Entre le Pérou et l’Allemagne, une bataille juridique inédite autour de la fonte d’un glacier

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Au Pérou, un fermier se bat contre un géant de l’énergie pour faire reconnaître sa responsabilité dans la fonte du Palcaraju, un glacier qui menace des dizaines de milliers de personnes.

Le lac Palcacocha et le glacier Palcaraju, en 2002 © Georg Kaser

La fonte de cet immense glacier des Andes péruviennes s’accélère alors que la température a augmenté d’un degré Celsius dans la région. A tel point que le volume du lac Palcacocha, qu’il alimente de son eau, a été multiplié par 34 depuis 1990 (USaid). En contrebas, Huaraz et ses quelque 120 000 habitants se préparent depuis des années à la possibilité d’un déversement du lac et à de gigantesques glissements de terrains. En 1941, un tel événement avait emporté un tiers de la ville et causé la mort de 1 800 personnes.

Extrait du documentaire « Sur le front des glaciers » (2020), qui raconte comment la ville de Huaraz se prépare à la catastrophe. © France 2

Dans une étude tout juste publiée dans la revue Nature geoscience, des scientifiques établissent un lien formel entre l’aggravation de cette menace et le réchauffement climatique lié aux activités humaines. De quoi donner des arguments supplémentaires aux tenant•e•s d’une procédure judiciaire inédite. 

Depuis 2015, le fermier et guide de montagne Saúl Luciano Lliuya se bat contre le géant allemand de l’énergie RWE, qu’il accuse d’être en partie responsable du réchauffement à l’origine de la fonte du glacier. En 2017, des juges du tribunal régional de Hamm, en Allemagne ont validé la procédure. Ce qui, pour Roda Verheyen, l’avocate de Lliuya, signifie que les principaux émetteurs de CO2 sont désormais légalement responsables de leurs impacts climatiques (Guardian).

De quoi donner des idées à d’autres plaignant•e•s ? Si Lliuya ne réclame que 20 000 dollars, de prochain•ne•s demandes pourraient se chiffrer en milliards. Retardée par le Covid, la procédure suit son cours. 

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

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