Chronique

Pour une « écologie pirate » dans les quartiers populaires

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La pirate rit. Dans son essai Pour une écologie pirate, la politologue et activiste Fatima Ouassak part à l’assaut de l’«écologie blanche» et déploie les conditions d’existence d’un projet politique antiraciste et joyeux qui libère, y compris les sans-terre.

Les quartiers les moins favorisés subissent, en vrac, pollution de l’air, malbouffe, passoires thermiques et «supplément de haine». Si les combats environnementaux y sont marginaux, c’est que le discours écologique des classes moyennes et aisées y tombe à l’eau. «On ne peut pas demander aux habitants des quartiers populaires de s’impliquer contre ce qui détruit la terre ici et, en même temps, leur rappeler sans cesse qu’ils n’y sont pas chez eux» : pour la cofondatrice du syndicat Front de mères, Fatima Ouassak, en dépossédant les immigré·es de leur ancrage, le système «raciste» et «colonialiste» de l’État français les a privé·es de tout pouvoir politique.

Pour concevoir son projet d’une «écologie pirate», l’autrice s’appuie sur l’élan de libération qui couve dans la jeunesse des quartiers populaires et utilise les codes de la pop culture, dont ceux du célèbre manga One piece. La «libération [de la terre] passe par notre libération, notre libération par la sienne».

Loin d’un discours écologiste morne et ennuyeux, la politologue ravive la force et l’excitation d’une aventure entraînante «avec des dragons et des pirates». Elle propose aussi de faire de la Méditerranée une figure de résistance dans le mouvement pour le climat.

Un essai qui égratine les convictions de l’écologie dominante et livre une riche carte aux trésors pour penser les luttes depuis des territoires populaires. Avec un délicieux conte pour enfants en supplément.

Pour une écologie pirate, Fatima Ouassak, Editions La découverte, février 2023, 198p, 17€

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

✊ Ne restez pas dans votre coin à désespérer : rejoignez les milliers de membres du Club de Vert pour construire la relève médiatique ENSEMBLE.

Vous avez le pouvoir de rallumer la lumière.