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Edgar Morin veut réveiller la France humaniste

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Debout les Morin ! Dans son nouvel essai coup de poing Réveillons-nous !, le sociologue et philosophe Edgar Morin analyse la crise de la pensée que traverse le courant humaniste, pris au piège du mythe du progrès, et plaide pour réintroduire de la complexité dans notre vision du monde.

Une France réactionnaire qui prend le pas sur une France humaniste : tel est l’affrontement idéologique historique que décrit Edgar Morin. Un antagonisme qui prend racine au moment de la Révolution française, trouve son paroxysme dans l’affaire Dreyfus et renaît ces dernières années après un brouillage des lignes par le gaullisme et le communisme dans l’après-guerre. L’auteur met en scène, d’un côté, une France réactionnaire, obnubilée par la purification ethnique et religieuse, alliée du capitalisme, qui triomphe à travers le polémiste et candidat à l’élection présidentielle Éric Zemmour.

De l’autre, une France humaniste, anéantie par une « crise de la pensée » qui a débuté en août 1945 avec le bombardement des villes japonaises Hiroshima et Nagasaki. À ce moment-là, dit le philosophe, l’humain est pris au piège de sa volonté insatiable de maîtriser la nature – le progrès –, qui trouve son aboutissement dans le transhumanisme. Afin de résoudre cette crise de la pensée, Edgar Morin plaide pour réintroduire de la complexité, car « puissance sans conscience n’est que ruine de l’âme », dit-il, détournant la célèbre formule de Rabelais « Science sans conscience… ».

Un essai lucide, puissant et mobilisateur pour remettre en perspective notre incapacité collective actuelle à agir face aux dérèglements climatiques. L’ouvrage recèle d’ailleurs des solutions : « Il s’agit de reconnaître notre lien consubstantiel avec la biosphère et d’aménager à la fois la nature et la société. Il s’agit d’abandonner le rêve prométhéen de la maîtrise de la nature pour aspirer à la convivialité sur Terre. »

Edgar Morin, Réveillons-nous !, Denoël, mars 2022, 80 p., 12 €

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

✊ Ne restez pas dans votre coin à désespérer : rejoignez les milliers de membres du Club de Vert pour construire la relève médiatique ENSEMBLE.

Vous avez le pouvoir de rallumer la lumière.