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«Vivant parmi les vivants», un documentaire avec les philosophes Vinciane Despret et Baptiste Morizot pour remettre les humains à leur place

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Causse commune. Le film de Sylvère Petit, diffusé ce jeudi soir sur Arte – et disponible sur le site de la chaîne –, nous invite à repenser notre rapport aux autres espèces, en adoptant le point de vue de l’animal. Inspirant.

Deux animaux et deux humains. Stipa, une vieille jument sauvage de Przewalski, évolue en majesté dans le décor naturel immense du causse Méjean (Lozère). Il faut attendre la dixième minute du documentaire de Sylvère Petit Vivant parmi les vivants (disponible sur le site arte.tv) et l’arrivée dans un univers citadin fait de frites, de policiers, de publicités et de transports en commun –, pour entendre la première voix humaine. C’est ici que nous rencontrons la chienne Alba, deuxième personnage principal à entrer en scène. Ces deux animaux ont chacun un alter ego humain. Baptiste Morizot pour la jument, Vinciane Despret pour la chienne.

© Arte

Dans un film où la parole est rare, mais forte, les deux philosophes interrogent au fil du récit notre rapport au vivant, aux autres espèces, animales ou végétales. Et nous invitent à renverser le prisme. La caméra adopte le regard sage et curieux des animaux : comme si nous les observions en train de nous observer.

Une manière de réinventer nos imaginaires anthropocentrés et de réfléchir à de nouvelles manières d’entrer en relation avec les autres espèces : «Le monde vivant est fait d’altérité, mais elles sont enchaînées, interdépendantes, métissées», pose Baptiste Morizot, qui observe cette jument en fin de vie. «Lorsque l’on va dans les parages de l’animal, on a parfois l’intuition que l’on peut avoir accès à l’étrangeté d’une autre manière d’être vivant», continue le philosophe.

Comment communiquent les animaux ? Que se disent-ils ? Nos interprétations sont-elles inévitablement biaisées par notre condition humaine ? Quels sont les mots adaptés pour en parler ? C’est à tout cela que le spectateur est invité à réfléchir pendant 1h30, dans un film qui appelle «les humains à être un peu moins fanfarons, pointe Vinciane Despret. Si nous ne savons pas que les animaux écrivent, n’est-ce pas tout simplement parce que nous ne savons pas lire les langues étrangères ?»

«Vivant parmi les vivants», de Sylvère Petit, disponible sur arte.tv. Diffusion sur la chaîne Arte jeudi 10 avril à 23h40.

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

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