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«Transport polluant», surtourisme : la Corse subventionne 250 000 billets d’avion… et tant pis pour le climat

Assurance tourisme. À partir du 1er novembre, la Collectivité de Corse subventionnera 250 000 billets d’avion par an auprès des compagnies Air Corsica et Volotea, dans le but de répartir la fréquentation touristique en dehors de la saison estivale. Mais des associations s’interrogent sur l’efficacité réelle du dispositif et alertent sur le risque d’accentuer la pression sur les ressources limitées de l’île.
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Trois millions de touristes par an ne suffisent plus aux élu·es corses. La Collectivité souhaite faire de l’île de Beauté une destination touristique tout au long de l’année pour «rompre avec la concentration de fréquentation durant la seule saison estivale». Elle a donc décidé de subventionner, à partir du 1er novembre, 250 000 billets d’avion par an auprès des compagnies Air Corsica et Volotea. Cette aide financière s’élève à huit millions d’euros sur quatre années, avec une première enveloppe de 500 000 euros pour 2025.

Air Corsica et Volotea sont les deux compagnies aériennes en partenariat avec la Collectivité de Corse. © Wikimedia Commons

Ce dispositif «inédit et innovant en Europe», selon le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, repose sur la subvention de 12 lignes aériennes, hors période estivale. De leur côté, les compagnies s’engagent à assurer la commercialisation et le remplissage des vols. Les billets resteront payants, mais à des prix plus compétitifs, compris entre 38 et 75 euros. Progressivement mises en place jusqu’en 2030, les lignes concernées sont au départ de Bordeaux (Gironde), Strasbourg (Bas-Rhin), Nantes (Loire-Atlantique), Bruxelles-Charleroi (Belgique) et Rome (Italie).

Un tourisme «quatre saisons»

Selon Gilles Simeoni, le projet vise à répondre à la demande pressante des professionnel·les qui veulent élargir la saison touristique sans alimenter le sentiment de «trop-plein» en période estivale. En Corse, le tourisme représente 39% du produit intérieur brut (PIB), soit quatre fois plus que la moyenne nationale. Grâce à cette aide, l’exécutif local table sur des retombées de l’ordre de 100 millions d’euros dans l’économie, dont deux à trois millions de recettes pour la Collectivité de Corse. Il prévoit également plus de sept millions de nuitées générées sur les quatre prochaines années.

La stratégie du tourisme «quatre saisons», censée «étaler les touristes sur toute l’année», ne fonctionne pas, rétorque Alexis Chailloux, responsable aérien et ferroviaire pour le Réseau Action Climat (RAC). Il prend l’exemple de Venise (Italie) qui, depuis 2024, a instauré une taxe pour les visiteur·ses d’un jour afin de mieux réguler les foules. «Il n’y a pas moins de touristes en été. Tout simplement parce que les gens partent en voyage quand ils sont en vacances, le plus souvent entre juin et septembre», détaille-t-il.

Des restrictions en eau potable

Au lieu d’atténuer le phénomène de surtourisme, les billets subventionnés pourraient au contraire entraîner une surfréquentation des lieux touristiques. Une situation qui aurait des conséquences néfastes sur les ressources du territoire. Pour Charlène Fleury, coordinatrice du réseau Rester sur Terre, qui milite pour la diminution du trafic aérien : «La Corse, comme toute région touristique, est peu résiliente face à la crise climatique». Elle estime que le territoire n’a pas assez de ressources en eau pour accueillir davantage de visiteur·ses. Depuis le 29 septembre, le sud de l’île – prisé par les touristes – subit des restrictions sévères d’eau potable pour éviter une rupture d’alimentation dans des communes plébiscitées comme Porto-Vecchio ou Bonifacio (Corse-du-Sud).

Par ailleurs, Alexis Chailloux et Charlène Fleury ne comprennent pas pourquoi la Corse a choisi de subventionner des billets d’avion, et non d’autres moyens de transport. «La Collectivité promeut un transport polluant alors qu’elle aurait pu subventionner des billets de train, puis de bateau, pour rejoindre l’île», dénonce le RAC. En moyenne, le bilan carbone d’une traversée en ferry reste meilleur que celui de l’avion, avec quatre fois moins d’émissions par kilomètre et par passager·e, selon l’Agence européenne de l’environnement. Les deux expert·es insistent sur la nécessité de rompre le lien entre tourisme et aviation, et soulignent qu’il «n’y a pas besoin d’aller à l’autre bout de la France pour être dépaysé».

Contactée, la Collectivité de Corse n’a pas répondu à nos questions.

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