Chronique

« Deux mains dans la terre » : la transition d’un agriculteur conventionnel vers l’agroécologie

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Ses céréales ont du bol. Dans Deux mains dans la terre, Jacques Caplat et Laetitia Rouxel dessinent la quête de sens et d’autonomie d’un homme-exploitant à travers sa transition vers des pratiques plus respectueuses du vivant.

C’est un rêve, où sa fille Thémis meurt sous des monceaux de poubelles, qui finit de hâter la prise de conscience de Fred. En pleine introspection, alors que les fédérations le pressent pour qu’il accroisse ses rendements et que sa coopérative veut qu’il pulvérise des pesticides « en préventif », le céréalier part à la recherche de nouvelles manières de travailler. De conférences – notamment celles du « grand Jacques », qui n’est autre que l’auteur du livre –, en visites de paysan·nes bio, c’est le pragmatisme qui sert de boussole à Fred. Poussé par sa femme Mel, il détricote « l’exploitation » que son père avait bâtie sur la monoculture et le rachat de terres pour retrouver l’esprit de « la ferme » de son grand-père.

Extrait de Deux mains dans la terre © Actes Sud BD

Sous les traits fins, en noir et blanc, de Laetitia Rouxel, naît une trajectoire intime. Celle de Fred, marquée par le doute et les petits pas pour trouver un modèle économique viable, éponger les dettes et sortir d’un système agricole qui les laisse, ses terres et lui, hagards. Replantation de haies et d’arbres, pâturage de bêtes, diversification des cultures et usage de semences anciennes : dans sa ferme, peu à peu, la vie reprend ses droits. Une bande-dessinée d’espoir sans chimères où la solidarité fait revenir l’amour du métier.

Deux mains dans la terre, Jacques Caplat, Laetitia Rouxel, Actes Sud BD, novembre 2021, 144p, 19€.

«La démocratie meurt dans les ténèbres»

Ce slogan du Washington Post résonne tristement, alors que ce monument de la presse étasunienne, propriété de Jeff Bezos, licencie 300 de ses 800 journalistes.

Motif : le journal perd de l’argent, 100 millions de dollars en 2024. Soit un 2400ème de la fortune de son propriétaire.

Un sabotage en règle de son propre journal pour l’empêcher d’être un contre-pouvoir à Donald Trump, à qui il a prêté allégeance.

Dans le même temps, sa célèbre société de vente de colis a déboursé 75 millions de dollars pour produire et diffuser un documentaire de propagande sur la First Lady Melania Trump.

Chaque achat sur sa plateforme, c’est de l’argent en plus pour Bezos, qui lui sert à aggraver la désinformation, s’acheter du pouvoir politique, précariser les travailleur·ses et aggraver la crise climatique.

Elle doit disparaître de nos vies, maintenant et pour toujours.

Il y a une autre urgence : soutenir la presse indépendante, qui n’appartient à personne d’autre qu'à vous et ne sera jamais aux mains de ces dangereux personnages.

✊ Ne restez pas dans votre coin à désespérer : rejoignez les milliers de membres du Club de Vert pour construire la relève médiatique ENSEMBLE.

Vous avez le pouvoir de rallumer la lumière.