A Londres, une fillette est morte de la pollution de l’air

La justice britannique a reconnu que la mort d'Ella Adoo-Kissi-Debrah, 9 ans en 2013, avait bien été causée par la pollution de l'air.

Mercredi, la justice britannique a reconnu que la mort d’Ella Adoo-Kissi-Debrah, 9 ans en 2013, avait bien été causée par la pollution de l’air. 

C’est la fin d’un long combat pour Rosamund Adoo-Kissi-Debrah. Depuis sept ans, elle se bat pour faire admettre à la justice et aux autorités que sa fille est bien la victime de l’inaction des pouvoirs publics en matière de lutte contre la pollution de l’air. Et non pas d’une simple insuffisance respiratoire, comme l’avait indiqué une première enquête en 2014. 

Ella Adoo-Kissi-Debrah © The Ella Roberta Family Foundation

Au cours des trois années précédant sa mort, en février 2013, la santé d’Ella s’était peu à peu dégradée. Elle avait multiplié les crises respiratoires et les séjours à l’hôpital – 27, selon sa mère, indique le Monde. On lui diagnostique un asthme sévère, auquel on attribue son état. Seulement voilà, Ella a vécu ses neuf années à 25 mètres du South circular, vaste artère qui traverse le sud de Londres. 

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Après deux semaines d’une audience judiciaire très suivie outre-Manche, le coroner – personne chargée d’établir les causes des morts violentes – a tranché : « Ella est morte d’asthme, aggravé par une exposition excessive à la pollution de l’air. » Les niveaux maximaux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé pour le dioxyde d’azote (NO2) et les particules fines – deux polluants principalement dus au trafic routier – sont régulièrement dépassés à proximité de son logement. 

C’est la première fois, au Royaume-Uni, que la mort d’une personne est attribuée à la pollution de l’air. La famille a reçu le soutien du maire de Londres, Sadiq Khan, lui-même asthmatique, pour qui il s’agit d’une « crise de santé publique ». Un nouveau jugement, contenant des recommandations à destination des pouvoirs publics, est attendu le mois prochain. Plus d’informations dans le Guardian (anglais) et le Monde (abonnés). 

Combien d’années d’inaction ? Combien de victimes ?

Après les scandales de l’amiante, du plomb, ou du chlordécone, l’histoire semble se répéter aujourd’hui avec les PFAS, le cadmium, les pesticides toxiques, les perturbateurs endocriniens et tant d’autres nouvelles substances.

Les alertes des scientifiques sont à nouveau ignorées, en matière de pollution comme de climat, et notre gouvernement protège davantage les intérêts des industriels que notre santé et l’avenir de nos enfants.

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