Le bilan

«Un sentiment d’impuissance» : à La Réunion, le cyclone Garance a fait une cinquième victime

Vendredi, le cyclone Garance a frappé l’île de La Réunion, placée en alerte violette, puis rouge. Le territoire a été secoué par de fortes pluies et de puissantes rafales qui ont dépassé les 200 km/h. Au moins quatre personnes sont décédées.
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«Ce n’est pas mon premier cyclone, ni ma première alerte violette, mais actuellement le vent se renforce et c’est effrayant», a confié Déborah, une lectrice de Vert qui habite à Saint-Leu, à l’ouest de La Réunion.

Le cyclone Garance a frappé l’île vendredi et a obligé les habitant·es à se confiner. L’alerte violette, le plus haut niveau – qui implique le confinement strict de toute la population –, était entrée en vigueur à 9 heures (6 heures à Paris). Elle a été rétrogradée en alerte rouge un peu plus tard dans la matinée, ce qui a permis à la police et aux services de secours mobilisés de sortir. Mais ce n’était pas le cas, à ce stade, pour le reste de la population, qui devait rester à l’abri. Depuis samedi, la population n’est plus confinée. Samedi soir, le préfet de l’île a tout de même appelé «la population à limiter au strict minimum ses déplacements». Selon un dernier bilan de la préfecture, mis à jour ce mardi, au moins cinq personnes sont mortes et cinq sont blessées.

Inondations chez Eve, à Saint-Denis (La Réunion), vendredi matin. © Eve Balard

«Garance a atterri à 10h sur le nord de l’île de la Réunion, à proximité de Sainte-Suzanne, au stade de “cyclone tropical», avait indiqué Météo-France vendredi. Il était classé «cyclone intense» auparavant, c’est-à-dire encore plus violent.

«Les rafales dépassent les 200 kilomètres heure (km/h)», soulignait Météo-France. Après avoir traversé l’île, l’œil du cyclone est ressorti en mer par le sud dans les heures qui ont suivi. L’agence a relevé des vents soufflant à 214 km/h à l’aéroport international, situé à Saint-Denis, dans le nord de l’île, et à 230 km/h sur le Piton Sainte-Rose, une commune située à l’est. 

Selon la préfecture, dimanche 2 mars, 90 000 foyers étaient toujours privés d’électricité et 45% de la population avait un accès «dégradé» à l’eau potable. Plus de 96 000 abonné·es sont aussi privé·es de réseau Internet.

«Plusieurs branches et troncs sont tombés sur la maison»

Eve, son mari et leurs trois enfants vivent à Saint-Denis. Vendredi, elle racontait à Vert la matinée qu’ils et elles ont passé réfugié·es dans le couloir, sans fenêtre, en attendant que le plus gros du cyclone passe : «C’est assez impressionnant, plusieurs branches et troncs sont tombés sur la maison. Nous n’avons plus d’électricité depuis deux heures. On tient bon. Les enfants ont eu un peu peur lors des chutes de branches, à cause du bruit que cela provoque et des murs qui tremblent.»

«C’est la première fois que je vis un cyclone aussi puissant et c’est aussi la première fois que j’ai aussi peur, a témoigné auprès de l’AFP Vincent Clain, un habitant de Sainte-Marie, au nord de l’île. Dans le jardin, les vents ont déraciné un cocotier et un arbre à litchis, j’ai cru qu’il allait tomber sur la maison». Ce père de famille de 45 ans s’est réfugié dans la cuisine, «la pièce la plus protégée de la maison», avec son épouse, leur fils et leur chien.

Aline Ethève, une habitante de Sainte-Suzanne racontait qu’«une des barrières du jardin s’est envolée, la trappe qui donne accès au faux plafond n’arrête pas de se soulever, je crains que le toit finisse par partir».

Sur les réseaux sociaux, de nombreux·ses internautes ont posté des images de leurs arbres arrachés, de toits envolés et de maisons inondées. La sous-préfecture de Saint-Benoît (à l’est) et les locaux du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) ont été en partie inondés.

Jeudi, à Étang-Salé-Les-Hauts, au sud de l’île, Jean-Christophe Hoareau, producteur de légumes, a retiré la mort dans l’âme les bâches de ses serres, avec «le sentiment d’être impuissant». Il savait que ses cultures ne résisteraient pas au cyclone.

L’aéroport international de La Réunion avait suspendu tous ses vols jeudi matin à 10h30. Certaines liaisons aériennes ont pu reprendre samedi. Sur l’île Maurice, distante de seulement 200 km, l’aéroport avait cessé toute activité dès le mercredi. Là-bas, l’alerte cyclonique avait été levée vendredi matin.

Une accalmie temporaire

Vendredi toujours, entre 10h30 et 11h (7h30 et 8h à Paris), un calme relatif s’était installé sur La Réunion, signe habituel du passage de l’œil du cyclone sur les terres. «Attention à cette accalmie temporaire liée au passage de l’œil. De très fortes pluies et une mer très dangereuses» vont de nouveau frapper La Réunion, avait alerté Météo-France.

«J’appelle nos compatriotes réunionnais à la plus grande vigilance et au respect des consignes de sécurité. L’État est à vos côtés et nos forces mobilisées. Solidarité de la Nation», avait déclaré le président Emmanuel Macron sur X, jeudi soir.

La Réunion avait déjà été placée en alerte violette lors du passage du cyclone intense Belal, en janvier 2024. Il avait fait quatre morts.

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