édito

Le groupe Bayard renonce à embaucher Alban du Rostu, l’ex-bras droit du milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin

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Fort Bayard. Lundi, le directoire du groupe de presse Bayard a annoncé qu’Alban du Rostu, ex-collaborateur du milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin, n’allait finalement pas rejoindre l’entreprise comme directeur de la stratégie et du développement. Un soulagement pour les salarié·es, qui avaient été nombreux·ses à manifester contre cette nomination.

Lundi dernier, la nouvelle avait fait bondir les salarié·es du groupe Bayard, qui édite La Croix, Notre temps, Phosphore, Okapi, etc. : le nouveau président du directoire, François Morinière voulait recruter Alban du Rostu comme directeur de la stratégie et du développement.

Alban du Rostu n’est pas n’importe qui puisqu’il a dirigé le Fonds du bien commun de Pierre-Edouard Stérin et qu’il a participé à la mise sur pied de Périclès : le projet secret à 150 millions d’euros du milliardaire, révélé cet été par l’Humanité, qui vise à mener la bataille culturelle et faire triompher sa vision du monde identitaire et réactionnaire.

Alban du Rostu. © CNews, L’hebdo de l’éco, 16/12/2023.

Cette nomination chez Bayard, dernier épisode d’une inquiétante série de décisions du même genre, donnait le sentiment d’un virage conservateur pour ce groupe qui cultive de longue date son ouverture et son indépendance d’esprit, y compris vis-à-vis de l’Église. Pour rappel, Bayard appartient à la congrégation religieuse catholique des Assomptionnistes.

Les salarié·es avaient manifesté devant le siège du groupe jeudi dernier pour s’opposer à cette nomination. Avec succès, puisque le directoire vient d’annoncer qu’il renonçait à cette nomination.

Autre bonne nouvelle : le groupe Bayard revendra aussi ses parts dans l’école de journalisme ESJ Paris qu’il avait acquises en compagnie de Vincent Bolloré, il y a quelques semaines.

L’intersyndicale de Bayard revendique une «victoire sur toute la ligne».

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

✊ Ne restez pas dans votre coin à désespérer : rejoignez les milliers de membres du Club de Vert pour construire la relève médiatique ENSEMBLE.

Vous avez le pouvoir de rallumer la lumière.