Cette semaine, on apprend que le Washington Post licencie 300 de ses 800 journalistes, rapporte Le Monde. Une véritable saignée, qui concerne surtout les correspondant·es à l’étranger. Ils s’ajoutent aux 400 postes supprimés en trois ans.
Le Washington Post, c’est un monument du journalisme, qui avait notamment révélé le scandale du Watergate : la mise sur écoute des démocrates par le président républicain Nixon, qui avait conduit à la démission de ce dernier. Cocasse.
En perdant un tiers des effectifs, le «WaPo» perd aussi une partie de son identité, et de sa valeur. Pour Ashley Parker, ancienne plume de ce vénérable journal, on assiste tout simplement au «meurtre du Washington Post» par son propriétaire : Jeff Bezos.
Caricature avec Donald Trump
Le prétexte ? Le journal perd de l’argent. 100 millions de dollars (85 millions d’euros) en 2024. Un 2400ème de la fortune de Jeff Bezos (244 milliards de dollars, soit 207 milliards d’euros). Une paille.

L’argent n’est de toute façon pas le problème. Quand il l’avait acheté, en 2013, Bezos avait juré qu’il laisserait toute son indépendance au journal. Mais, en 2024, sentant le vent trumpiste tourner, il lui interdit de soutenir la candidate à l’élection présidentielle Kamala Harris, rompant avec une très longue tradition.
En 2025, il censure une caricature de Donald Trump et de lui-même, et ordonne que les pages «opinion» soient réservées aux points de vue en faveur des «marchés libres». Résultat : les lecteur·ices, comme les meilleur·es journalistes, partent en masse.
Cette année, il va donc encore plus loin dans l’allégeance à Trump et la destruction de son média comme contre-pouvoir démocratique. Dans le même temps, il (Amazon) vient de lâcher 75 millions de dollars (63,5 millions d’euros) pour produire et diffuser le documentaire de propagande sur Melania Trump, dont 28 millions de dollars (24 millions d’euros) iront directement dans la poche de la First Lady.
Amazon Web Services fournit l’ICE
Cet argent, c’est le nôtre. Sa fortune, Bezos ne la doit pas à ses fusées de Blue Origin. Il la doit presque intégralement à Amazon, dont il détient 8%.
Chaque achat sur Amazon, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à : acquérir et détruire un monument du journalisme, aggraver la désinformation ; s’acheter du pouvoir politique et contribuer à la propagande de Trump ; précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique. Ah, et Amazon Web Services fournit les solutions cloud à l’ICE, la sordide police de l’immigration américaine.
Collectivement, nous avons créé ce monstre, qui nous le rend bien en mettant le feu à la démocratie. Il n’y a pas 36 solutions. Bannir Amazon de nos vies, maintenant et pour toujours. Autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu’à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.
En 2026, face aux crises qui s’aggravent, ne restez pas dans votre coin à désespérer : rejoignez les milliers de soutiens mensuels de Vert pour construire la relève médiatique ENSEMBLE.