 27,5 milliards d’euros d’investissements au total. De 2,5 milliards d’euros en 2023, le gouvernement passe l’enveloppe du Fonds vert à 850 millions d’euros cette année.

Ma prime renov’ comprimée. L’indispensable rénovation thermique des logements risque de connaître une nouvelle baisse de régime en 2026. Le programme budgétaire «urbanisme, territoires et amélioration de l’habitat», qui sous-tend l’aide financière Ma prime renov’, est encore raboté de près de 600 millions d’euros par rapport à 2025, à 1,9 milliard d’euros.

👉 Plan vélo, PFAS, énergie… Cliquez ici pour découvrir dans le détail ce décryptage d’Anne-Claire Poirier.

· Dans les Hauts-de-France, 83 000 personnes sont alimentées par une eau du robinet contaminée au fluopyram, un fongicide «toxique», alerte Générations futures ce mercredi. L’ONG s’est appuyée sur des mesures de l’Agence régionale de santé (ARS) et identifie la contamination de 17 unités de distribution de l’eau potable, qui alimentent 46 communes dans le Pas-de-Calais, la Somme et le Nord. Le fluopyram n’est pas classé dangereux par l’agence de santé européenne car son potentiel cancérigène est encore à l’étude. - Générations Futures

· Depuis mardi, plus de 500 communes du sud-ouest de la France (Gers, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées) ne sont plus soumises aux mesures sanitaires mises en place face à l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) des bovins. «Grâce à une stratégie de lutte efficace, la situation sanitaire est stabilisée dans le sud-ouest», a souligné le ministère de l’agriculture. Depuis le 2 janvier, aucun nouveau foyer de DNC n’a été détecté en France. - Le Parisien

· Aux États-Unis, l’État du Michigan a engagé une action en justice contre les géants pétroliers ExxonMobil, Chevron, BP et Shell, vendredi. Il les accuse de s’être entendus pour freiner les énergies renouvelables, minimiser les risques du changement climatique et faire grimper les prix de l’énergie. Le Michigan estime que ces pratiques ont, in fine, aggravé le coût de la vie et le risque climatique. - The New York Times

Lutte contre les dépôts sauvages ou atteinte aux libertés ? À Saint-Brieuc, la vidéosurveillance algorithmique fait débat

Souffler sur les Breizh. La plus grande ville des Côtes-d’Armor a récemment adopté un système de vidéosurveillance algorithmique pour détecter les dépôts sauvages d’ordures et faciliter leur verbalisation. Un dispositif dont la pratique et la légalité posent question. S’agissant d’un tel usage dans l’espace public, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) est formelle : «Il est interdit pour une collectivité de mettre en œuvre, sur leur parc de vidéoprotection filmant la voie publique, des algorithmes pour détecter des dépôts sauvages (intervention immédiate ou enclenchement de procédures administratives ou judiciaires) en l’absence d’un texte l’autorisant.»

👉 Cliquez ici pour lire cette enquête de Thomas Jusquiame, en partenariat avec le média d’investigation locale breton Splann!.

Le dispositif de surveillance de la start-up Vizzia a été installé au niveau de la rue du Vieux-Puits, à Saint-Brieuc. © Lisa Drian/Vert

«On comprend qui est lié avec qui et de quelle manière» : de CNews au Raptor, une carte inédite du déni climatique en France

Déni-oui-oui. Le journaliste indépendant Jules Xenard a réalisé une carte des 140 principaux acteurs qui alimentent des narratifs contraires au consensus scientifique sur le réchauffement climatique. Il montre que les liens sont nombreux entre les figures de cet univers où circulent les mêmes arguments mensongers. Extrême droite, complotistes, droite conservatrice et réactionnaire, libéraux et libertariens… «Mon hypothèse de départ était que ces groupes allaient être assez distants. Mais la cartographie montre que ce n’est pas le cas. Toutes ces sphères sont extrêmement liées les unes aux autres», remarque le journaliste, qui a travaillé pendant six mois sur le projet. Pour chaque entité, il a rédigé une fiche pédagogique qui présente la personne ou l’organisation et décrypte ses positions fallacieuses.

👉 Cliquez ici pour lire l’article de Théo Mouraby et découvrir les coulisses de la fabrication de cette carte.

Cliquez sur l’image pour accéder à la carte. © Capture d’écran deni-climatique.fr

«Pyrénées, vivre avec l'ours» : sur Arte, une société face au retour d'un grand prédateur

En prendre pour son plantigrade. Trente ans après la réintroduction de l'ours brun dans les Pyrénées françaises, Arte signe un superbe reportage sur les traces du grand prédateur et de son acceptation dans les estives. Une demi-heure d'exploration prenante, qui transporte les spectateur·ices des angoisses du monde pastoral aux récits émerveillés du grand naturaliste Jean-Jacques Camarra.

© Arte

+ Rémy Calland, Margot Desmons, Lisa Drian, Esteban Grépinet, Thomas Jusquiame, Zoé Moreau, Théo Mouraby et Antoine Poncet ont contribué à ce numéro.