Édito

Pour un écosystème médiatique solidaire, uni contre Bolloré et son monde, Vert soutient le Journal du dimanche

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Imaginez la stupeur des salarié·es du Journal du dimanche, apprenant qu’on leur imposait pour rédacteur en chef un homme fraîchement débarqué de Valeurs actuelles… car il était trop à l’extrême droite.

La nomination de Geoffroy Lejeune ? Un «choix économique, pas idéologique», a juré, la main sur le cœur, Arnaud Lagardère, propriétaire du JDD, dont le groupe médiatique est en train d’être englouti par l’ogre Bolloré. Économique, vraiment ? Alors que les ventes de «Valeurs» chutent après une année 2022 passée à faire la campagne d’Eric Zemmour, dont Lejeune est un soutien affiché ? Sous sa rédaction en chef, l’hebdomadaire a racolé la droite extrême la plus rance, jusqu’à être condamné pour injure publique à caractère raciste après avoir dépeint la députée insoumise Danielle Obono sous les traits d’une esclave africaine.

La situation est si choquante que l’équipe du JDD a immédiatement voté à 99% sa mise en grève, reconduite depuis jeudi dernier, refusant «d’être dirigée par un homme dont les idées sont en contradiction totale avec les valeurs du journal».

La bataille contre Lejeune est aussi (et peut-être surtout) une bataille contre Vincent Bolloré et son monde. Depuis des années, l’ogre dévore maisons d’éditions (Hachette), journaux (Paris Match, Géo, le JDD), radios (Europe 1) et chaînes de télévision (groupe Canal +, Cnews), dont il brise les os des rédactions. La concentration de médias dans les mains d’un seul homme est telle que pour autoriser le rachat du groupe Lagardère par Vivendi (Bolloré), Bruxelles a contraint ce dernier à céder le géant de l’édition Editis – racheté par l’autre magnat à la mode, Daniel Křetínský. Presque un détail, à ce stade.

Vincent Bolloré en 2013. © Copyleft

Outre la notoriété et le pouvoir économique que confère un tel empire, celui-ci alimente d’autres desseins : «Je me sers de mes médias pour mener mon combat civilisationnel», explique Bolloré en petit comité, rapporte Vincent Beaufils, auteur de Bolloré, l’homme qui inquiète (L’observatoire, 2022). Il n’y a qu’à allumer Cnews ou C8 pour s’en convaincre : les médias passés sous sa coupe contribuent à avilir le débat et fracturer la société française, et participent à l’avènement de l’extrême droite – pire projet pour les vivants et le climat.

Le point 13 de la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique suggère de «Cultiver la coopération» et de «participer à un écosystème médiatique solidaire». Si la ligne du JDD est éloignée de celle de Vert, le combat mené contre Bolloré, son empire et sa vision du monde est aussi le nôtre. Pour une presse forte, indépendante et solidaire, nous apportons notre soutien franc et sans équivoque à nos confrères et consœurs du Journal du dimanche.

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