Après la collision entre un cargo et un pétrolier en mer du Nord, de «multiples risques toxiques» à craindre

Mer d’alors.
 Deux navires géants se sont percutés au large des côtes anglaises, lundi matin. L’incendie est toujours en cours, mardi 11 mars, mais les recherches des personnes disparues ont cessé. Les associations et les autorités britanniques craignent d’énormes dégâts environnementaux.

Au large du Yorkshire (nord-est de l’Angleterre), les flammes font toujours rage après la collision, lundi matin, entre un cargo et un pétrolier affrété par l’armée américaine. Un membre d’équipage est porté disparu et 32 marins ont été blessés. Outre l’important incendie, l’accident a brisé l’un des réservoirs de kérosène du pétrolier, le Stena Immaculate, et le carburant s’est déversé en mer.

Une vaste opération de secours avec avion, hélicoptères et canots de sauvetages – coordonnée par les garde-côtes britanniques – se déroule depuis ce lundi. Une trentaine de membres d’équipage des deux navires a été secourue, au milieu des panaches de fumée.

Cet article est en accès libre.

Je fais un don

L’intervention des services de secours, lundi 10 mars, après la collision entre les deux bateaux. © Lee Whitaker/Getty Images via AFP

Les raisons de l’incident restent à déterminer. Toutefois, selon Crowley, l’opérateur du pétrolier qui était à l’ancre, «le Stena Immaculate a été percuté par le porte-conteneurs Solong». Le Stena Immaculate, qui bat pavillon américain, appartient à la société suédoise Stena Bulk et mesure 183 mètres de long et 32 mètres de large. Selon la revue spécialisée Lloyd’s List, il transportait 220 000 barils de kérosène. Il était parti de Grèce le 27 février, à destination du nord de l’Angleterre. Selon un porte-parole du commandement chargé du transport maritime militaire, le Stena Immaculate «était temporairement affrété par le Military Sealift Command», une branche de l’armée américaine.

Du côté du Solong, les recherches pour retrouver un membre d’équipage qui a disparu ont pris fin, ont annoncé les garde-côtes britanniques. «Après des recherches intensives, il n’a malheureusement pas été retrouvé», a rapporté Matthew Atkinson, commandant divisionnaire des garde-côtes du Royaume-Uni. Au total, «trente-six membres d’équipage ont été ramenés à terre sains et saufs», a-t-il précisé. Le Solong, bat pavillon portugais et était parti d’Écosse pour se rendre aux Pays-Bas.

«Multiples risques toxiques»

Ce dernier transportait une quantité non déterminée d’alcool et quinze conteneurs de cyanure de sodium, un gaz inflammable et très toxique, selon le site Lloyd’s List Intelligence.

Un porte-parole du premier ministre britannique Keir Starmer a qualifié la situation «d’extrêmement préoccupante», tandis que les garde-côtes ont lancé une «évaluation» pour décider des «mesures de lutte contre la pollution probablement nécessaires» après la collision.

L’ONG Greenpeace s’est dite «extrêmement préoccupée» par les «multiples risques toxiques que ces produits chimiques pourraient poser à la vie marine». «Le kérosène qui a pénétré dans l’eau à proximité d’une zone de reproduction des marsouins est toxique pour les poissons et autres créatures marines», a souligné Paul Johnston, scientifique aux laboratoires de recherche de Greenpeace à l’université d’Exeter (Angleterre).

La Branche d’investigation des accidents maritimes (MAIB) a annoncé avoir envoyé une équipe sur place pour procéder à de premières constatations. Selon la société des ports britanniques : «Tous les mouvements de navires sont actuellement suspendus dans le Humber [estuaire maritime de la côte nord-est de l’Angleterre, NDLR] en raison de l’incident.»

Combien d’années d’inaction politique ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

Alors que les alertes des scientifiques sont à nouveau ignorées, que les intérêts des industriels sont toujours mieux protégés que notre santé, et que les citoyen·nes, mal informé·es, risquent de faire des choix nocifs pour leur santé et celle de l’environnement, le journalisme a un rôle inédit à jouer. Vous avez le droit d’être bien informé·es pour rester en bonne santé.

Pour répondre à cette urgence écologique et de santé publique, Vert monte une toute nouvelle équipe de journalistes, scientifiques et citoyen·nes, capable de révéler les pollutions, d’exposer les responsables, et de faire émerger les solutions pour rester en bonne santé.

Objectif : 5 000 soutiens mensuels pour créer ensemble un journalisme qui nous protège.

C'est parti
Antoine Poncet

Par