On fait le point

Vœux sur Parcoursup : notre guide ultime des formations à choisir pour travailler dans l’écologie

École à la peau. Quelle formation choisir pour participer à la transition écologique ? Agriculture, énergies renouvelables, transport… Vert a sélectionné quelques vœux Parcoursup qui ouvrent les portes de secteurs porteurs de sens (et de débouchés).
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C’est l’heure des vœux d’orientation pour près d’un million de lycéen·nes et d’étudiant·es. La plateforme Parcoursup est ouverte aux inscriptions jusqu’au 12 mars, pour la rentrée 2026. Alors que 30% des étudiant·es déclarent prendre en compte les enjeux écologiques dans leur choix, il peut être difficile d’identifier, parmi les 25 000 formations proposées, celles qui mènent à un métier engagé en faveur d’un monde soutenable.

«Chacun peut essayer de résoudre le problème plutôt que de le causer, encourage Julien Larive, vice-président du Réseau étudiant pour une société écologique et solidaire (Reses), dont les membres organisent partout en France des forums des métiers engagés. Il est important d’éviter le décalage entre nos valeurs et notre travail, qui occupe une grande partie de notre temps.»

Contrairement aux idées reçues, travailler en faveur de l’écologie ne se fait pas forcément en pleine nature. La transition écologique et sociale se fait aussi (et surtout) sur les chantiers du BTP, dans les déchetteries ou dans les technicentres ferroviaires. En choisissant des métiers liés aux secteurs clés de la transition, les futur·es étudiant·es s’assurent également des débouchés professionnels. Les emplois liés aux enjeux environnementaux – dits métiers «verts» ou «verdissants» – représentent déjà plus d’une offre d’emploi sur six, et le Secrétariat général à la planification écologique prévoit la création nette de 200 000 à 550 000 emplois d’ici à 2030.

Les formations de cette sélection sont toutes dispensées par des établissements publics et relativement accessibles financièrement, pour des raisons d’égalité des chances. La plupart peuvent aussi être suivies en apprentissage.

Rénovation des bâtiments : le grand chantier qui recrute

Alors que le secteur du bâtiment représente 25% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle nationale, la France a besoin de bras et de cerveaux pour rénover les maisons, les bureaux, les bâtiments publics… D’ici 2030, 635 000 postes devraient être à pourvoir dans la rénovation énergétique. Le bachelor universitaire de technologie (BUT) Génie civil-Construction durable permet de devenir chef·fe de chantier spécialisé·e dans les techniques de construction et de réhabilitation durables.

D’ici 2030, 635 000 postes devraient être à pourvoir dans la rénovation énergétique. © Adobe stock

Le BUT Métiers de la transition et de l’efficacité énergétique forme des spécialistes de l’isolation et des installations énergétiques, aptes à réduire la consommation d’énergie des bâtiments et des industries. Du côté de l’architecture, l’École nationale supérieure d’architecture (ENSA) de Nancy est accessible après le bac et propose, à partir du niveau master, des parcours dédiés à l’environnement et à la construction bois.

Énergies renouvelables : des filières scientifiques d’avenir

Pour sortir des énergies fossiles, les entreprises recherchent des technicien·nes et des ingénieur·es capables de concevoir, installer et opérer la maintenance des panneaux solaires, des éoliennes et des barrages hydroélectriques. Proposé dans plus de 250 établissements, le brevet de technicien supérieur (BTS) Électrotechnique ouvre à tous les métiers des énergies renouvelables et des réseaux électriques. Si l’éolien est une vocation, il faut choisir le BTS Maintenance des systèmes-option C systèmes éoliens. À condition, bien sûr, d’être attiré·e par le travail en hauteur ou en mer.

Le travail en hauteur ne vous fait pas peur ? Le secteur de l’éolien est peut être fait pour vous. © Thomas Réaubourg/Unsplash

À l’université, les licences de physique, de génie civil ou de sciences pour l’ingénieur fournissent des bases théoriques utiles pour travailler dans l’énergie ou la rénovation. Certaines écoles d’ingénieur·es – dont l’INSA Lyon (Rhône) et l’INP de Toulouse (Haute-Garonne), réputées pour leur parcours en génie environnemental – recrutent aussi des bachelier·es sur Parcoursup via leurs classes préparatoires intégrées.

Prendre soin des espaces naturels

Les amoureux·ses des espaces naturels peuvent se tourner vers le BTS agricole Gestion et protection de la nature, qui forme les agent·es chargé·es de protéger les écosystèmes et de sensibiliser le public (garde de parc naturel, animateur·ice nature…). Le BTS Métiers de l’eau et le BTSA Gestion et maîtrise de l’eau sont dédiés à la préservation de la ressource en eau (approvisionnement, épuration, gestion des eaux usées…) ainsi qu’à son juste partage entre les usages de consommation, d’industrie et d’agriculture.

