Pas de doute, un vent réactionnaire souffle sur le champ politique et de nombreuses avancées environnementales en ont déjà fait les frais. Cette hostilité montante à l’égard de la transition écologique est-elle partagée par l’électorat ? Rien n’est moins sûr.
Le sondage dévoilé ce jeudi par l’institut Ifop, le Réseau action climat et le Secours catholique-Caritas France démontre même tout l’inverse, si l’on en croit les réponses recueillies auprès de plus de 2 054 Français·es. Dans le détail, il s’agit d’un échantillon de 1 004 personnes représentatives de la population générale et d’un échantillon inédit de 1 050 personnes issues de quartiers populaires – les quartiers prioritaires de la politique de la ville, ou QPV.
Les quartiers populaires très au fait du changement climatique et de la pollution
Une grande majorité des sondé·es a une conscience aigüe de l’aggravation du changement climatique. 58% en ont constaté les effets ces dernières années (augmentation du nombre de vagues de chaleur, de sécheresses ou encore d’incendies), tandis que 52% estiment que leur commune n’y est pas bien préparée.
Des chiffres qui s’accentuent dans les quartiers populaires, où 66% des sondé·es ont constaté les effets du changement climatique (+8 points par rapport au reste de la population) et où 57% (+5 points) jugent que leur commune n’y est pas bien préparée.

Plus largement, le sentiment d’être personnellement exposé·e à différents types de pollutions est très présent dans toutes les strates de la population : plus de 70% des sondé·es s’estiment exposé·es à la pollution de leur alimentation (pesticides, nitrites, etc.), de l’air, ainsi qu’à la pollution sonore.
Six Français sur dix contre tout recul au niveau local
Dans ce contexte, les discours austéritaires appelant à resserrer les dépenses au détriment de la transition peinent à convaincre : 53% des sondé·es estiment au contraire qu’«il est nécessaire de poursuivre la transition, quitte à augmenter les investissements municipaux». Un chiffre qui grimpe à 60% chez les habitant·es de quartiers populaires.
D’ailleurs, de nombreuses propositions écologiques sont majoritairement perçues comme ayant un impact positif sur la situation personnelle des sondé·es, notamment le fait de «proposer des repas plus sains et locaux dans les cantines scolaires», «végétaliser les espaces publics et créer des îlots de fraîcheur» ou «développer l’offre de transports en commun».

À la question : «Cela vous gênerait-il de voter pour un·e candidat·e qui remet en cause les mesures de transition écologique déjà engagées dans votre commune ?», les sondé·es répondent «Oui» à 63%. Un chiffre qui grimpe à 77% chez les 18-24 ans et à plus de 70% dans les villes de plus de 100 000 habitant·s, «c’est-à-dire où les politiques de transition menées ces dernières années ont été plus visibles et plus structurantes», commente Clara Sannicolo, du Réseau action climat.
À rebours de l’idée selon laquelle la transition serait menée par et pour les privilégié·es, les sondé·es issu·es de quartiers populaires affichent le même niveau de «gêne» (64%) que le reste de la population vis-à-vis de candidat·es hostiles à la transition écologique et sociale.
Des mesures soutenues à plus de 80%
Sur les attentes vis-à-vis de leur futur·e maire, les sondé·es affichent un très fort niveau de soutien aux 14 mesures écologiques présentées : 89% approuvent la création d’espaces verts et la protection des zones naturelles et agricoles ; 89% sont pour réduire fortement l’usage des pesticides ; et 86% soutiennent la préparation des bâtiments communaux aux effets du changement climatique.
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