Déserts de famille. La Grande galerie de l’évolution, à Paris, accueille à partir de ce mercredi 2 avril, et jusqu’au 30 novembre, une exposition dédiée aux déserts. Un voyage immersif à travers ces territoires aussi immenses que fragiles.
En ce début de printemps, le Muséum national d’histoire naturelle souffle le chaud et le froid. Depuis ce mercredi 2 avril, le célèbre musée parisien met en avant les terres arides du monde entier à travers une exposition immersive nommée «Déserts». «On croit souvent que les déserts sont de grands espaces vides, mais ce n’est pas du tout le cas ! Il y a de la vie, des civilisations», salue le président du Muséum, Gilles Bloch.

Premier fait marquant, dès la première salle : l’incroyable variété de ces terres arides. Dunes de sable, étendues de roches sculptées par le vent, grands espaces polaires… les déserts représentent un tiers des surfaces émergées de la planète, et ils sont loin de se résumer aux images bien connues du Sahara. «Leur trait commun, c’est l’aridité, la faible disponibilité en eau, avec des températures extrêmes», explique Gilles Bloch – ce qui inclut aussi les pôles nord et sud.
Fourmi poilue, plante millénaire et poisson des sables
Au fil des panneaux explicatifs, des cartes et des animations vidéo, le parcours permet de se plonger dans ces vastes étendues méconnues. Petits et grands peuvent écouter le chant des dunes, comparer les différents types de sable, ou encore découvrir les nombreuses espèces qui peuplent les déserts.
L’exposition est aussi l’occasion de découvrir une biodiversité unique, et ses stratégies tout à fait étonnantes pour (sur)vivre dans ces terres arides : le harfang des neiges, une chouette capable de résister sous -50 degrés grâce à son plumage ; la fourmi argentée, dont les poils réfléchissent le soleil ; ou encore la welwitschia, une plante qui peut vivre près de 1 000 ans dans le désert grâce à ses profondes racines.

En cherchant bien, vous pourrez même découvrir… un poisson, capable de vivre dans ces déserts malgré la quasi-absence d’eau. «Ces adaptations se sont faites sur des milliers d’années par la sélection naturelle», détaille Aude Lalis, biologiste spécialiste de la biodiversité polaire au Muséum.
Fragiles étendues de sable et de glace
«Le réchauffement climatique bouleverse les animaux parfaitement adaptés au froid, qui se retrouvent en surchauffe avec des poils trop épais ou un rythme biologique décalé. On voit aussi arriver de nouvelles espèces, comme le renard roux, qui est un prédateur du renard arctique», complète la chercheuse, qui est allée jusque dans le grand nord canadien pour étudier cette dernière espèce.
Plus étonnant, la hausse des températures bouleverse les espèces des déserts chauds, qui sont déjà à la limite de leurs possibilités physiologiques. De quoi interroger nos propres capacités à faire face aux extrêmes climatiques. Touaregs, Inuits… l’exposition explore aussi les communautés humaines, nomades comme sédentaires, qui peuplent ces vastes étendues.
Objets de fascination pour les explorateur·ices ou les artistes, les déserts réservent de nombreuses surprises, à découvrir jusqu’au 30 novembre dans la Grande galerie de l’évolution du Muséum.
«Déserts», exposition du 2 avril au 30 novembre 2025 dans la Grande galerie de l’évolution du Muséum national d’histoire naturelle, à Paris. De 10 heures à 18 heures, tous les jours, sauf les mardis et le 1er mai. Tarif : entre 13 et 16 euros.
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