Un garde-chef (technicien de l’environnement) du Parc national de Port-Cros (Var) en contrôle de la zone marine du parc. © Wikimedia

Une licence de droit, suivie d’un master spécialisé dans le droit de l’environnement, peut mener aux métiers de juriste, d’avocat·e ou de fonctionnaire territorial·e, chargé·es de faire respecter les lois qui protègent la biodiversité, les sols et l’air.

Nourrir sans détruire

D’ici 2030, la moitié des agriculteur·ices partiront à la retraite. En devenant exploitant·e agricole (via les BTSA Métiers du végétal ou Analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole), ou en accompagnant les changements de pratique dans les fermes (BTSA Agronomie et cultures durables), chacun·e peut participer à nourrir la population, sans détruire l’environnement.

D’ici 2030, la moitié des agriculteur·ices partiront à la retraite. © Wikimedia

Les métiers de l’agriculture et de l’agroalimentaire sont aussi accessibles par des écoles d’ingénieur·es agronomes (dont certaines, comme l’Institut Agro Dijon, proposent des classes préparatoires intégrées) ou par les licences Sciences de la vie ou Sciences de la vie et de la Terre, suivies d’un master en agrosciences, écologie ou biologie.

De la forêt à la planche, des profils très recherchés

La filière bois-forêt affiche aujourd’hui 20 000 postes à pourvoir en France. Le BTSA Gestion forestière permet de travailler au cœur des forêts. On y apprend à gérer durablement ces écosystèmes qui occupent un tiers du territoire hexagonal, à les adapter au dérèglement climatique et à diriger des travaux forestiers.

La filière bois-forêt affiche aujourd’hui 20 000 postes à pourvoir en France. © Ed Jones/AFP

En aval de la filière, le BTSA Technico-commercial, option produits de la filière forêt-bois est dédié aux métiers de la transformation et de la commercialisation du bois.

L’économie circulaire et les déchets : réparer, recycler, contrôler

Pour rejoindre les métiers de l’économie circulaire, qui représentent 3% de l’emploi total en France, et faire face à la raréfaction des ressources, le BUT Science et génie des matériaux forme à l’éco-conception des objets, à la réparation, au réemploi et au recyclage. Le BTS Métiers des services à l’environnement transmet les bases du traitement et de la valorisation des déchets. Des compétences très recherchées par les collectivités locales. Davantage tourné vers les sciences du vivant, le BUT Génie biologique, parcours Sciences de l’environnement et écotechnologies se concentre sur la réduction des impacts sur l’environnement, via le contrôle et le traitement des pollutions de l’eau, de l’air et des sols.

Dans ce hangar à Paris, un tractopelle décharge les détritus en tas, puis les empile sur un tapis roulant. © Mathilde Picard/Vert

Ces métiers sont aussi accessibles par une licence de chimie – pour l’éco-conception, la gestion des déchets et le contrôle des pollutions – ou une licence d’économie – pour étudier l’impact des activités humaines sur l’environnement.

Aménager un cadre de vie agréable et résilient

Végétaliser les villes, construire des pistes cyclables, prévenir les inondations… La licence Géographie et aménagement est dédiée à l’étude de l’organisation spatiale des sociétés et de leurs liens avec l’environnement. Elle ouvre sur des masters centrés sur certains territoires (montagnes, littoraux, villes…) ou certains sujets d’expertise (eau, risques climatiques…). Plus professionnalisant, le BTSA Développement et animation de projets territoriaux apprend à monter et à animer des projets ancrés sur un territoire.

Les métiers en lien avec le vélo ont le vent dans le dos. © Antoine Poncet/Vert

Du côté des transports, le BUT Management de la logistique et des transports, parcours Mobilité et supply chain durable donne les clés pour participer à la transformation de ce secteur à l’origine d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre de la France. Pour les ferrovipathes, le CFA de la SNCF propose de se spécialiser dans la réparation des trains via un BTS Maintenance des systèmes.

Tous les métiers sont concernés

«Le plus important reste de choisir un secteur ou un métier qui nous passionne», rappelle Julien Larive, du Reses. Les passionné·es de mode peuvent intégrer des matériaux durables et du réemploi dans leur pratique, voire suivre une formation pour obtenir le titre professionnel de couturier-retoucheur.

Votre passion, c’est la mode ? Il y a peut-être un débouché écolo pour vous. © Adobe stock

Les fans de sport peuvent compléter leur licence STAPS avec le master Gestion des équipements et développement durable des territoires de l’université de Toulouse, entièrement dédié à l’empreinte environnementale du sport. Les amateur·ices d’informatique peuvent s’intéresser à la sobriété numérique, les apprenti·es cuisinier·es aux plats végétariens, les futur·es mécanicien·nes aux voitures électriques…

La transition écologique concernant tous les secteurs, il est possible de trouver une formation pour adapter la plupart des métiers à un monde soutenable. À condition, toujours, de rester vigilant·e au risque de greenwashing.

Pour aller plus loin, découvrir l’outil Pour l’emploi de demain, de l’association Pour un réveil écologique ; et l’exposition Changer le monde, c’est aussi un métier, conçue par l’Ademe.

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