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Le premier sanctuaire d’archives glaciaires inauguré en Antarctique : «C’est un devoir de transmettre cet héritage à l’humanité»

Priser la glace. La disparition des glaciers de montagne menace d’effacer des millénaires d’informations climatiques et environnementales. Pour sauver ce patrimoine, le projet scientifique Ice Memory vise à stocker des échantillons de glace prélevés partout dans le monde. Cette conservation a lieu dans un sanctuaire dédié, au cœur du plateau antarctique.
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C’est une drôle d’inauguration à laquelle ont assisté quelque 300 participant·es, ce mercredi. Elles et ils étaient convié·es par plusieurs organismes de recherche internationaux, dont le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l’Institut de recherche pour le développement (IRD) ou encore l’université Grenoble-Alpes. Faute de pouvoir se rendre sur les lieux – situés à des milliers de kilomètres de toute civilisation –, c’est devant leur écran d’ordinateur que les convives ont assisté à l’inauguration du tout premier sanctuaire d’archives glaciaires au monde. Il est situé sur le site de la station de recherche franco-italienne Concordia, au cœur du plateau antarctique.

Le sanctuaire d’archives glaciaires Ice Memory. © Gaetano Massimo Macri/Ice Memory

Un sanctuaire ? Il s’agit en fait d’une grande cave de glace creusée directement dans la neige, à neuf mètres de profondeur, là où la température reste stable toute l’année – à -52°C environ. C’est là que seront entreposés de précieux échantillons de glace collectés dans des glaciers en voie de disparition. L’objectif du projet est de les garder à disposition des futures générations de scientifiques.

«Nous sommes la dernière génération qui peut agir»

La science des carottes de glace apporte depuis des décennies des contributions décisives, notamment pour connaître et comprendre les évolutions du climat. «En préservant des échantillons contenant des gaz atmosphériques, des aérosols, des poussières et des polluants, Ice Memory garantit que les chercheurs de demain pourront analyser les climats du passé grâce à des technologies qui n’existent pas encore», a expliqué Carlo Barbante, vice-président de la fondation Ice Memory et professeur à l’université Ca’ Foscari de Venise (Italie).

«Préserver ces archives glaciaires n’est pas seulement un impératif scientifique : c’est un devoir de transmettre cet héritage à l’humanité, a estimé de son côté Anne-Catherine Ohlmann, directrice de la fondation Ice Memory. Nous sommes la dernière génération qui peut agir.»

Les glaciers de montagne reculent à une vitesse sans précédent. Depuis 2000, ils ont perdu entre 2% et 39% de leur volume selon les régions, et environ 5% au niveau mondial. Entre la moitié et 90% sont condamnés à disparaître d’ici la fin du siècle, d’après une récente étude parue dans Nature.

Échantillonner 20 glaciers en vingt ans

Lancé en 2015, le projet Ice Memory vise à identifier et à collecter des échantillons de glace au cœur de sites scientifiquement significatifs. Il a déjà coordonné et soutenu dix campagnes de forage dans huit pays (France, Suisse, Italie, Tadjikistan, Norvège, Russie, Bolivie et Norvège). L’objectif est d’échantillonner 20 glaciers en vingt ans. «Mais il y a urgence, et ce n’est pas si facile de convaincre un pays de remettre ainsi son patrimoine», confie Elodie Bernollin, attachée de presse de la fondation. Sans compter que le conditionnement et le transport des carottes est un défi technique.

Le conditionnement d’une carotte glaciaire. © Sarah Del Ben/Ice Memory

À ce jour, deux carottes de glace prélevées sur le massif du Mont-Blanc (col du Dôme, France, 2016) et au Grand Combin (Suisse, 2025) ont pu rejoindre le sanctuaire. D’une centaine de mètres chacune (1,7 tonne de glace en tout, tronçonnée et répartie dans une soixantaine de caisses), elles ont quitté l’Europe mi-octobre à bord du brise-glace italien Laura Bassi.

Après avoir traversé la Méditerranée, l’Atlantique, le Pacifique puis l’océan Austral et la mer de Ross, elles ont atteint la station italienne Mario-Zucchelli le 7 décembre 2025, avant d’être acheminées par avion frigorifique jusqu’à la station Concordia.

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

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