Ethnographies des mondes à venir, des Indiens Achuar à la Zad de Notre-Dame-Des-Landes

L’anthropologue Philippe Descola et l’auteur de bandes dessinées Alessandro Pignocchi nous invitent à tisser un nouveau rapport avec le vivant dans leurs Ethnographies des mondes à venir.

L’anthropologue Philippe Descola et l’auteur de bandes dessinées Alessandro Pignocchi nous invitent à tisser un nouveau rapport avec le vivant dans leurs Ethnographies des mondes à venir.

De la forêt amazonienne aux bocages de Notre-Dame des Landes, le professeur honoraire au Collège de France et l’iconoclaste dessinateur ont tous deux fait l’expérience d’une vie loin du bitume. Les modes de vie des Indiens Achuar et des zadistes leur servent de référence pour imaginer une alternative au capitalisme. Autant de points de départ pour jeter des ponts vers les futurs qu’ils appellent de leurs vœux, dans un ouvrage qui paraît ce vendredi aux éditions du Seuil.

Cet article est en accès libre.

Je fais un don

Le dialogue est entrecoupé des planches hallucinées d’Alessandro Pignocchi, ses mésanges punks et le gouvernement en roue libre qu’il croquait déjà avec un sens de l’absurde jubilatoire, dans les trois tomes de son Petit traité d’écologie. Dans ses dessins à l’aquarelle, Emmanuel Macron bifurque pour écouter la chouette au clair de lune, tandis que l’ancienne ministre du travail, Muriel Pénicaud, défend bec et ongle notre société, qui n’est plus qu’un vestige.

De cet échange fertile adviennent des mondes qu’Alessandro Pignocchi et Philippe Descola espèrent « multiples, chatoyants, tissés de nouvelles alliances et inévitablement, de conflit », remèdes à la catastrophe écologique en cours. Des mondes dont les Zad (zones à défendre) et les réseaux de solidarité locaux seraient les pionniers, grâce à leur capacité à nourrir et loger la population, dans un « futur proche »« les choses se mettent à tanguer vraiment ».

On est invité à y pénétrer avec le regard d’un chamane amazonien ou d’un ethnographe de terrain – ce qui revient au même, pour Philippe Descola. En créant un nouveau pacte avec le vivant, plus respectueux – sans pour autant verser dans le mysticisme. Une écologie joyeuse, foisonnante, face à laquelle c’est notre monde qui semble éclairé à la lampe à huile.

Ethnographies des mondes à venir, Philippe Descola, Alessandro Pignocchi, septembre 2022, 224p, 19€

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

Alors que les alertes des scientifiques sont à nouveau ignorées, que les intérêts des industriels sont toujours mieux protégés que notre santé, et que les citoyen·nes, mal informé·es, risquent de faire des choix nocifs pour leur santé et celle de l’environnement, le journalisme a un rôle inédit à jouer. Vous avez le droit d’être bien informé·es pour rester en bonne santé.

Pour répondre à cette urgence écologique et de santé publique, Vert monte une toute nouvelle équipe de journalistes, scientifiques et citoyen·nes, capable de révéler les pollutions, d’exposer les responsables, et de faire émerger les solutions pour rester en bonne santé.

Objectif : 5 000 soutiens mensuels pour créer ensemble un journalisme qui nous protège.

C'est parti