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«Un sentiment d’impuissance» : le cyclone Garance frappe La Réunion et fait au moins trois victimes

Ce vendredi matin, le cyclone Garance a atteint la façade nord de l’île de La Réunion, placée en alerte violette, puis rouge. Le territoire est secoué par de fortes pluies et de puissantes rafales qui dépassent les 200 km/h. Les habitant·es restent confiné·es et trois personnes sont décédées.
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«Ce n’est pas mon premier cyclone, ni ma première alerte violette, mais actuellement le vent se renforce et c’est effrayant», confie Déborah, une lectrice de Vert qui habite à Saint-Leu, à l’ouest de La Réunion.

Le cyclone Garance frappe l’île ce vendredi matin et oblige les habitant·es à se confiner. L’alerte violette, le plus haut niveau – qui implique le confinement strict de toute la population –, était entrée en vigueur à 9 heures (6 heures à Paris). Elle a été rétrogradée en alerte rouge un peu plus tard dans la matinée, ce qui permet à la police et aux services de secours mobilisés de sortir. Mais ce n’est pas le cas pour le reste de la population, qui doit rester à l’abri. La préfecture a fait état de trois victimes.

Inondations chez Eve, à Saint-Denis (La Réunion), ce vendredi matin. © Eve Balard

«Garance a atterri à 10h sur le nord de l’île de la Réunion, à proximité de Sainte-Suzanne, au stade de “cyclone tropical», a indiqué Météo-France. Il était classé «cyclone intense» auparavant, c’est-à-dire encore plus violent.

«Les rafales dépassent les 200 kilomètres heure (km/h)», souligne Météo-France. Après avoir traversé l’île, l’œil du cyclone devrait ressortir en mer par le sud dans les prochaines heures. L’agence a relevé des vents soufflant à 214 km/h à l’aéroport international, situé à Saint-Denis, dans le nord de l’île, et à 230 km/h sur le Piton Sainte-Rose, une commune située à l’est. «Les conditions vont rester très dégradées sur l’ensemble de l’île toute la journée de vendredi», insiste Météo-France.

Selon la préfecture, 180 000 personnes sont actuellement privées d’électricité, soit 30% des client·es et plus de 82 000 personnes n’ont plus accès à l’eau potable, soit près de 10% de la population. Plus de 39 000 abonné·es (12%) sont aussi privé·es de réseau Internet.

«Plusieurs branches et troncs sont tombés sur la maison»

Eve, son mari et leurs trois enfants vivent à Saint-Denis. Elle raconte à Vert la matinée qu’ils et elles ont passé réfugié·es dans le couloir, sans fenêtre, en attendant que le plus gros du cyclone passe : «C’est assez impressionnant, plusieurs branches et troncs sont tombés sur la maison. Nous n’avons plus d’électricité depuis deux heures. On tient bon. Les enfants ont eu un peu peur lors des chutes de branches, à cause du bruit que cela provoque et des murs qui tremblent.»

«C’est la première fois que je vis un cyclone aussi puissant et c’est aussi la première fois que j’ai aussi peur, témoigne auprès de l’AFP Vincent Clain, un habitant de Sainte-Marie, au nord de l’île. Dans le jardin, les vents ont déraciné un cocotier et un arbre à litchis, j’ai cru qu’il allait tomber sur la maison». Ce père de famille de 45 ans s’est réfugié dans la cuisine, «la pièce la plus protégée de la maison», avec son épouse, leur fils et leur chien.

Aline Ethève, une habitante de Sainte-Suzanne raconte qu’«une des barrières du jardin s’est envolée, la trappe qui donne accès au faux plafond n’arrête pas de se soulever, je crains que le toit finisse par partir», ajoute celle qui n’a «plus ni d’électricité, ni de connexion wifi».

Sur les réseaux sociaux, de nombreux·ses internautes ont posté des images de leurs arbres arrachés, de toits envolés et de maisons inondées. La sous-préfecture de Saint-Benoît (à l’est) et les locaux du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) ont été en partie inondés.

Jeudi, à Étang-Salé-Les-Hauts, au sud de l’île, Jean-Christophe Hoareau, producteur de légumes, a retiré la mort dans l’âme les bâches de ses serres, avec «le sentiment d’être impuissant». Il savait que ses cultures ne résisteraient pas au cyclone.

L’aéroport international de La Réunion a suspendu tous ses vols jeudi matin à 10h30. Sur l’île Maurice, distante de seulement 200 km, l’aéroport avait cessé toute activité dès mercredi. Là-bas, l’alerte cyclonique a été levée ce vendredi matin, mais les habitant·es sont toujours appelé·es à la prudence.

Une accalmie temporaire

Ce vendredi toujours, entre 10h30 et 11h (7h30 et 8h à Paris), un calme relatif s’était installé sur La Réunion, signe habituel du passage de l’œil du cyclone sur les terres. «Attention à cette accalmie temporaire liée au passage de l’œil. De très fortes pluies et une mer très dangereuses» vont de nouveau frapper La Réunion, avait alerté Météo-France.

Les autorités exhortent toujours les habitant·es à ne pas sortir et à suivre les consignes de sécurité. «J’appelle nos compatriotes réunionnais à la plus grande vigilance et au respect des consignes de sécurité. L’État est à vos côtés et nos forces mobilisées. Solidarité de la Nation», avait déclaré le président Emmanuel Macron sur X, jeudi soir.

«À cette heure, aucune victime n’est à déplorer», a souligné la préfecture de La Réunion dans un point de situation à 11h (heure locale). Quelque 675 personnes sont accueillies dans des centres d’hébergement d’urgence ouverts partout sur l’île, a-t-elle précisé.

Près de 100 militaires de la sécurité civile et sapeurs-pompiers sont prêts à venir en renfort depuis Mayotte, dès que la situation le permettra. Et 100 renforts sont préparés à rejoindre La Réunion depuis l’Hexagone, a ajouté le préfet Patrice Latron.

La Réunion avait déjà été placée en alerte violette lors du passage du cyclone intense Belal, en janvier 2024. Il avait fait quatre morts.

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